RAPPORT DE LA MISSION EFFECTUEE PAR

CATHY PERNOT et PHILOU BEAUCHAMPS

au BURKINA-FASO

du 14 au 27 février 2009

 

 

Kokologho, à 45 kms de Ouagadougou sur la route de Bobodioulasso (N.12°11'020’’ ; W.1°53'034’’).

En préambule, nous avons une bonne nouvelle à vous annoncer. Pour mener à bien cet ambitieux projet, nous recherchions (et cherchons encore) des partenaires pour nous aider au financement… Fin 2008, nous avions déposé un dossier auprès de la Fondation Veolia… En date du 26 janvier 2009, le comité de sélection a émis un avis favorable pour soutenir notre projet, la subvention obtenue nous permettra de construire un bâtiment scolaire dès cette année.

Nos jeunes pensionnaires issus de la rue, sélectionnés un peu rapidement dans l’enthousiasme de l’ouverture de notre structure, ont profité de la gentillesse de notre animateur pour prendre de mauvaises habitudes. Face à cette situation il fallait un message clair et un signal fort. En accord avec nos partenaires de l’ANERSER (légalement responsables), nous avons décidé de suspendre l’accueil organisé sur le centre depuis Toussaint 2008 avec mission pour l’équipe éducative de reprendre avec chaque jeune son projet de vie, en retournant au centre de Ouagadougou, avant d’être réorienté selon son propre choix.

A la lumière de ce bilan sur les trois premiers mois de fonctionnement, nous avons été amenés à reconsidérer le projet, préciser les choses et réfléchir à la mise en place d’un accueil différent, pour gagner en efficacité.

Dans un premier temps le bâtiment scolaire va être construit, ce qui permettra de proposer aux villageois des activités d’alphabétisation et un Centre de Formation Agricole dès la rentrée prochaine. Nous pourrons y recevoir quelques internes issus de milieux ruraux et y intégrer progressivement quelques jeunes à risques issus de la rue.

Nous nous implanterons ainsi plus facilement dans le village, en développant nos relations avec la population.

Un gardien sélectionné parmi les ouvriers qui participeront au chantier de construction a été recruté. Nous avons également engagé un jardinier du village pour continuer le maraîchage et entretenir nos plantations d’arbres. Les animaux en divagation sur notre terrain dévorant les jeunes pousses, nous allons progressivement construire un mur de clôture.

Dans la mesure où nous n’avons finalement pas pu nous entendre avec le propriétaire des grands arbres de la partie de notre terrain proche du bas-fond (qui prétendait que nous étions propriétaires du terrain mais pas de ses arbres et qui évidemment voulait nous les vendre un prix exorbitant…), nous avons préféré, devant les responsables coutumiers, retirer la zone concernée de notre domaine. Il nous reste encore environ 6 hectares, ce qui est largement suffisant.

 

 

Groupement « Nabons Wende », Quartier de Tanghin (Ouagadougou, Kadiogo)

Avec Pélagie, la Présidente, nous avons fait le point sur les activités du groupement et de la permanence.

Caisse populaire. La caisse, créée et tenue par les femmes du groupement se développe et gagne en sérieux et en organisation. Toutes les femmes qui y travaillent maitrisent maintenant l’informatique et suivent l’évolution des informations sur documents papier et sur PC. 1233 comptes ont déjà été ouverts.

Bibliothèque. Une nouvelle bibliothécaire a été recrutée. Elle a le niveau de la classe de 3ème ce qui permet d’espérer une compréhension et une adaptation convenable à son poste. Elle a commencé le recensement des livres sur fichier Excel. Il va falloir travailler la cohérence des saisies, mais on est sur la bonne voie. 641 livres ont été ajoutés aux 5649 précédents, ce qui porte le fonds à 6290 ouvrages. Nous en sommes à 207 abonnés. La cotisation annuelle a été réactualisée et un système de pénalités est testé pour éventuel non respect des délais d’emprunts.

Moulin à farine. Le précédent meunier détournait de l’argent !... Il s’était acheté une moto sur le dos du groupement… On passera sur les détails de l’enquête et de l’intervention de la police, le brave homme a avoué. La moto a été remise au groupement et le remboursement de la dette est en cours.

L’histoire aura au moins été bénéfique au niveau de la rencontre avec le Procureur qui a également donné son aval pour faire intervenir la police, en cas de besoin, pour recouvrir les dettes des éventuels mauvais payeurs dans le cadre des contrats de microcrédits, consentis à la caisse populaire. Un nouveau meunier est en poste depuis 2 mois. Pour le moment tout se passe bien.

Maquis (buvette-restau). La stabilité est difficile à trouver sur cette activité. Actuellement un nouveau gestionnaire qui semble dynamique est en place. Il a déjà organisé une kermesse qui a effectivement mis de l’animation au centre, mais il y a eu de la casse et de la perte… le loyer convenu tient compte des faibles recettes pendant la période de redémarrage.

Savonnerie et beurre de Karité. L’activité est intéressante et rentable. On progresse en qualité, on gagne régulièrement de nouveaux marchés et on met en place les contrôles nécessaires. Actuellement deux femmes sont en charge de la production. La formation de nouvelles femmes est prévue.

Ramassage des ordures ménagères. Trois femmes vivent de cette activité qui devient très rentable. De nouvelles concessions sont acquises régulièrement. L’autocontrôle fonctionne au sein de l’équipe, les bénéfices sont répartis entre les femmes et le groupement, actuellement les femmes arrivent à gagner le SMIC (pas grand-chose au Burkina, mais c’est déjà bien…) Activité intéressante à tous niveaux.

Alphabétisation. Cette activité que nous avions mise en place avec le groupement s’est bien développée. Le groupement a obtenu un agrément du FONAEF (FOnds NAtional pour l’Education des Filles) qui devient partenaire. Une convention a été mise en place. Le contrat prévoit le financement de l’ouverture de 10 centres avec progression de 10 nouveaux centres, chaque année… (10 centres de 30 apprenants pour une formation de 2 mois à raison de 5 heures par jour). Nous avons assisté à la formation des animateurs par un cadre de la DPEBA (Direction Provinciale de l’Enseignement de Base).

L’activité couture n’a plus lieu au centre, un artisan loue le matériel.

L’atelier informatique a été arrêté. Un partenariat avec un privé pour la mise en place d’un cyber est à l’étude.

 

 

Centre de Formation Agricole et Artisanale de Tangaye (20 kms de Ouahigouya, Yatenga ; 200 kms au nord de Ouagadougou) (N.13°32'175’’ ; W.2°33'133’’).

Nous soutenons ce centre qui propose une formation (en 3 ans) aux jeunes qui n’ont pas obtenu le Certificat d’Etudes, pour les aider à créer leur activité professionnelle (culture céréalière, maraîchage, élevage, menuiserie, soudure, électricité, maçonnerie, couture, cuisine…), et donne à la fin de la formation, à chacun, des moyens matériels pour débuter l’activité choisie dans son village.

Cette année, nous avons renouvelé notre participation au financement de l’alphabétisation (en français) des adultes en prenant en charge une partie de la rémunération de l’enseignant, les frais de carburant nécessaires à la production de l’éclairage des salles de classe et les livres. Les cours sont assurés deux heures par jour et cinq jours par semaine de décembre à mai.

Pour aider le centre dans sa démarche vers  l’autonomie, nous avons également financé tous les intrants nécessaires à l’actuelle campagne maraîchère de la parcelle située à proximité du barrage de Namsiguia. Quand nous nous sommes rendus sur place, les oignons et les tomates poussaient bien. Notre motopompe était en panne, mais les élèves, avec leur formateur devaient régler le problème rapidement.

Un groupe d’élèves ingénieurs en électricité de Toulon nous a proposé de venir l’été prochain pour contribuer à la construction d’un bassin et à l’irrigation de la parcelle. Nous en avons parlé avec le directeur sur place et avons répondu aux responsables du bureau des élèves que leur soutien serait bienvenu. Dans la réorganisation du CFA, cette parcelle située le long du barrage, sera destinée aux élèves ayant terminé leur formation et leur permettra de démarrer leur propre activité.

Nous avons également profité de notre passage pour vérifier la faisabilité d’un bouli (réservoir de stockage des eaux de ruissellement) sur la parcelle de Tangaye. Les eaux qui s’écoulent en abondance sur le terrain du CFA en saison pluvieuse pourront être stockées dans un bassin et seront ensuite utilisées pour l’arrosage des productions maraîchères mises en œuvre en saison sèche. Toute une zone de terrain du CFA actuellement inexploitable deviendra ainsi fertile. Les activités de culture maraîchère développées par les jeunes en formation seront ainsi recentrées sur le centre de Tangaye. Le projet étant onéreux, une recherche de partenaires est actuellement en cours et centralisée par Jacqueline de JEREMI Dijon. De bons contacts ont déjà été établis et nous avons espoir. A notre niveau, nous lui avons confirmé notre  vif intérêt pour cette réalisation et avons proposé de participer à hauteur de 20% du financement de ce projet.

 

Groupement « Qui bae-la bumbu » Ouahigouya, 180 kms au nord de Ouagadougou

Nous n’avons pas organisé de rencontre avec les femmes du groupement. Nous nous sommes seulement assurés que les activités des bénéficiaires de microcrédits fonctionnaient bien.

Au niveau de l’élevage, notre suggestion d’embouche de brebis et non de moutons (bien que de moindre valeur dans un premier temps) a permis d’obtenir de bons résultats. Toutes les femmes qui ont essayé ont eu la chance d’avoir des agneaux (mâles et femelles) ce qui, à plus long terme certes, se révèle d’un meilleur rendement.

 

Nimpouya (région de Ouahigouya)

C’est avec toujours autant de plaisir que nous retrouvons ce groupement villageois. Leur volonté de réussir et leur accueil nous donne à chaque fois envie de leur venir en aide.

Le dossier concernant un forage que nous les avions aidés à déposer devrait enfin aboutir cette année, la réalisation est programmée pour les prochains mois…

Par ailleurs, nous avons commandé à un puisatier la réparation et consolidation d’un puits qui, de mémoire d’ancien, ne s’est jamais tari. La zone de maraîchage a été déplacée à proximité de ce point d’eau.

 

Lycée privé Benaia, Pamnonghin (une quarantaine de kilomètres de Ouagadougou sur la route du Ghana)

Le collège, créé par notre ami Sougriyidé (qui vient d’accepter la fonction officielle de représentant pour notre ONG au Burkina) a finalement pu ouvrir ses portes et recevoir les premiers élèves d’une classe de 6° fin novembre 2008. Nous avions réservé une partie des livres de notre dernier envoi pour constituer le fonds de départ de la bibliothèque. Nous avons pu participer à une réunion avec les enseignants. Malgré les difficultés liées à la rentrée tardive, l’équipe pédagogique nous est apparue très sérieuse et motivée.

 

Parrainage scolaire

Sayouba, notre « filleul » travaille toujours avec autant d’ardeur. Les choses se compliquent à l’approche du bac, mais les résultats obtenus au premier trimestre permettent d’espérer. Nous lui avons remis ce dont il a besoin pour couvrir ses frais de fonctionnement jusqu’à notre prochain séjour.

Sur place il nous accompagne dans les rencontres que nous organisons en brousse et nous apporte un soutien précieux quand il faut nous expliquer en langue locale. Il nous tient également régulièrement informé par internet.

 

Microcrédit

Bien que nos actions d’aide au développement concernent prioritairement des groupements ou des structures collectives, nous acceptons, dans certains cas précis, d’accorder un microcrédit à un individu, à condition que ce financement favorise la mise en œuvre ou le développement d’une activité rémunératrice permettant au bénéficiaire de subvenir aux besoins de sa famille.

Au cours de ce séjour, nous avons décidé d’accorder une aide à un père de famille que nous connaissons bien. Il a ouvert une petite buvette il y a quelques années, ce qui lui a permis de financer les études de ses enfants. Le crédit lui permettra de faire l’acquisition d’un réfrigérateur, d’embaucher un cuisinier et de prolonger ses heures d’ouverture en soirée pour augmenter ses recettes. Le prêt a été accordé sans intérêt et sera remboursé en 18 mois.

 

Collecte

Nous prévoyons d’effectuer un nouvel envoi de matériel. Nous recherchons surtout des vêtements, des livres d’auteurs africains, des livres en anglais et des manuels scolaires. Les téléphones portables et les lunettes nous intéressent également. Nous précisons que nous ne pouvons accepter que ce qui est en très bon état. Si vous souhaitez nous déposer des choses, vous pouvez nous contacter par mail à philou@associationvsd.com  et venir dans nos locaux du 16 rue du mail, 75002 Paris. Le matériel pourra être déposé jusqu’à l’été.

Expo vente

Dès maintenant, nous vous indiquons que notre prochaine expo vente aura lieu dans les locaux du Cours Lafayette, 16 rue du Mail, 75002 Paris, le week-end du 6 et 7 juin 2009. Nous comptons sur votre visite pour nous encourager, ce sera l’occasion de penser aux cadeaux de la fête des mères et aux tenues colorées de l’été...

Appel à la générosité pour nous aider

Soyons clairs, pour continuer nos actions, nous avons besoin d’argent… Nous comptons sur vous pour mettre la main à la poche et nous envoyer un don (les petits ruisseaux font les grandes rivières…). Bien entendu, nous vous retournerons les certificats officiels permettant la défiscalisation de votre versement conformément à la législation en vigueur.  Pour un particulier, Un don de 50 €uros par exemple ne coûte en réalité que 17 €uros et permet de subvenir aux besoins d’un jeune pendant 1 mois !... Si vous êtes concernés par les mesures spécifiques à l’ISF, encore plus favorables en terme de défiscalisation, vous pouvez également nous contacter

Evidemment, toute mise en relation avec d’éventuels sponsors et autres sources de subventions nous seront également très utiles.