RAPPORT DE LA MISSION EFFECTUEE PAR

CATHY PERNOT, LOUIS GOUBIN

et PHILOU BEAUCHAMPS

au BURKINA-FASO

du 23 octobre au 8 novembre 2009

 

Kokologho, à 45 kms de Ouagadougou sur la route de Bobodioulasso

(N.12°11'020’’ ; W.1°53'034’’).

L’objet principal de cette mission était la reprise des activités au Centre de Formation Agricole « Teed Beoogo » (espoir d’un lendemain meilleur) et l’accueil de la première promotion d’élèves.

Une formation agro-sylvo-pastorale écologique, en trois années, y est proposée gratuitement à des jeunes d’un faible niveau scolaire, capables toutefois de suivre un enseignement en français. L’objectif en fin de cycle, est de leur permettre de s’installer en milieu rural avec les compétences nécessaires pour mettre en œuvre une activité rémunératrice et faire vivre une famille. Une remise à niveau en enseignement général est également dispensée pour qu’ils puissent être en mesure de comprendre et assumer le fonctionnement d’une petite exploitation,  pour pouvoir s’intégrer convenablement dans le milieu social et accomplir quelques démarches administratives de base. L’établissement est mixte, en demi-pension avec la possibilité pour les filles d’être hébergées en internat.

Depuis notre dernière mission (septembre) l’équipe de formateurs (Jacqueline, Ben et Sayouba) étaient à l’œuvre sur le site pour affiner ensemble les programmes et contenus d’enseignement que nous avions donnés et pour recevoir les élèves intéressés par ce recrutement.

Jacqueline et Ben sont également allés suivre un stage en situation au CFA de Tangaye (que nous soutenons depuis plusieurs années). A cette occasion, ils ont pu voir le centre fonctionner et échanger avec les enseignants.

A notre arrivée, 4 élèves étaient inscrits et 2 avaient pris des renseignements… Les messages sur les radios locales n’avaient sans doute pas été entendus (peu de gens étant équipés) et les annonces faites par les griots sur le marché, ainsi que les affiches n’avaient manifestement pas suffi. Nous avons organisé une réunion d’information avec les villageois et les autorités coutumières, qui s’est avérée utile, l’effectif passant de 6 à 19 en trois jours… Outre l’efficacité, ces rencontres sont toujours très utiles pour mieux se comprendre et s’intégrer au sein de la population locale.

Il ne nous restait plus qu’à arpenter les marchés pour acheter le matériel nécessaire au fonctionnement et aux activités, faire provisions des vivres pour assurer les repas de tout ce petit monde, recruter la cuisinière, discuter avec Issaka (notre gardien) de ses nouvelles attributions, négocier l’acquisition de « Pompon » notre âne (premier animal de la ferme) … Que du bonheur !

Entre temps les récoles de notre niébé (haricot) avaient été faites. Environ 220 kg mis en sac (pas mal pour un début) et les fanes conditionnées en fagots et entreposées pour la nourriture de nos futurs animaux.

Avant notre départ, nous avons pu recevoir les élèves en classe, leur présenter les grandes lignes du programme, expliquer le règlement intérieur, faire connaissance et leur souhaiter tout le courage nécessaire pour réussir à nos cotés.

Depuis, 24 élèves travaillent au centre (il y a même une liste d’attente…), avec les formateurs ils ont effectué les récoltes d’arachides, aménagent le domaine, entretiennent les plantations, préparent le jardin pour le maraîchage… Nous avons des nouvelles régulièrement et tout se passe bien.

 

Agro écologie, une référence commune…

Nous avions convenu de retrouver, au cours de cette mission, notre Ami Bernard, venu nous rejoindre du Mali où il s’engage sur des projets complémentaires aux nôtres. Le partage d’expériences étant toujours formateur, nous avons réfléchi ensemble sur les activités proposées à Kokologho et nous sommes retournés sur le terrain voir fonctionner quelques expériences de référence au Burkina.

- La Ferme Pilote de Guiè où depuis 1989, Henri Girard restaure les sols désertifiés de sa région, au travers de plusieurs techniques qui convergent vers un système agricole de « bocage sahélien ». www.azn-guie-burkina.org

- Les ateliers de l’association Prommata à Kamboincé qui fabriquent et  proposent des formations pour promouvoir l’utilisation d’outils à traction animale. Nous avons pu apprécier l’utilisation et assiter à une démonstration de la « kassine ».

- Nous sommes également allés à Tengréla, faire le point sur les activités menées à la ferme, et rendre compte à Emilie et Charly en leur absence, nos associations étant devenues partenaires.

 

Inondations…

Nous avions lancé un appel lors de notre dernier rapport en faveur des sinistrés suite aux pluies diluviennes qui s’étaient abattues le 1er et le 2 septembre sur Ouagadougou. Nous avons pu faire réparer les murs de la maison du gardien de nuit du centre où nous logeons à Ouagadougou.

 

Parrainage

Nous continuons de financer les études de Sayouba (que nous soutenons depuis la classe de seconde), maintenant étudiant en premier cycle de lettres modernes à l’université de Koudougou. Cette proximité géographique lui permet de nous aider à la coordination de notre centre de formation à Kokologho. Sa présence est également précieuse à nos cotés lors des rencontres que nous devons assurer en langue locale avec les populations…

Nous avons remis au papa d’Emmanuel, que nous connaissons depuis longtemps la somme demandée pour acquérir les fournitures nécessaires à ses étude en BEP Dessin-Bâtiment. Sans ce matériel, il n’aurait plus été accepté dans son école alors que sa famille s’est endettée pour lui permettre de s’inscrire.

 

Microcrédit

Moussa, qui a depuis longtemps gagné notre confiance, ne peut plus vivre de la vente de son « petit artisanat ». Il ne mange plus tous les jours !... Nous avons sérieusement envisagé avec lui les possibilités d’une reconversion. Selon son souhait, nous avons évoqué la faisabilité d’un élevage de poules pondeuses. Nous sommes allés sur le terrain, avons rencontré des gens expérimentés en la matière, effectué une « étude de marché » et cette voie semble intéressante. Afin de mettre toutes les chances de son coté, nous sommes allés prendre conseil auprès des spécialistes du Programme de Développement de l’Aviculture Villageoise soutenu par le Ministère des Ressources Animales où il a pu trouver un stage de 3 mois auprès d’un bassecourier. Pendant ce temps, nous assurons le financement de son loyer, sa nourriture et sa formation. Nous n’envisagerons qu’ensuite un éventuel microcrédit pour mettre en œuvre cette activité. 

   

Appel à la générosité pour nous aider

Soyons clairs, pour continuer nos actions, nous avons besoin d’argent… Plus les projets prennent de l’ampleur, plus les moyens sont nécessaires pour en assumer le fonctionnement au quotidien…  Nous comptons sur vous pour mettre la main à la poche et nous envoyer un don (les petits ruisseaux font les grandes rivières…). Bien entendu, nous vous retournerons les certificats officiels permettant la défiscalisation de votre versement conformément à la législation en vigueur.  Pour un particulier, Un don de 50 €uros par exemple ne coûte en réalité que 17 €uros et permet de subvenir aux besoins d’un jeune pendant 1 mois !... Si vous êtes concernés par les mesures spécifiques à l’ISF, encore plus favorables en termes de défiscalisation, vous pouvez également nous contacter.

Evidemment, toute mise en relation avec d’éventuels sponsors et autres sources de subventions nous seront très utiles.