RAPPORT DE LA MISSION EFFECTUEE PAR

Cathy PERNOT et Philou BEAUCHAMPS

Du 12 au 26 février 2014

Au BURKINA-FASO

 

 

Kokologho, à 45 km de Ouagadougou sur la route de Bobodioulasso.

(N.12°11'020’’ ; W.1°53'034’’).

Les habitués le savent (et peuvent passer au paragraphe suivant…), nous consacrons actuellement l’essentiel de notre énergie au suivi et au développement du Centre de Formation en Agriculture « Teed Beoogo » (espoir d’un lendemain meilleur en Moré, langue des Mossis) que nous avons créé à Kokologho. Une formation agro-sylvo-pastorale écologique, en trois années, y est proposée à des jeunes d’un faible niveau scolaire, capables toutefois de suivre un enseignement en français. L’objectif en fin de cycle, est de leur permettre de s’installer en milieu rural avec les compétences nécessaires pour mettre en œuvre une activité rémunératrice et faire vivre une famille. Une remise à niveau en enseignement général est également dispensée pour qu’ils puissent être en mesure de comprendre et d’assumer le fonctionnement d’une petite exploitation,  pour pouvoir s’intégrer convenablement dans le milieu social et accomplir quelques démarches administratives de base. L’établissement est mixte, en demi-pension ou internat.

Nos élèves sont (pour la grande majorité d’entre eux qui vient de loin) logés et évidemment tous nourris et formés pendant 3 ans contre une très faible contribution financière (juste pour que leurs familles participent) et bénéficient à leur sortie d’une aide (supérieure à ce qu’ils ont versé) qui leur permet de commencer une première activité au sein de leur exploitation.

 

Maraîchage

Lors de notre traditionnel tour du propriétaire, nous constatons que la production accuse un certain retard. Ce qui est emblavé est correct, mais trop tardivement par rapport à ce qui se fait dans la région et à peine 50% de la capacité du jardin exploitée. Constat ne nous surprend pas vraiment puisque nous savons que notre mission consistera, entre autre, à restructurer l’équipe des intervenants du centre…

De Jolies pommes d’anacarde (noix de cajou) sont à maturité sur nos jeunes anacardiers, février est la saison des récoltes.

Il faudra surélever et bétonner la base de la clôture qui entoure le jardin car les cochons des voisins passent la nuit sous notre grillage pour se bâfrer de nos cultures…

 

Elevage

Hormis quelques problèmes de cohabitation avec les pintades qui attaquent les poules quand elles ont de jeunes poussins (nous allons installer un parc pour les isoler), les volailles sont en bonne santé. Les pigeons ont pris leurs quartiers dans leurs cases placées sous la charpente de la bergerie, ce qui les met hors de portés des volailles de basse-cour. Dans un premier temps, nous les avions amputés de quelques plumes, le temps qu’ils s’habituent au site (sinon le pigeon rentre d’instinct d’où il vient) et au sol, ils étaient attaqués par les poulets… Le problème est désormais résolu et ceux qui naitront chez nous y resteront.

Nos bovins (un taurillon et deux génisses) indistinctement nommés « bœufs » en Afrique tiennent la forme et se gavent de tiges de mil avec notre célèbre âne « pompon » (à qui il faudra trouver femelle…). Il conviendra juste de monter 4 rangs de BLT (briques de latérite taillées) sous la clôture qui entoure l’étable car nos bœufs tentent parfois quelques sorties non autorisées…

Ovins. Les moutons sont en bonne santé. Le cheptel s’accroit, de belles brebis et un magnifique bélier bien rustique, comme on en voit chez les Peulhs. Nous avons juste perdu un agneau (probablement piqué par un serpent).

Caprins. Nos chèvres donnent régulièrement naissance à de jolis chevreaux (2 adorables petiots de 10 jours jouaient avec leur mère…).

 

Bibliothèque

Chantal (une de nos anciennes élèves) y tient fièrement son poste. 96 inscrits lors de notre arrivée. Comme nous l’avions demandé les horaires et jours d’ouverture sont clairement affichés (mardi, jeudi, samedi de 8h à 17h30) même s’Il faut encore « expliquer » à ceux qui se présentent n’importe quand (habitudes locales)… Un ordinateur trône sur la table avec un fichier répertoire des titres de nos romans africains (bon début)… Chantal est également en charge des filles internes avec qui elle partage la chambre. Nous avons officialisé son embauche par un contrat.

 

Infrastructures

La construction de la porcherie avance. Le chantier avait largement tardé car Pascal, notre maçon habituel avait un autre chantier… Dan un premier temps Ousmane a recruté un nouveau maçon. Quand nous sommes arrivés, un groupe d’élèves travaillait avec lui. Quelques jours plus tard, Pascal est revenu, nous avons commandé les portes et relancé les travaux d’achèvement (finitions d’ouvertures, mangeoires, dalle)… Francis est passé mi-mars, les travaux sont quasi terminés et selon lui, grâce à la ventilation induite par la conception de la toiture, le lieu est des plus agréables par fortes chaleurs. On devrait pouvoir acheter les truies lors de notre prochaine mission prévue en juin.

Dans la réserve alimentaire des portes ont été aménagées pour fermer les étagères afin de protéger les petites denrées et la vaisselle de la poussière et mettre à l’abri les rations élaborées le matin pour le repas du soir des internes.

Dans le dortoir des garçons, les élèves ont bricolé des rideaux de fortune pour se protéger des moustiques, le grillage moustiquaire installé aux fenêtres n’étant pas totalement efficace. Nous avons pris les mesures pour poser des voiles moustiquaires qui permettront probablement de moins suffoquer pendant les grandes chaleurs…

 

Condoléances

Ayant appris le décès d’Edouard Kabré (celui par qui nous avions pu avoir le terrain pour y implanter notre centre), nous avons convenu, en respect des traditions, d’aller avec Mokhtar (notre inévitable intermédiaire) saluer coutumièrement la famille… Les chefs de quartier étaient là. Mokhtar a remis pour nous une enveloppe (avec un billet). Echange d’amabilités et salutations en tous genres, nous nous sommes levés 4 ou 5 fois pour nous serrer les mains et nous confondre en congratulations mutuelles. Le frère ainé (même père, même mère) d’Edouard était là… C’était juste par amitié… c’était juste vous remercier… Nous avons « demandé la route » sans trop faire durer la séance…

 

Restructuration

Le Contrat à Durée Déterminée de Paré (un de nos formateurs) arrivait à échéance à la fin du mois de février, nous lui avons fait savoir qu’il ne serait pas reconduit. Les formateurs ne s’investissent plus autant qu’il le faudrait avec les élèves, lors des travaux pratiques. Le degré d’instructions semblant malheureusement inversement compatible avec le travail manuel nécessaire sur le terrain… Nous compterons plus à l’avenir sur les ouvriers paysans que sur les techniciens espérant ainsi gagner en efficacité. Bado (plus ancien) assurera pour cette fin d’année scolaire les cours théoriques.

Nous allons remanier les programmes en les allégeant de tout ce qui semble peu utile et trop compliqué pour gagner en compétence plus concrète, dont nos élèves ont besoin en renforçant les travaux pratiques, avec de nouveaux intervenants.

Dans cette optique, nous avons recruté Saydou pour une période d’essai. Saydou Nikiema habite le village de Koukoulou, il est marié et a 2 enfants (une fille de 3 ans et un garçon de 9 mois). Il n’a pas suivi d’études poussées en agriculture, mais il s’exprime correctement en français et s’est formé en maraîchage sur le terrain. Il loue une parcelle à la sortie de son village et y produit des légumes qu’il va ensuite vendre au marché. Au fin fond de nulle part et avec des problèmes d’eau, il a un jardin très honorable avec actuellement des oignons, des aubergines locales et des tomates… Nous lui avons bien expliqué ce que nous attendions de lui… Un travail sur le terrain avec nos élèves dans une démarche de « faire avec » et en restant loger au centre pour « vivre avec » et partager avec nos internes, les réalités d’une exploitation qui ne s’intègrent pas nécessairement dans les horaires d’un emploi du temps… Seydou est un grand gaillard un peu réservé (normal au début quand on discute avec les blancs) qui nous (Ousmane et nous) a fait bonne impression et qui est intéressé par notre proposition. En son absence son petit frère peut s’occuper de ses chèvres et de son jardin et il est convenu qu’il rentre chez lui tous les 6 jours (pour faire un marché sur 2 avec son frère et lui passer les consignes)…

 

Suivi de nos anciens élèves

Le suivi des élèves des promotions sorties du centre est assuré par Ousmane. Ils sont visités là où ils se sont installés pour développer leurs activités et peuvent appeler à chaque fois qu’ils le souhaitent pour un conseil. A chacune de nos missions, nous en profitons pour en retrouver quelques uns et voir comment ils évoluent…

Joseph travaille au village pour le compte d’un propriétaire de moulin. C’est son petit frère (actuellement scolarisé au centre) qui s’occupe de son élevage de poules et du jardin.

Marie-Madeleine travaille dans une boutique d’accessoires de téléphone, elle s’y fait exploiter 7 jours sur 7 de 6h du matin à 21h le soir pour un salaire mensuel de 5.000 fcfa (7,5 €) !!!... Chez elle, elle a commencé un élevage de porcs et a construit une petite porcherie. Elle a 1 grosse femelle et 3 petites (son mâle est mort). C’est sa petite sœur et sa maman qui s’occupent de son élevage en son absence.

Malik a repris le collège et est actuellement en classe de 4ème

Ouahabo (celui qui a été amputé d’un bras après avoir été fauché par un car…) a repris son élevage de poulets (après s’être fait voler une partie de ses volailles) et travaille également dans un kiosque d’accessoires téléphone sur le marché.

Adama est dans une phase d’investissement… Il a vendu ses 5 porcs. De juin à fin décembre, il a été engagé sur une mission d’enquête auprès des producteurs de Kokologho et de Sabou pour le compte des services de l’Agriculture. Ce travail (très bien rémunéré) l’a occupé 2 jours par semaine sur 6 mois. Dernièrement, il vient d’obtenir une nouvelle enquête (très bien rémunérée également) de 15 jours pour le compte de l’Université de Bobodioulasso. Il a encore un champ de tomates. Adama a terminé la construction d’un nouveau poulailler dans lequel il a 5 poules et 20 poussins. La construction d’une porcherie est en cours et nous avons également vu les briques et les élévations de sa future maison. Adama s’est toujours bien débrouillé et a de vraies compétences.

Bernardin a commencé un élevage de porcs. Il a 1 mâle et 2 femelles. Une des femelles a eu 3 petits, mais ils n’ont pas survécu. Pour la nourriture, il achète du son, qu’il mélange aux déchets du dolo (bière de mil) que sa maman prépare. Il a également 3 canards et a commencé la construction d’un poulailler (Ousmane a critiqué le toit et lui a conseillé d’aller voir celui de Monique). Il a également un bœuf que sa sœur (qui travaille à la capitale) lui a acheté.

Emmanuel a actuellement 3 « chèvres » (2 femelles et 1 mâle) qui n’ont pas encore eu de petits. Il leur a bricolé un abri rudimentaire ce qui posera problème au prochain hivernage (les chèvres ne supportent pas la pluie…). Il est installé chez sa maman… la famille est en location et il est difficile, dans ces conditions, d’investir dans une construction que l’on pourrait ne pas pouvoir garder… Ousmane et Emmanuel doivent se revoir pour tenter de trouver une solution…

Son frère Joël, un élève « atypique » de notre première promotion, parti sans donner de nouvelles… tiendrait un maquis près de la frontière Malienne…

Issaka « suit une formation » chez un tailleur au marché. Il nous a conduits chez lui. Issaka a commencé un élevage de poulets. Il a 14 poules et 1 coq. Il a débuté son activité en juillet dernier et sait qu’il faut recommencer la vaccination de ses poules tous les 6 mois. Il a construit son poulailler et un abri pour rentrer sa chèvre le soir.

A la périphérie de Ouaga, nous avons rendu visite à Raïssa (une des filles, orpheline de père, qui nous avaient été confiée par l’ANERSER,). Elle habite dans le quartier Pissy. Raïssa a construit son poulailler. Elle a commencé avec 10 poules dont 3 seulement ont survécu alors qu’elles étaient vaccinées… Elle a également 4 pigeons. Elle achète du son et du mil pour nourrir ses volailles. Nous lui avons remis solde de son allocation d’installation pour continuer ses activités. Avec cet argent, elle va racheter des poules et refera vacciner les anciennes avec les nouvelles…

Sibiri habite un village assez éloigné en brousse, que nous ne pouvons atteindre que par la piste après un assez long trajet. C’est toujours un plaisir d’aller chez lui. En arrivant nous l’avons trouvé à son moulin où régnait une grande activité (jour de marché) il était seul et avait beaucoup de travail… Dès qu’il a pu trouver un remplaçant, nous sommes allés faire le point avec lui. Il a vendu ses canards qui dévoraient les œufs et ses poussins… Il a toujours une cinquantaine de poulets, 4 moutons (2 mâles et 2 femelles), 6 chèvres (2 mâles et 4 femelles), une soixantaine de pintades (des voleurs en prélèvent régulièrement une partie pendant que la famille travaille au marché…), 1 « bœuf femelle ». Le matin Sibiri confectionne les briques nécessaires à ses constructions et vers midi, il va « écraser » à son moulin. Les jours de marché (tous les 3 jours), il est au moulin toute la journée. Il a consacré tous les bénéfices de son moulin en achat de carburant. La barrique de gasoil sera 50% plus cher en saison pluvieuse (compte tenu des difficultés d’acheminement), il a acheté 7 barriques et pourra ainsi tenir la saison… Malin le p’tit gars !... C’est toujours quand nous sommes seuls sur le plateau du pick-up que Sibiri dévoile ses plans… Son intention est de quitter la cour de son papa, afin de dissocier ses activités de celles de la famille, de tout regrouper au même endroit autour de son moulin, de profiter d’une meilleure visibilité pour les « affaires » et de ne pas rester dans un endroit reculé… Pour le moment, il n’a pas informé officiellement son père, mais ce dernier comprendra et ne fera pas de problème… Il doit encore préciser les choses avec « le vieux » (de la famille) actuellement propriétaire de la parcelle, quitte à lui acheter… mais il a déjà plus ou moins l’autorisation de s’installer… Dès qu’il aura retrouvé un aide au moulin (ce qui ne saurait tarder, des discussions sont en cours…) Il reconstruira son poulailler avec ses briques, récupèrera ses tôles pour le toit, installera le grillage et la porte que nous lui avions financés en novembre dernier. Puis il fera les élévations de sa bergerie et quand il en sera là, nous lui avons promis de lui acheter les tôles… Nous lui avons parlé des activités des caisses populaires et des microcrédits, mais il semblerait qu’il n’y en ait pas dans son bout du monde… Nous retravaillerons la question plus tard…

Au fin fond de la piste de Pitmoaga nous sommes allés rendre visite à Judicaëlle. En chemin nous avons dépassé notre fille qui rentrait chez elle en charrette avec son âne et une petite sœur dans les bras… 

Nous connaissions son papa, éleveur, que nous avions déjà visité. Judicaëlle a terminé première de sa promotion. C’est une fille du terrain, soutenue par son père… Espérons que ça puisse durer le jour où elle trouvera mari… Elle nous a présenté son cahier, ses bulletins, le Certificat de Qualification Professionnelle  que nous délivrons à la sortie de promo pour valider notre formation, signé par le Directeur Régional de l’Agriculture et de la sécurité Alimentaire. Elle a commencé un élevage de volaille et a construit son poulailler. Dans la famille on a une méthode de vaccination traditionnelle (restons humbles et n’insistons pas, son papa en connait plus que nous en la matière) Nous lui avons remis le solde de la dotation d’installation… Avec ça elle va commencer un élevage de chèvres.

 

Dotation en aliment pour nos ruminants

Nous avons repris contact avec les services des ressources animales où nous espérions pouvoir accéder comme l’an dernier à une dotation de nourriture pour notre cheptel (à tarif subventionné) pour passer la période difficile, lors de la prochaine sécheresse… Inutile de vous décrire toutes les démarches, de bureaux en bureaux, qu’il nous a fallu accomplir pour pouvoir bénéficier de quelques sacs sur la dotation du département de Kokologho…

 

Goutte à goutte

Lors d’une visite à l’orphelinat de Réo, (créé par notre amie Françoise), nous avons vu fonctionner un équipement d’arrosage en goutte à goutte intéressant. L’installateur, présent ce jour là, assurait une formation auprès des utilisateurs. Nous avons gardé ses coordonnées pour équiper d’un système équivalent une partie de notre périmètre maraîcher à Kokologho. Barbara nous ayant adressé un don ciblé pour ce projet (merci Barbara) nous installerons le système en fin de saison des pluies.

 

Nos contacts avec les structures locales

Nous sommes allés visiter une structure d’accueil, d’écoute, d’hébergement et de réinsertion d’enfants des rues dans un quartier de Ouaga. Centre Kam Zaka, de l’association Enfance en péril. Nous avions communiqué par mail et Ousmane avait déjà emmené quelques éducateurs visiter notre centre à Kokologho. Pour nous il s’agissait d’une prise de contact-présentation pour comprendre leur démarche et envisager une sorte de partenariat en proposant un accueil gratuit dans notre centre aux jeunes qui seraient intéressés par une formation agricole. La structure a été mise en place sur fonds privés en 2002. Encadrement solide (équipe éducative 6) capacité d’accueil 60. Actuellement 20 jeunes (8-15 ans), tous des garçons. Après une période de stabilisation de 3 mois, les jeunes ont la possibilité d’être hébergés au centre s’ils acceptent d’être scolarisés (grande majorité) ou s’ils entrent en formation professionnelle. L’objectif à plus ou moins long terme est le retour en famille (au sens large) dès que la stabilisation le permet. Très intéressant… Lors d’une seconde visite, nous avons apporté quelques livres pour leur bibliothèque. Vifs remerciements…

Nous sommes également allés à la grande ferme-école Tond Tenga, spécialisée en agriculture Bio  à Balkouy (à la sortie de Ouaga sur la route de Po). Impressionnante structure sur financement de la coopération Luxembourgeoise qui accueille 90 jeunes de 15 à 25 ans pour une formation Environnement-Elevage-Maraîchage en 2 ans. Cours théorique et travaux pratiques. Jardin expérimental, travail sur semis, pépinières et bouturage, semences importées. Elevage de poules pondeuses, poulets de chair, (arrêt agoutis) lapins, superbes bovins Azawak et Goudali, chèvres et moutons de race, Tortues, porcs, chevaux. Superbes installations, bio gaz, récupération et stockage des pluviales… Une belle leçon, mais des moyens financiers exceptionnels…

 

Démarches en vue de l’autofinancement du centre

Nous avons sollicité Odette (chef de zone d’appui technique pour les services de l’agriculture à Kokologho) et lui avons expliqué notre démarche de restructuration. Nous avons évoqué avec elle différentes questions : Son passage régulier au centre pour y apporter ses conseils ; Introduire ; pour nous auprès de la Direction Régionale,  une demande d’affectation d’un agent de l’agriculture au centre ; Nous aider à reconsidérer notre programme d’enseignement. Odette connait bien son travail et est intelligente. Nous nous sommes parfaitement entendus. Nous avons ensemble fait le tour de l’exploitation (qu’elle connaissait déjà),  lui avons présenté Ousmane et Seydou.

Nous avons également pris des renseignements sur les procédures locales de certification Bio auprès des agents du bureau Ecocert Burkina. Reçus par un inspecteur, nous avons obtenu des explications claires et précises à chacune de nos questions. Obligation de certification pour un exportateur et procédure à suivre pour l’obtenir. Renseignements sur les modalités de certification d’une parcelle et d’une unité de transformation.

 

Nouvelles de nos filleuls et amis

Lors de notre déplacement à Réo, Nous avons récupéré Sayouba (que nous avons accompagné du Brevet à la Licence). Il a passé la journée avec nous. Sa formation de Professeur de Lettres (après la maitrise) a lieu au sein de l’Université de Koudougou. Des problèmes de salles font qu’il a cours 1 semaine sur 2… Il était donc disponible. Formation (rémunérée) en 2 ans théorique cette année, puis en face à face l’an prochain.

Sayouba est bien dans sa peau. Son remplacement de 2 mois en collège lui a vraiment fait découvrir sa voie. Par ailleurs il a été très apprécié, le Proviseur lui proposait un poste à la rentrée et lui a fait corriger le Brevet, ce que certains titulaires attendent longtemps...

Son amie Honorine est titulaire de son poste d’Institutrice près de Sabou. Elle a fait l’ENEP après le Bac. En principe avenir sympathique et assuré pour eux…

Nous avons croisé Moussa que nous n’avions pas vu depuis longtemps (celui que nous avions aidé pour une formation en aviculture et mise en place d’un élevage de poulets). Moussa porte sur lui toute la misère du monde. Depuis que nous l’avons un peu perdu de vue, sa petite sœur et son papa sont décédés… Lui a passé plusieurs mois à l’hôpital après une opération de 4 dents qui a développé des infections internes et externes… il avait le visage enveloppé dans un tissus, tuméfié et purulent sur un coté, pas d’argent pour acheter des antibiotiques… « Si je ne suis pas mort, c’est que la nature a besoin de moi » dit-il… Nous lui avons donné des antibiotiques, son état s’est bien amélioré, ce qui nous a évidemment valu de très chaleureux remerciements…

Abdoulaye est actuellement en 2ème année de mécanique générale. Il est assez nul dans le bloc d’enseignement général, mais compense presque avec les matières techniques. A un moment il a eu quelques problèmes de discipline et Ousmane lui a « remonté les bretelles » après avoir vu le surveillant. Le problème est désormais réglé. Nous avons quand même demandé quelques explications à Abdoulaye et selon sa version, il a fait la bagarre avec des plus petits qui se moquaient de sa boiterie… Il semblerait qu’une formation au permis soit organisée au sein de l’école. Nous avons chargé Ousmane de prendre les renseignements car les informations d’Abdoulaye ne sont pas toujours fiables…

Au village artisanal, nous avons pris auprès d’Alouda des nouvelles de la famille… les refugiés du Mali sont toujours au camp… leur retour au pays est  en cours d’organisation (ce qu’il nous avait déjà dit en novembre…).

 

Expovente

Dès maintenant, nous vous indiquons que notre prochaine expo vente aura lieu dans les locaux du JSCPO, 66 rue d’Assas, 75006 Paris (entrer par le porche du 68 et entrer dans la cour de droite), le week-end du 14 et 15 juin 2014. Nous comptons sur votre visite pour nous encourager, ce sera l’occasion de penser aux cadeaux de la fête des pères et aux tenues colorées de l’été...

 

Appel au « Parrainage » des élèves que nous formons

Chaque élève nous coûte en moyenne 450 €uros pour l’année (salaire des formateurs, frais alimentaires, activités agricoles au centre). Nous avons fait le nécessaire auprès de notre banque et proposons la mise en place d’un prélèvement Demander une Autorisation de Prélèvement. Pour vous convaincre, en tenant compte des mesures légales permettant la défiscalisation, un prélèvement mensuel de 37,50 €uros représente un effort réel de 50 centimes par jour et permet la prise en charge d’un élève… Sur cette base, nous avons lancé un appel auprès de tous ceux (personne physique ou morale) qui, parmi vous, pouvaient nous aider à assumer cette dépense. Nous remercions vivement ceux qui ont répondu. Grâce à eux nous avons une vingtaine d’élèves pris en charge, mais nous continuons notre appel, dans l’espoir de faire parrainer tous nos élèves, ce qui nous permettrait de consacrer les fonds de l’association aux nécessaires investissements sans avoir à se soucier du fonctionnement… Dans la mesure du possible, nous avons une préférence pour les autorisations de prélèvements qui assurent une trésorerie régulière…

Nous vous précisons que nous avons fait valider par l’administration des finances publiques que notre association répondait bien aux critères définis aux articles 200 et 238 bis du code Général des Impôts par demande de rescrit fiscal selon l’article L80 C du Livre des procédures fiscales. Les reçus que nous délivrons sont conformes.

 

Notre prochaine mission au Burkina Faso est prévue du 17 juin au 1er juillet 2014. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de l’évolution des projets.

 

Appel à la générosité

pour nous aider

Soyons clairs, pour continuer nos actions, nous avons besoin d’argent… Si vous n’avez pas répondu à notre appel à parrainage, nous comptons sur vous pour mettre la main à la poche et nous envoyer un don (les petits ruisseaux font les grandes rivières…). Bien entendu, nous vous retournerons les certificats officiels permettant la défiscalisation de votre versement conformément à la législation en vigueur.  Pour un particulier, Un don de 50 €uros par exemple ne coûte en réalité que 17 €uros... Evidemment, toute mise en relation avec d’éventuels sponsors et autres sources de subventions nous seront très utiles.