RAPPORT DE LA MISSION EFFECTUEE PAR

LOUIS GOUBIN et PHILOU BEAUCHAMPS

au BURKINA-FASO

du 11 au 25 avril 2009

  

 

Kokologho, à 45 kms de Ouagadougou sur la route de Bobodioulasso (N.12°11'020’’ ; W.1°53'034’’).

Tous les moyens sont mis en œuvre pour que notre structure socio-éducative ouverte à Kokologho puisse être inaugurée, ouvrir son Centre de Formation Agricole et accueillir les premiers élèves à la Toussaint 2009. Un nouveau bâtiment, réalisé en pierres taillées,  composé de 3 classes, dont une provisoirement aménagée en logement, est en cours de construction.

Contact pris avec le Ministère de l’Agriculture, notre agrément pour la création d’un établissement d’enseignement privé, délivré par le Ministère de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation sera reconnu pour notre CFA. Les autorités viendront seulement vérifier que l’infrastructure est conforme et que les locaux sont équipés.

Nous avons commencé à réfléchir à l’organisation des modules d’enseignement que nous serons amenés à proposer aux autorités de tutelles. Au Burkina-Faso, les programmes officiels n’existent, dans le domaine agricole, que pour le CAP ou le BEP. La formation que nous proposons ne sera pas à ce niveau. Les programmes d’enseignement pour une formation agricole rurale sont à l’étude au Ministère, mais rien n’est encore sorti. Nous nous inspirerons de l’expérience et des contenus de formations mis en place au CFA de Tangaye, qui propose en 3 ans un apprentissage donnant aux jeunes les moyens de s’installer en milieu rural avec les compétences nécessaires. La formation comprend également une remise à niveau dans les matières d’enseignement général. En fin de parcours, les élèves peuvent présenter l’examen du CEP et obtiennent (sur examen et sous contrôle des représentants du Ministère de l’Agriculture) une attestation de formation signée conjointement par le représentant du CFA et le Directeur Provincial représentant le Ministère de l’Agriculture. Nous devrons recruter une équipe pédagogique comprenant au moins un formateur (technicien agricole) assisté d’un encadreur (notamment pour travailler en groupe lors des travaux pratiques), et un instituteur (pour l’enseignement général).

 

Tengrela (Région de Banfora, province de la Comoé, proche frontière Côte d’Ivoire).

Nous tenions à rendre visite à nos amis Emilie et Charly (Ingénieurs agronomes) venus mettre en place, sur un terrain qu’ils on acquit en bordure de lac, une ferme pilote principalement axée sur la pisciculture et un groupement paysan. Leur domaine étant « au bout du monde » nous avons tourné un peu dans des chemins de brousse avant de les trouver… en pleine action, appuyés par la main-d’œuvre locale. Pendant que certains creusent un canal d’irrigation et des bassins pour les poissons, d’autres confectionnent des briques de banco pour construire case et réserves. Nous tiendrons compte de leurs précieux conseils pour développer une activité de ce type à Kokologho

Puis nous  sommes passés prendre des nouvelles de nos amis du quartier dit « la ferme ». Yahaya était au jardin, avec lui nous avons fait le tour du propriétaire… Son jardin est toujours aussi beau. Maïs, manioc, piments, choux, aubergines, gombos, oignons… Il y a de tout et Yahaya y dort la plupart du temps car les hippos viennent s’y régaler la nuit…

Au quartier, le moulin, ainsi que la décortiqueuse et la presse à karité (bien entretenus) fonctionnent toujours après déjà huit années de service.
La charpente du poulailler s’est effondrée et une épidémie a décimé les volailles, mais le groupement a prévu de réparer et désinfecter le hangar. Pendant ce temps poules et pintades sont déjà avec leurs petits dans le jardin de Yahaya (rentrés à l’abri chaque soir).

A l’école où nous avons pu faire le point avec Lassina (le Directeur). Depuis cette année les 3 classes sont ouvertes (avec un recrutement tous les 2 ans pour assurer les 6 niveaux du cycle primaire). Il y a cette année 74 élèves en CP1, 84 en CE1, 63 en CM1.

Au niveau pédagogique, on manque cruellement de livres d’histoire et de géographie au CM, ainsi que de matériel (documents, cartes…).

Le jardin scolaire fonctionne, mais il est situé sur un terrain peu propice et les productions y demeurent assez symboliques (actuellement oignons).

Une cantine scolaire est organisée par l’APE : les parents se cotisent pour acheter les ingrédients pour préparer un plat de maïs écrasé avec du beurre de karité aux enfants… Lors de notre prochaine mission, nous les réunirons pour les sensibiliser à l’importance d’une nourriture autant que possible équilibrée et chercherons avec eux les moyens de mettre en place une nouvelle activité rémunératrice pour aider au financement de la cantine, en complément du jardin et du poulailler. Charly pourrait venir en appui pour mettre en place un bassin à poissons, mais nous n’imposerons rien aux villageois qui préfèreront peut-être autre chose.

 

Centre de Formation Agricole et Artisanale de Tangaye (20 kms de Ouahigouya, Yatenga ; 200 kms au nord de Ouagadougou) (N.13°32'175’’ ; W.2°33'133’’).

Nous soutenons toujours ce centre qui propose une formation à des jeunes qui n’ont pas obtenu le Certificat d’Etudes, pour les aider à créer leur activité professionnelle (culture céréalière, maraîchage, élevage, menuiserie, soudure, électricité, maçonnerie, couture, cuisine…), et qui donne aux élèves formés, des moyens matériels pour débuter l’activité de son choix au village.

Avec Amidou (Directeur), nous avons fait le point sur les activités du centre et notamment celles que nous soutenons.

Sur la parcelle située en bordure du barrage de Namsiguia, la récolte d’oignons a été faite, puis les activités ont été arrêtées pour le reste de la saison sèche, afin d’effectuer convenablement la révision du moteur et des injecteurs de « notre » motopompe (ce qui sert de support aux travaux pratiques du formateur en mécanique qui effectue le travail avec les élèves du CFA).

La production maraîchère suit normalement son cours. Le CFA a eu une grosse commande d’acacias épineux pour haies vives (type gomme arabique) ce qui a un peu retardé le reste du programme.

Un groupement de mères éducatrices (mères des élèves du CFA) est organisé pour produire du savon et du soumbala (condiment à base de graines de néré). Certaines femmes y restent, même une fois la formation de leurs enfants terminée…

Amidou envisage l’expérimentation de production fourragère. Nous l’avons encouragé en ce sens, l’idéal étant de produire ce dont on a besoin pour éviter d’acheter des aliments destinés à l’élevage, ce qui ruine tout espoir de rentabilité.

Le Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi à proposé au CFA une quinzaine de dossiers pour des formations extérieures (embouche, production de semences, teinture, tissage, saponification… ce qui va dans le bon sens pour l’auto financement du CFA.

Alphabétisation en français : les cours sont assurés 2 heures par jour, 5 jours par semaine de novembre à mai. Cette année, il y a 2 groupes (débutants et avancés) d’une quinzaine d’apprenants chacun.

On a confié à l’AFDR (association en charge du  CFA)  l’organisation de modules d’enseignement en « groupe passerelle » pour enfants non scolarisés dans 10 villages. L’objectif est de permettre la réintégration (en un an) de l’école primaire niveau CE1 ou CE2. L’Inspection de l’Enseignement Primaire et la Direction Provinciale de l’Enseignement de Base sont associées à l’AFDR pour ce projet qui coordonne également l’organisation des cantines scolaires. L’état fournit quelques vivres (riz, huile), les parents d’élèves (organisés en Comité de Gestion) sont sollicités pour le complément (haricot…).

Le projet pilote d’électrification rurale concernant 6 villages (Tangaye, Tougue Mossi, Touya, Pella, Goutoula et Douma) a été débloqué. L’AFDR en est maître d’ouvrage. La sous-traitance « électrification » a été confiée à une entreprise ouagalaise (Ego Energie) et l’AFDR construit les locaux (ce qui donne du travail aux anciens élèves du CFA compétents en maçonnerie). Chaque plateforme multifonctionnelle sera équipée d’un moteur servant à la production de l’électricité, un moulin, une décortiqueuse, un poste à souder, un chargeur de batteries (matériel fourni par le PNUD). Les machines seront placées sur des modules différenciés et ne seront pas actionnées simultanément, les vibrations provoquant une plus forte altération des équipements.

Tangaye bénéficiera d’un moteur plus puissant (12 chevaux) et sa plateforme disposera d’un château d’eau pour permettre aux femmes de faire du maraîchage. Tout doit être opérationnel à la fin du mois de mai (on installe déjà les poteaux) La Banque Mondiale est intéressée par ce projet pilote et vient le visiter en juin… Pour les 6 villages et avec comités de gestion locaux, la Coopérative des Services Energétiques de Tangaye a été créée pour gérer et distribuer l’électricité (avec le soutien de l’état au démarrage par le biais du Fond de Développement de l’Electrification). Des compteurs ou branchements directs seront proposés ainsi que la possibilité de charger des batteries. La coopérative prendra tout en charge (installation, réparation, remplacement des ampoules grillées…). Le projet est financé par le Fond de Développement de l’Electrification qui fixera le prix du kilowatt (probablement un peu plus cher que la régie nationale SONABEL). Pour ce projet, l’état accepterait de détaxer le gasoil !... Ce qui abaisserait le coût du carburant au niveau de celui de l’huile de Jatropha… Quoi qu’il en soit cette production pouvant être rémunératrice pour les paysans locaux (120 déjà concernés), nous continuons à travailler sur ce volet, dès maintenant les agriculteurs concernés préparent les cordons pierreux et replantent les graines produites.

Le CFA a commencé une formation d’électriciens…

 

 

Nimpouya (région de Ouahigouya)

Au retour, nous nous sommes arrêtés à Nimpouya où nous sommes toujours accueillis avec autant de chaleur et de manifestations d’amitié. Nous avons tenu une réunion avec  les villageois. Les matériaux nécessaires à la réparation du puits que nous finançons ont bien été livrés, les travaux seront effectués mi-mai (au niveau d’eau le plus bas, avant les premières pluies éventuelles). Le forage est annoncé pour un proche avenir. Au jardin les récoltes d’oignons ont été faites, le produit de la vente est dans la caisse du groupement villageois. Un champ d’arachides est prévu pour la saison pluvieuse. Tout se passe bien.  

 

 

Parrainage scolaire

Sayouba, notre « filleul » travaille toujours avec autant de courage. Nous l’avons trouvé en pleine période de compositions. Il intensifie encore ses efforts à l’approche du Baccalauréat. Nous lui avons remis ce dont il a besoin pour couvrir ses frais de fonctionnement jusqu’à la fin de l’année scolaire.

Sur place il nous accompagne dans les rencontres que nous organisons en brousse et nous apporte un soutien précieux quand il faut nous expliquer en langue locale. Il nous tient également régulièrement informé par internet.

 

Groupement « Nabons Wende », Quartier de Tanghin (Ouagadougou, Kadiogo)

Avec Pélagie, la Présidente, nous avons fait le point sur les activités du groupement et de la permanence.

L’alphabétisation avec 10 centres créés, activité phare du moment, a été confortée par une séance inaugurale en présence de toutes les personnalités politiques et coutumières, articles dans la presse…

La Caisse Populaire fonctionne toujours aussi bien. Le ramassage d’ordures ménagères progresse encore et la fabrication de savon devient beaucoup plus rentable. Les autres activités ont encore du mal à trouver un équilibre. La bibliothèque manque de dynamisme, la buvette n’a pas encore trouvé de gérant stable et le moulin végète…

 

Services rendus…

La présence régulière sur le terrain étant une condition de réussite, nous nous relayons entre « associations amies » pour visiter, autant que possible, les projets de chacun lors de nos déplacements… Au cours de cette mission, pour le compte de l’association Tangafaso, nous avons réuni les villageois de Risci (région de Ouahigouya) pour discuter des modalités de l’installation d’un moulin et préparer le forage d’un puits. Nous avons également fait le point avec 2 jeunes issus du CFA de Tangaye sur leurs activités d’élevage respectives.

 

Collecte

Nous prévoyons d’effectuer un nouvel envoi de matériel. Nous recherchons surtout des vêtements, des livres d’auteurs africains, des livres en anglais et des manuels scolaires. Les téléphones portables et les lunettes nous intéressent également. Nous précisons que nous ne pouvons accepter que ce qui est en très bon état. Si vous souhaitez nous déposer des choses, vous pouvez nous contacter par mail à philou@associationvsd.com  et venir dans nos locaux du 16 rue du mail, 75002 Paris. Le matériel pourra être déposé jusqu’à l’été.

Expo vente

Notre prochaine expo vente aura lieu dans les locaux du Cours Lafayette, 16 rue du Mail, 75002 Paris, le week-end du 6 et 7 juin 2009. Nous comptons sur votre visite pour nous encourager, ce sera l’occasion de penser aux cadeaux de la fête des mères et aux tenues colorées de l’été...

Appel à la générosité pour nous aider

Soyons clairs, pour continuer nos actions, nous avons besoin d’argent… Nous comptons sur vous pour mettre la main à la poche et nous envoyer un don (les petits ruisseaux font les grandes rivières…). Bien entendu, nous vous retournerons les certificats officiels permettant la défiscalisation de votre versement conformément à la législation en vigueur.  Pour un particulier, Un don de 50 €uros par exemple ne coûte en réalité que 17 €uros et permet de subvenir aux besoins d’un jeune pendant 1 mois !... Si vous êtes concernés par les mesures spécifiques à l’ISF, encore plus favorables en termes de défiscalisation, vous pouvez également nous contacter

Evidemment, toute mise en relation avec d’éventuels sponsors et autres sources de subventions nous seront également très utiles.