RAPPORT DE LA MISSION EFFECTUEE PAR

Cathy PERNOT, Christian MAZURIER,

Béa ALAPLANTIVE et Philou BEAUCHAMPS

au BURKINA-FASO

du 20 février au 9 mars 2010

 

Kokologho, à 45 kms de Ouagadougou sur la route de Bobodioulasso

(N.12°11'020’’ ; W.1°53'034’’).

Les habitués le savent, nous consacrons actuellement l’essentiel de notre énergie au suivi et au développement du Centre de Formation en Agriculture que nous avons créé à Kokologho.

         

Une formation agro-sylvo-pastorale écologique, en trois années, y est proposée gratuitement à des jeunes d’un faible niveau scolaire, capables toutefois de suivre un enseignement en français. L’objectif en fin de cycle, est de leur permettre de s’installer en milieu rural avec les compétences nécessaires pour mettre en œuvre une activité rémunératrice et faire vivre une famille. Une remise à niveau en enseignement général est également dispensée pour qu’ils puissent être en mesure de comprendre et assumer le fonctionnement d’une petite exploitation,  pour pouvoir s’intégrer convenablement dans le milieu social et accomplir quelques démarches administratives de base. L’établissement est mixte, en demi-pension avec la possibilité pour les filles d’être hébergées en internat.

Les nouvelles sont bonnes. Nos élèves sont de bonne volonté (même s’il a fallu se séparer d’un perturbateur), l’ambiance est agréable et les activités se mettent en place avec sérieux. Les plantations d’arbres sont entretenues et il y avait au jardin des pépinières de moringa, du haricot, des tomates, des aubergines, du gombo, des oignons et du bissap. Arrosage quotidien obligatoire en saison sèche…

Plusieurs chantiers nous attendaient…

- Jacqueline (formatrice) a dû rompre son contrat et rejoindre sa famille pour un heureux évènement. Il nous fallait lui trouver un remplaçant. Après les multiples démarches que vous imaginez, nous avons confié le poste à « Bado », Agent Technique d’Agriculture Spécialisée formé au Centre Agricole Polyvalent de « Matourkou » à Bobo-Dioulasso, camarade de promotion de Ben. Nous lui souhaitons « Bonne arrivée » au sein de notre équipe.

- Présentation aux autorités locales. En compagnie des « vieux » (chefs coutumiers hadjis) qui ont œuvré pour que nous puissions bénéficier de notre parcelle, nous sommes allés rencontrer le  « Naaba » (Chef de terre) en son domaine du « Nayiri », Palais construit en terre, de style soudanien. Protocole de rigueur… Le Chef nous a bien reçus et félicités, puis il a demandé aux responsables de quartier de tout faire pour nous aider, dans l’intérêt de la population, nos actions leur étant destinées… Toujours en délégation, nous avons ensuite pu rencontrer Madame le Préfet et Monsieur le commissaire de Police qui nous ont chaleureusement encouragés… Nous ferons la démarche une autre fois auprès de Madame le Maire, absente pour cause de préparation des cérémonies de la Journée de la femme.

- Après avoir rendue la partie nord de notre terrain au voisin qui prétendait « le terrain est à vous, mais les arbres sont à moi »… Il nous fallait trouver un géomètre patenté pour déposer des plans, rectifiés par un nouveau bornage, au Cadastre. Appel d’offres… Devis dans un rapport de 1 à 28 (ça c’est l’Afrique…). Nous avons récupéré les plans justes avant de repartir, l’Administration des Domaines sera pour la prochaine mission. 

- Il a également fallu mettre en œuvre la réalisation d’un grillage de clôture, en complément au mur d’enceinte partiellement réalisé, pour fermer notre parcelle, la divagation des animaux errants sur le terrain posant de réels problèmes. Après avoir mesuré près de 1500 mètres de périmètre (ce qui a fait l’objet de laborieux calculs par les élèves qui accompagnaient Christian) nous avons acheté les matériaux et avons confié la pose des poteaux à Issaka (notre fidèle gardien), les élèves fixeront le grillage en travaux pratiques avec leurs formateurs.

- Le débit de notre forage commençait à donner quelques signes de faiblesse, non par déficit en eau, mais à cause du sable résiduel qui, ayant pénétré dans la chambre d’aspiration a usé prématurément le piston en fibre de verre… Il a fallu déplacer le technicien et une équipe avec le gros matériel pour procéder au soufflage à 42 mètres de profondeur et pompage de l’installation pour avoir de l’eau claire. Intervention spectaculaire et coûteuse qui s’est avérée efficace.

- Evidemment nous avons également reconstitué le stock de vivres (maïs, haricot, riz, huile) pour qu’Assetou (notre cuisinière) puisse préparer les repas de nos petits protégés…

  

Appel au « Parrainage » des élèves que nous formons

5 mois après l’ouverture du centre, nous pouvons avoir une bonne idée de ce que nous coûte un élève (salaire des formateurs, frais alimentaires, fonctionnement du centre). Pour l’effectif actuel de 24, chaque élève coûtera en moyenne 450 €uros pour l’année. Sur cette base, nous lançons un appel auprès de tous ceux (personne Physique ou morale) qui, parmi vous, peuvent nous aider à assumer cette dépense. En fonction de vos possibilités, un ou plusieurs élèves… Par élève, nous proposons le versement d’un don de 450 €uros ou la mise en place d’un virement de 37,50 €uros par mois sur notre compte. Pour vous convaincre, en tenant compte des mesures légales permettant la défiscalisation, cela représente un effort réel de 50 centimes par jour pour un élève…

         

 

Parrainages déjà mis en place

Bien entendu, nous continuons de financer les études de Sayouba (que nous soutenons depuis la classe de seconde), maintenant étudiant en premier cycle de lettres modernes à l’université de Koudougou.

Cette proximité géographique lui permet d’assurer la coordination de notre centre de formation à Kokologho. Il nous tient régulièrement informé par mail sur le suivi des activités, c’est lui qui a la responsabilité de la caisse et des stocks, son aide est précieuse et essentielle compte tenu de notre éloignement.

Le fils de Nathanaël, à qui nous avions acheté le matériel (onéreux) requis pour qu’il puisse s’inscrire en BEP de dessin technique, était fier de nous montrer son équipement, ses cahiers, ses projets, ses devoirs, ses bulletins de notes… Il travaille bien !

 

Microcrédit

Pour donner toutes les chances à Moussa, de réussir son projet d’élevage de poules pondeuses, nous lui avions financé un stage de formation auprès des spécialistes du Programme de Développement de l’Aviculture Villageoise soutenu par le Ministère des Ressources Animales. A l’issue de ce stage, Moussa a été déclaré apte a conduire une exploitation. Il nous a remis son diplôme. Il fallait donc lui donner les moyens de commencer… Nous avons payé les matériaux pour la construction du poulailler, acheté les poulettes, l’aliment, les ustensiles, un vélo… Nous lui avons remis de quoi assurer le suivi sanitaire, se nourrir, se loger et fonctionner en attendant que ses poules ne commencent à produire. En accord avec lui, nous avons établi un contrat et il remboursera les sommes engagées sous forme d’un microcrédit, longue durée et sans intérêts, compte tenu de ses possibilités.

   

Collecte

Le fruit de notre dernière collecte est bien arrivé à destination. 163 colis (plus de 2,5 t et de 7,5 m3) contenant livres, vêtements, jouets, matériel informatique… sont entreposés dans une de nos salles à Kokologho. L’inventaire détaillé en a été fait par Assetou et Sayouba. Passons sur les détails du parcours (auprès des services de la Direction du Suivi des ONG, des Impôts, des Douanes, de la société ayant assuré transport et logistique, du transitaire…) pour en arriver là. Nous avons pu décharger le camion quelques heures avant de reprendre l’avion !... Merci à tous ceux qui ont contribué par leurs dons et/ou leur énergie à l’intérêt de cette action.

 

Nous n’avons pas oublié nos amis de la Région nord…

Les nombreuses démarches à Ouagadougou et à Kokologho ne nous ont pas laissé beaucoup de temps pour suivre les autres projets. Toutefois nous avons pu libérer un week-end pour nous rendre sur le secteur nord du pays. Au cours de ce périple, nous avons pu rencontrer Amidou au CFA de Tangaye ; les villageois de Nimpouya ; les femmes de la cellule savonnerie de la base « Basnere » ; François à « la radio du paysan » ; Azetou, Présidente du groupement de femmes « Quibae-la-Bumbu », bien que très occupée à la préparation de la journée de la Femme ; Henri à la ferme Pilote de Guié. Les nouvelles sont bonnes !

Expovente

Notre prochaine expovente aura lieu le week-end du 29 et 30 mai, dans les locaux du « PO » 66 rue d’Assas, 75006 Paris (passer par le porche du N° 68 et entrer dans la cour de droite). Ce sera l’occasion de faire quelques achats aux couleurs de l’été, utiles et originaux tout en prenant des nouvelles des actions menées sur le terrain. Nous serons heureux de vous y retrouver.

 

Appel à la générosité pour nous aider

Soyons clairs, pour continuer nos actions (en dehors des parrainages), nous avons besoin d’argent… Nous comptons sur vous pour mettre la main à la poche et nous envoyer un don (les petits ruisseaux font les grandes rivières…). Bien entendu, nous vous retournerons les certificats officiels permettant la défiscalisation de votre versement conformément à la législation en vigueur.  Pour un particulier, Un don de 50 €uros par exemple ne coûte en réalité que 17 €uros... Si vous êtes concernés par les mesures spécifiques à l’ISF, encore plus favorables en termes de défiscalisation, vous pouvez également nous contacter.

Evidemment, toute mise en relation avec d’éventuels sponsors et autres sources de subventions nous seront très utiles.