RAPPORT DE LA MISSION EFFECTUEE PAR

 Cathy PERNOT et Philou BEAUCHAMPS

Du 28 juin au 20 juillet 2012

au BURKINA-FASO

 

Kokologho, à 45 km de Ouagadougou sur la route de Bobodioulasso.

(N.12°11'020’’ ; W.1°53'034’’).

Les habitués le savent (et peuvent passer au paragraphe suivant…), nous consacrons actuellement l’essentiel de notre énergie au suivi et au développement du Centre de Formation en Agriculture que nous avons créé à Kokologho.

Une formation agro-sylvo-pastorale écologique, en trois années, y est proposée gratuitement à des jeunes d’un faible niveau scolaire, capables toutefois de suivre un enseignement en français. L’objectif en fin de cycle, est de leur permettre de s’installer en milieu rural avec les compétences nécessaires pour mettre en œuvre une activité rémunératrice et faire vivre une famille. Une remise à niveau en enseignement général est également dispensée pour qu’ils puissent être en mesure de comprendre et d’assumer le fonctionnement d’une petite exploitation,  pour pouvoir s’intégrer convenablement dans le milieu social et accomplir quelques démarches administratives de base. L’établissement est mixte, en demi-pension ou internat.

A notre arrivée, nous avons fait avec satisfaction le point sur l’avancement des travaux, compte-tenu du programme que nous avions laissé en février dernier.

L’étable était terminée, enclos compris et les bovins avaient pris leur place.

Le réseau intérieur d’électrification a été installé. Nous avons remplacé le convertisseur qui avait été grillé suite à un mauvais branchement et avons bien expliqué à chacun le fonctionnement de l’installation. Tout est désormais opérationnel.

Les Grillages ont été installés pour surmonter les murs d’enceinte du terrain et empêcher la divagation des animaux extérieurs.

Un pseudo canal a été réalisé et le boulis a été sur-creusé et étanchéifié (cimenté).

A la plateforme, la petite maisonnette destinée à la charge des batteries diverses (hors poussières et farines) est quasi terminée, il ne manquait plus que la porte.

Avec raison, rien n’a été fait sur les puits maraîchers, on attend la prochaine saison sèche.

Pour le reste, même si le travail était d’évidence bien fait, le déficit en pluies rendait les choses bien tristes.

Grace à un arrosage quotidien, il restait encore gombo, oignons feuilles, tomates, aubergines, manioc et autres pépinières au jardin. Les fruitiers végétaient mais ne donnaient pas encore de signes de faiblesse. Le maïs semé aux premières pluies de mai a crevé en juin faute d’eau, il devenait urgent que la pluie reprenne pour permettre à ce qui avait été remis en culture puisse lever…

Dans les haies vives, le jatropha, moringa et  pois d’Angole tenaient le coup.

Les cultures de plein champ étaient très en retard. Les zones de production d’arachides et niébé (haricot) ont été inversées par rapport à l’an dernier pour permettre la rotation des cultures. Les semis n’ont été terminés que pendant notre séjour.

Le problème le plus inquiétant était que les animaux n’avaient plus rien à manger !... et on ne trouvait pratiquement plus de nourriture à acheter (ou rarement et hors de prix…). Les volailles se débrouillaient bien pour s’alimenter en extérieur. Nous avions eu 2 naissances chez les chèvres qui, bien que pas très grosses, semblaient en bon état (on attend de nouvelles naissances), même chose chez les moutons. Chez les bœufs la limite était atteinte et même dépassée chez le plus jeune de nos mâles qui n’a pas survécu. En urgence nous avons tout fait pour trouver de l’aliment, changeant même de région pour en trouver en attendant les premières pluies.

Du coup, pour le labour, les bœufs n’ont pas pu tirer la kassine et c’est Pompon (notre brave âne) qui a dû faire tout le boulot avec notre ancienne charrue…

Pendant que nous faisions le bilan nous avons abordé la question de la production de mangues. Cette année encore les voisins, fondés sur l’idée que l’arbre n’appartient pas au propriétaire du terrain mais à celui qui l’a planté, ont encore fait problème au moment de la production.

Nous avons dû provoquer une réunion avec toutes les parties, en présence des responsables coutumiers, espérant ainsi voir le problème résolu.
Nos élèves effectuaient les derniers travaux de l’année scolaire. Nous avons conduits Adama et Joseph qui se présentaient au CQP (Certificat de Qualification Professionnelle) un diplôme d’état organisé par le Ministère de la jeunesse, du Travail et de l’Emploi au centre de Goundi où l’examen avait lieu. Ils ont composé pendant une semaine (nous avons payé la pension) et Adama est rentré avec le diplôme.

Avec les formateurs, nous avons dressé le bilan pédagogique de l’année et préparé la prochaine campagne de recrutement. Des annonces ont été faites par les griots sur les marchés. Nous avons équipé un nouveau dortoir en internat pour faciliter l’inscription des garçons issus de villages éloignés.

Avec les responsables de la Direction Régionale de l’Agriculture nous avons validé notre programme de formation et convenu que l’attestation de fin de cycle que nous délivrerons serait conjointement signée et tamponnée par leurs services et VSD.

Evènement d’importance pour les élèves de notre première promotion qui terminaient leurs 3 années de formation au centre, une cérémonie de clôture et remise des résultats a été organisée en « grandes pompes » en présence des autorités, de tous les acteurs locaux, des familles, de nos partenaires et amis. La fête a eu lieu, conformément aux traditions locales (discours, danses, photos, journaliste…). Nos élèves et un grand nombre d’invités s’étaient confectionné une tenue pour l’occasion…

 

Comme prévu dans le projet, nous n’abandonnons pas nos élèves à l’issue de leurs 3 années de formation. Nous les avons réunis pour leur expliquer comment nous allions continuer à les conseiller, les aider et leur rendre visite dans le cadre du suivi de leurs exploitations. A la sortie, nous leur avons remis 25.000 francs cfa pour commencer leurs activités (essentiellement cultures pour profiter de la saison pluvieuse), une somme équivalente leur sera ensuite remise dès qu’ils auront construit au moins un petit local pour démarrer leurs activités d’élevage. Ceux qui avaient déjà commencé avec de la volaille, des chèvres ou des porcs ont eu cette 2ème dotation. Nous sommes allés avec chacun d’entre eux voir sur le terrain où ils allaient s’installer et avons bien expliqué à leurs familles qu’ils devaient travailler pour leur propre compte. Un suivi sera ensuite programmé tous les 2 mois environ avec nous ou avec les formateurs et Ousmane pour continuer à les aider.

 

Groupement « Nabons Wende ».

Comme d’habitude, nous sommes passés rendre visite à Pélagie, Présidente du groupement « Nabons Wende » que nous soutenons depuis longtemps. Depuis le développement des activités de caisse populaire, notre bibliothèque située sur le site de la caisse de Tanghin connaît une très forte augmentation de fréquentation. 25 centres d’alphabétisation ont été ouverts. Les activités de fabrication de savon, collectes d’ordures ménagères, buvette sont également satisfaisantes. Le groupement concentre son énergie sur le microcrédit, une 3ème agence devrait ouvrir à Ouagadougou…

Une importante délégation de l’association s’est déplacée à Kokologho pour venir aux cérémonies de clôture de notre année scolaire.

 

Nouvelles de nos amis touareg

Nous sommes passés au village artisanal où le responsable de l’atelier est désormais notre ami Alouda. Nous lui avons acheté quelques boites et bien entendu, nous avons demandé des nouvelles de la famille (ils sont tous originaires du Mali, région de Hombori, Tombouctou, Gao !...) Alouda a fait rapatrier tout le monde sur Ouaga. Ils sont dans un camp de réfugiés, selon lui, ils vont et sont tous bien. Le camp doit être déplacé à une vingtaine de kms de la ville…

 

Nos filleuls

Nous connaissons Abdoulaye depuis longtemps, petit, il vendait déjà des lotus et des chewing-gums au feu sur l’avenue pour aider sa maman à acheter la nourriture. Nous l’avons vu grandir dans la rue… De temps à autre il était fier de nous dire qu’il allait à l’école, nous l’aidions un peu en achetant cahiers et livres… Cette année Abdoulaye a réussi le Certificat d’Etudes. Hélas ayant effectué une scolarité régulièrement interrompue par la nécessité de gagner son repas, il est maintenant âgé de 17 ans et trop vieux pour être admis au collège public… Nous avons rencontré les responsables de son école qui nous ont confirmé qu’il avait bien travaillé, nous avons discuté avec sa maman et sa famille… Pour l’aider, nous avons payé les frais d’inscriptions en classe de 6ème dans un collège privé et avons passé un contrat avec lui et sa famille : Pour suivre correctement ses études, il ne pourra pas faire son petit commerce en semaine dans la rue, en échange, nous règlerons les frais de scolarité tant qu’il sera sérieux et qu’il sera admis en classe supérieure.

Emmanuel (fils de Nathanaël, que nous aidons dans ses études) est venu nous montrer ses résultats. Il est admis en classe supérieure… L’an prochain Bac Pro… c’est sérieux. Il doit aussi effectuer un stage. Il a par ailleurs obtenu le CAP industriel qu’il menait de front avec sa classe de 1ère…   Bravo !

Sayouba, nous a encore beaucoup aidés cette année dans la coordination du centre assurant le lien avec nous très régulièrement par mail ou texto pour nous informer de l’évolution de la situation. C’est lui qui tient la caisse et qui gère le stock de vivres pour nos élèves. Sayouba a obtenu sa licence de lettres modernes avec une moyenne de 12,10 en tronc commun et 11,24 pour la partie optionnelle. Félicitations. Nous l’aidions depuis le brevet, il va désormais pouvoir voler de ses propres ailes et construire sa vie professionnelle et familiale. Une grande satisfaction pour notre association.

 

Expovente

Notre prochaine expovente aura lieu le week-end du 8 et 9 décembre 2012, dans les locaux du « PO » 66 rue d’Assas, 75006 Paris (passer par le porche du N° 68 et entrer dans la cour de droite). Ce sera l’occasion de faire quelques achats et cadeaux de Noël, utiles et originaux, tout en prenant des nouvelles des actions menées sur le terrain. Nous serons heureux de vous y retrouver.

 

Appel au « Parrainage » des élèves que nous formons

Chaque élève nous coûte en moyenne 450 €uros pour l’année (salaire des formateurs, frais alimentaires, activités agricoles au centre). Nous avons fait le nécessaire auprès de notre banque et proposons la mise en place d’un prélèvement Demander une Autorisation de Prélèvement. Pour vous convaincre, en tenant compte des mesures légales permettant la défiscalisation, un prélèvement mensuel de 37,50 €uros représente un effort réel de 50 centimes par jour et permet la prise en charge d’un élève… Sur cette base, nous avons lancé un appel auprès de tous ceux (personne physique ou morale) qui, parmi vous, pouvaient nous aider à assumer cette dépense. Nous remercions vivement ceux qui ont répondu. Grâce à eux nous avons une vingtaine d’élèves pris en charge, mais nous continuons notre appel, dans l’espoir de faire parrainer tous nos élèves, ce qui nous permettrait de consacrer les fonds de l’association aux nécessaires investissements sans avoir à se soucier du fonctionnement… Dans la mesure du possible, nous avons une préférence pour les autorisations de prélèvements qui assurent une trésorerie régulière…

Nous vous précisons que nous avons fait valider par l’administration des finances publiques que notre association répondait bien aux critères définis aux articles 200 et 238 bis du code Général des Impôts par demande de rescrit fiscal selon l’article L80 C du Livre des procédures fiscales. Les reçus que nous délivrons sont conformes.

 

Collecte

Depuis des mois, nous avions collectés des livres, vêtements,  équipements de sports, ordinateurs et autres matériels utiles à nos actions de terrain. L’expédition a été faite en mai et nous avions assez bien prévu « notre coup » car les colis sont arrivés en douane le lendemain de notre arrivée… Nous avons pu savourer pleinement les procédures auprès des services de la société de transport, des transitaires, des douanes, du suivi des ONG, des entrepôts sous douane… Pour finir par charger, au bout d’une dizaine de jours (délai habituel au Faso), nos marchandises dans le camion de notre ami Emmanuel.

Nous avons ensuite pu procéder au tri et à la répartition des paquets à nos bibliothèque de Kokologho et de Tanghin pour les livres, à notre « boutique sociale » pour les vêtements, aux diverses initiatives locales que nous soutenons et à notre magasin pour ce qui nous sera utile plus tard…

Un grand merci à tous ceux qui ont participé à cet envoi, qui sera probablement le dernier d’envergure, notre sponsor (que nous remercions chaleureusement) ayant pris sa retraite. Les prochains seront moins ambitieux, mais nous sommes toujours preneurs de littérature africaine et d’ordinateurs portables, que nous pourrons acheminer dans nos bagages…

 

Notre prochaine mission au Burkina Faso est prévue du 20 octobre au 4 novembre 2012. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés des évolutions.

 

Appel à la générosité pour nous aider

Soyons clairs, pour continuer nos actions, nous avons besoin d’argent… Si vous n’avez pas répondu à notre appel à parrainage, nous comptons sur vous pour mettre la main à la poche et nous envoyer un don (les petits ruisseaux font les grandes rivières…). Bien entendu, nous vous retournerons les certificats officiels permettant la défiscalisation de votre versement conformément à la législation en vigueur.  Pour un particulier, Un don de 50 €uros par exemple ne coûte en réalité que 17 €uros... Evidemment, toute mise en relation avec d’éventuels sponsors et autres sources de subventions nous seront très utiles.