RAPPORT DE LA MISSION EFFECTUEE PAR

Cathy PERNOT, Annick GIOS  et Philou BEAUCHAMPS

au BURKINA-FASO Du 18 au 31 octobre 2010

 

 

Kokologho, à 45 kms de Ouagadougou sur la route de Bobodioulasso

(N.12°11'020’’ ; W.1°53'034’’).

Les habitués le savent, nous consacrons actuellement l’essentiel de notre énergie au suivi et au développement du Centre de Formation en Agriculture que nous avons créé à Kokologho.

Une formation agro-sylvo-pastorale écologique, en trois années, y est proposée gratuitement à des jeunes d’un faible niveau scolaire, capables toutefois de suivre un enseignement en français. L’objectif en fin de cycle, est de leur permettre de s’installer en milieu rural avec les compétences nécessaires pour mettre en œuvre une activité rémunératrice et faire vivre une famille. Une remise à niveau en enseignement général est également dispensée pour qu’ils puissent être en mesure de comprendre et assumer le fonctionnement d’une petite exploitation,  pour pouvoir s’intégrer convenablement dans le milieu social et accomplir quelques démarches administratives de base. L’établissement est mixte, en demi-pension avec la possibilité pour les filles d’être hébergées en internat.

Nous avons retrouvé le centre en pleine activité et avons pu constater une ambiance générale très positive. Une deuxième promotion d’élèves a été recrutée, anciens et nouveaux sont arrivés début octobre pour participer aux récoltes et à divers travaux pratiques. Les cours à proprement parler n’ont repris que début novembre.

La saison pluvieuse a été satisfaisante et pour une première récolte, les résultats obtenus sont encourageants. 322,5 kg de niébé (haricot) ont été récoltés pour un rendement de 208 kg/ha, 590 kg d’arachides ont été récoltés pour un rendement de 686 kg/ha, 267 kg de sorgho ont été récoltés pour un rendement de 593 kg/ha.

Tous les arbres plantés sont en bonne santé et se développent très convenablement. Les hibiscus ont également bien fleuri et la récolte de bissap (fleurs utilisées en infusion) a été bonne.

Au jardin, il y avait surtout des semis, le maraîchage s’intensifiant plutôt en saison sèche. Les moringas, papayers et bananiers ont particulièrement bien poussé.

La bibliothèque a été installée et est opérationnelle. Les premières inscriptions arrivent… Bien entendu nos élèves y ont gratuitement accès et l’utilisent bien.

Nous avons encore largement reconstitué le stock en vivres. Une petite cinquantaine de convives à chaque repas, ça n’est plus une « petite affaire » !...

Dans notre précédent rapport, nous avions donné des nouvelles de notre élève qui a été très gravement accidenté à la fin de l’année scolaire. Wahabo a souhaité retrouver ses copains et poursuivre sa formation parmi nous. Nous étions très heureux de le retrouver, souriant, malgré son invalidité.

Les travaux d’aménagement et de développement des activités du centre sont programmés à mesure des financements obtenus. Francis (notre architecte qui était sur place la semaine précédent notre arrivée) a pu mettre ses plans à jour et expliquer à Ousmane (notre mécanicien devenu représentant technique) les projets actuels : construction du poulailler pour lancer les activités d’élevage, d’un hangar pour étendre les activités de la cuisine en extérieur ce qui devient indispensable compte-tenu de l’effectif et de nouvelles latrines.

Un programme de la SONABEL (régie d’électricité) concernant l’électrification de certaines zones de Kokologho a été mis en place. Nous avons évidemment fait savoir que nous souhaitions postuler pour en bénéficier. Occasion pour nous de rencontrer l’Adjoint au Maire qui est de fait le permanent à la Mairie, alors que Madame le Maire est plus rarement disponible. Nous lui avons fait visiter le centre, il a manifesté beaucoup d’enthousiasme et nous a assuré de son soutien. Le dossier est en cours (au rythme local…).

Nous avons mis en place un suivi régulier de la part de l’équipe de l’ANERSER auprès des 2 filles issues de la rue, qu’ils nous ont confiées. Une première visite a été organisée avec les éducateurs et les représentants des « familles » (au sens africain) des jeunes filles.

  

Appel au « Parrainage » des élèves que nous formons

Chaque élève nous coûte en moyenne 450 €uros pour l’année (salaire des formateurs, frais alimentaires, activités agricoles au centre). Nous avons fait le nécessaire auprès de notre banque et proposons la mise en place d’un prélèvement Demander une Autorisation de Prélèvement. Pour vous convaincre, en tenant compte des mesures légales permettant la défiscalisation, un prélèvement mensuel de 37,50 €uros représente un effort réel de 50 centimes par jour et permet la prise en charge d’un élève… Sur cette base, nous avons lancé un appel auprès de tous ceux (personne physique ou morale) qui, parmi vous, pouvaient nous aider à assumer cette dépense.

Nous remercions vivement ceux qui ont répondu, grâce a eux nous avons une vingtaine d’élèves pris en charge, mais nous continuons notre appel, dans l’espoir de faire parrainer tous nos élèves, ce qui nous permettrait de consacrer les fonds de l’association aux nécessaires investissements sans avoir à se soucier du fonctionnement…

  

Au chapitre des démarches administratives…

Auprès de l’assurance, nous avons remis à jour notre contrat en Responsabilité Civile pour dommages corporels et matériels qui couvre les élèves et les intervenants pour tous les risques pendant les activités chez nous, ainsi que sur le trajet et toutes les manifestations organisées dans l’établissement.

A la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, nous récupérons (au compte goutte…) les cartes d’immatriculation de nos formateurs et avons effectué toutes les démarches pour que l’ensemble de l’équipe soit assurée.

Nous avons chargé Sougri (notre Représentant au Burkina) de remettre en ordre le dossier concernant l’octroi de notre terrain de Kokologho et le paiement des taxes, au niveau des services du cadastre de Koudougou.

  

Région de Ouahigouya (nord)

Bien que de courte durée, nous avons pu effectuer un déplacement chez nos amis de la région nord.

Nous avons retrouvé Amidou et son équipe au CFA de Tangaye. Les élèves étaient rentrés et effectuaient les travaux champêtres. Les récoltes sont un peu plus tardives que chez nous, mais contrairement aux craintes que nous avions en juillet, la saison de pluies ayant suffisamment duré, les résultats seront convenables.

Le moral était également au beau fixe à Nimpouya où nous sommes toujours aussi bien reçus.

Comme à l’habitude, nous avons rendu visite et fait nos emplettes auprès des femmes de la cellule de savonnerie et du groupement de séchage sur la base de Basnéré.

Nous avons rendu visite à Adama, qui nous a rendu compte des activités du groupement de femmes « Qui bae-la bumbu » que nous aidons avec des microcrédits.

  

Tengrela, région de Banfora (Sud-Ouest)

Avant l’arrivée de Cathy, nous avons pu nous rendre avec Annick dans le secteur de la Comoé.

Là aussi le voyage a été court, mais nous avons pu rendre visite à Charly et mesurer la progression du travail accompli à la ferme pilote qu’il développe en bordure de lac.

Nous avons pu également passer à l’école du quartier « La ferme », échanger avec le directeur, l’équipe enseignante et passer un très bon moment avec les enfants.

Nous avons retrouvé Yahaya qui développe toujours un maraîchage de grande qualité dans son jardin en bordure de lac.

Solo avait prévu une fête pour faire découvrir la musique et les danses locales à Annick, mais une surchauffe du pick-up sur la piste nous a contraints à l’immobilisation chez le mécanicien !…

 

Expovente

Nous remercions vivement tous ceux qui, malgré une météo catastrophique, nous ont rendu visite lors de l’expovente organisée à Paris, le week-end du 4/5 décembre, au profit de l’association.

  

Collecte

Un nouvel envoi de matériel est prévu pour 2011.

Pour notre bibliothèque, nous recherchons des ouvrages de littérature africaine.

  

Nouvelles du Niger

Compte-tenu de l’insécurité au nord Niger, nous avons suspendu nos actions dans ce secteur depuis la reprise de la rébellion touarègue. Nous avons néanmoins pu profiter de la venue de Salah au SIAO (Salon Intenational d’Artisanat de Ouagadougou) pour avoir des nouvelles de nos amis d’Agadez et reconstituer notre stock d’artisanat local.

  

Appel à la générosité pour nous aider

Soyons clairs, pour continuer nos actions, nous avons besoin d’argent… Si vous n’avez pas répondu à notre appel à parrainage, nous comptons sur vous pour mettre la main à la poche et nous envoyer un don (les petits ruisseaux font les grandes rivières…). Bien entendu, nous vous retournerons les certificats officiels permettant la défiscalisation de votre versement conformément à la législation en vigueur.  Pour un particulier, Un don de 50 €uros par exemple ne coûte en réalité que 17 €uros... Evidemment, toute mise en relation avec d’éventuels sponsors et autres sources de subventions nous seront très utiles.

  

Nous profitons de l’occasion pour vous souhaiter à tous d’excellentes fêtes de fin d’année.