RAPPORT DE LA MISSION EFFECTUEE PAR

Philou BEAUCHAMPS et Francis LEAL

Du 13 au 21 février 2015

Au BURKINA-FASO,

 

Kokologho, à 45 km de Ouagadougou sur la route de Bobodioulasso.

(N.12°11'020’’ ; W.1°53'034’’).

Les habitués le savent (et peuvent passer au paragraphe suivant…), nous consacrons actuellement l’essentiel de notre énergie au suivi et au développement du Centre de Formation en Agriculture « Teed Beoogo » (espoir d’un lendemain meilleur en Moré, langue des Mossis) que nous avons créé à Kokologho. Une formation agro-sylvo-pastorale écologique, en deux années, y est proposée à des jeunes d’un faible niveau scolaire, capables toutefois de suivre un enseignement en français. L’objectif en fin de cycle, est de leur permettre de s’installer en milieu rural avec les compétences nécessaires pour mettre en œuvre une activité rémunératrice et faire vivre une famille. Une remise à niveau en enseignement général est également dispensée pour qu’ils puissent être en mesure de comprendre et d’assumer le fonctionnement d’une petite exploitation,  pour pouvoir s’intégrer convenablement dans le milieu social et accomplir quelques démarches administratives de base. Selon leur niveau, les élèves qui le souhaitent  sont présentés aux examens nationaux. L’établissement est mixte, en demi-pension ou internat.

Nos élèves sont (pour la grande majorité d’entre eux qui vient de loin) logés et évidemment tous nourris gratuitement, formés pendant 2 ou 3 ans et bénéficient à leur sortie d’une allocation de départ qui leur permet de commencer une première activité au sein de leur exploitation.

 

Bilan du traditionnel « tour du propriétaire »

Les retrouvailles et échanges à bâtons rompus avec l’équipe locale et les élèves témoignent d’une bien meilleure ambiance au centre depuis la mise en place de la nouvelle organisation.

Les formateurs (agents locaux) sont motivés, leur hiérarchie s’implique en venant régulièrement voir ce qu’ils font sur le terrain et la relation avec les élèves est positive.

Adama (un élève de notre première promotion) vient d’être recruté pour gonfler les rangs de l’équipe de formation en appui pour les travaux pratiques de maraichage et d’élevage (notamment porcin,  son collègue Saydou… musulman « wahhabite » n’entrant pas dans la porcherie).

Au jardin… Pour chaque culture emblavée, les parcelles sont divisées et confiées nominativement à chacun de nos élèves. La parcelle qui lui a été attribuée est sous sa responsabilité du début à la fin… C’est lui (elle) qui prépare le sol, l’amende, ensemence (ou prépare les pépinières), arrose… et il est noté sur son travail pratique… Ce qui évidemment donne des résultats exceptionnels… A notre arrivée, il y avait des oignons, des concombres et divers semis en cours.

Une nouvelle technique de compostage par fermentation sous bâche plastique est expérimentée. Avec un arrosage régulier et un retournement hebdomadaire, on obtient un engrais organique en temps record…

Les arbres fruitiers et arbustes sont toujours bien entretenus. Février c’est la saison des anacardes (noix de cajou). Cette année, toutes les noix sont destinées à être  replantées.

 

Elevage… Les animaux étaient en pleine forme.

A la porcherie notre verrat excité par sa puberté s’intéressait aux 2 truies d’assez près. Il faudra probablement les séparer, mais on peut s’attendre à la découverte d’heureux évènements lors de notre prochain séjour…

Chez les petits ruminants (chèvres et moutons) le cheptel croit régulièrement.

Notre zébu et l’une des 2 femelles sont paisibles et seront progressivement éduqués à la traction animale. La seconde femelle est un peu plus agressive, mais n’arrive pas à imposer sa loi et se trouve plutôt mise à l’écart…

Le vénérable Pompon est toujours aussi brave. Notre ânesse a eu chaud… mordue par un chien errant ayant pénétré dans notre enclos, elle aurait dû être au mieux vendue au pire abattue… L’affaire à duré, ses acquéreurs se sont désistés quand ils ont eu connaissance du contexte… Chez nous, elle a été soignée, mise à l’isolement et vaccinée… Puis la suspicion de rage a été écartée par notre vétérinaire et au final il semblerait qu’elle nous prépare un petit !… Une histoire qui tourne plutôt bien… Elle continuera évidemment à être surveillée de près ainsi que son éventuelle progéniture.

Atelier séchage… En attendant le futur bâtiment, l’activité démarre avec les moyens du bord… Chantal lave soigneusement  les récoltes de citronnelle ou de moringa avant de procéder au séchage sur clayette… Nous avons passé un moment ensemble à préparer des sachets en se servant de la nouvelle balance apportée de France (plus précise) et de la soudeuse achetée à Ouaga. Un petit groupe (garçons et filles) nous a rejoint spontanément et s’est mis au travail avec nous … A ce jour feuilles de citronnelle et de moringa, fleurs d’hibiscus et graines d’arachides y ont été travaillées.

Petits équipements… Ousmane a acheté une décortiqueuse pour nos arachides ; Il a également bricolé une machine pour faire griller les arachides avant de les broyer pour élaborer la pâte qui servira aux sauces. Je lui ai demandé de tester l’engin avec des anacardes, pour voir s’il est possible de l’utiliser pour griller les noix de cajous.

Le conduit métallique du précédent four économe maçonné fondait régulièrement. Là encore Ousmane a mis au point un dispositif sur des jantes de camion tout autant performant…

Depuis qu’Ousmane a refait le bobinage de la dynamo de notre plateforme multifonctionnelle, la production d’électricité fonctionne bien. Le fonctionnement de l’alternateur est compatible avec toutes les activités du moulin (quelle que soit la tête utilisée) et on ne constate pas de surconsommation en carburant…

Ce garçon est mûr pour postuler au concours Lépine…

 

Puits…  Les 2 puits maraîchers, qui finissent par se tarir, seront sur creusés et busés en fin de saison sèche.

 

Locaux… le nouveau préau est désormais opérationnel (presque 2 fois la superficie de la salle de classe…)

La technique en double toiture testée à  la porcherie a été reprise pour  la ventilation. Francis a expliqué qu’il fallait monter les briques sur les murs des 2 petits cotés pour  rendre le système plus efficace, ce que Pascal (notre maçon) s’est empressé de faire. Non seulement nos élève trouvent là une ombre très précieuse et un espace agréable pours se réunir ou travailler mais des demandes extérieures ont déjà été formulées pour louer l’espace afin d’y organiser des formations ou « causeries »…

Vie quotidienne… Chacun participe. Compte tenu de l’effectif et du calendrier Ousmane a constitué des groupes qui changent tous les 12 jours et qui permettent à chacun de faire 2 fois chaque activité (vaisselle, nettoyage de la cour, nourriture des animaux, eau potable, nettoyage des sanitaires et des locaux…) sur l’année scolaire. Chaque samedi on nettoie le centre tous ensemble, les détritus en tous genres sont ramassés, regroupés et brûlés…

Equipe Pédagogique… Lors de cette mission il fallait prendre le temps d’échanger avec tous nos nouveaux formateurs.

Nous connaissons bien Adama puisqu’il a passé 3 ans au centre pour sa propre formation, mais il fallait profiter de son récent recrutement pour préciser l’importance du cadre « agro écologique » de nos formations et notre souhait de postuler prochainement à la certification Biologique de nos activités.

Long moment également avec Dramane et Ablassé nos 2 agents en charge de l’agriculture. Le programme de formation établi avec eux a été  validé. En plus de leur enseignement théorique et pratique, ils proposent une activité théâtre pour désinhiber nos élèves.

Rencontre avec Yéro Tiemtoré, l’instituteur (actuellement en poste sur un CM2 à Kokologho) en charge de l’enseignement général avec nos élèves. Il vient chaque soir au centre après les travaux pratiques. Il travaille avec ceux qui veulent à différents niveaux.Enseignement général, préparation aux examens (nous avons inscrit 5 élèves au CEP et 2 au BEPC) Alphabétisation pour les plus faibles qu’il prend à part en fin de séance et pour lesquels c’est un enseignement obligatoire…

Ainsi qu’avec Amédée Tiendrebeogo, notre agent vétérinaire (Chef de Zone à Kokologho) détaché 1 jour par semaine pour la formation en élevage. Il vient tous les jeudis. En plus de son activité de formateur, nous comptons sur lui pour prendre soin de nos animaux et améliorer le cheptel du centre. Souhait d’acheter 2 femelles Azawak pour travailler les bovins avec une race adaptée. Trouver un bon reproducteur pour nos chèvres… C’est Amédée qui assure la formation, Jacques (Chef de poste) que nous connaissons n’étant pas assez disponible.

Cursus complémentaire de formation… Alexandre et Léon ont souhaité me rencontrer pour parler de la sortie (ils terminent cette année). Je leur ai expliqué ce que nous avions l’habitude de faire (qu’ils savaient déjà…) ils m’on parlé de l’opportunité de se présenter au CQP (Certificat de Qualification Professionnelle) ce qui était une bonne idée compte-tenu de leur niveau…  Adama (qui l’avait obtenu à la fin de sa formation) s’est joint à la discussion… Hélas les interlocuteurs de la Direction Régionale de la Jeunesse, à l’hôtel administratif de Koudougou chargés de l’organisation de cet examen nous ont indiqué que les inscriptions devaient se faire en janvier et étaient closes. De toute façon les dates étant incompatibles avec celles du BEPC, il n’était pas utile de demander une dérogation…

Il n’est pas exclu qu’Alexandre et Léon restent une année supplémentaire au centre l’an prochain pour se préparer au CQP et au CAP option agriculture. Ce qui serait l’occasion de tester un cursus de formation plus spécialisée en 3ème année… Nos agents agricoles sont parties prenantes de ce projet… 

Relations publiques… L’organisation politique de la transition a démis les Maires (tous et pas seulement ceux du CDP). Les mairies en tant que telles ne fonctionnent plus et ce sont les Préfets qui ont la charge des affaires des communes… Du coup il semblait politiquement correct de passer saluer Madame le Préfet, avec qui nous avions déjà de bonnes relations… Evidemment les Préfets étant nommés, Madame (probablement affiliée au parti de l’ancien Président) a été remplacée… Nous n’avons pas pu rencontrer son successeur, « absent car ne se sentait pas »… Ce sera pour une prochaine fois...

A Koudougou, nous sommes passés à la Direction des Ressources Animales. Le Directeur provincial nous a reçus comme des rois… à peine nous avait il vus à la porte de son bureau qu’il a abandonné son rendez-vous pour venir nous saluer en criant « voici nos amis !...». Nous avons pu évoquer différents sujets. Satisfaction pour la collaboration avec le vétérinaire. Discussions sur le cheptel… La prochaine fois il faudra le prévenir d’avance pour aller visiter des éleveurs intéressants avec lui (notamment en sélection Azawak pour les bovins). Nous l’avons également sollicité pour bénéficier de tourteaux d’aliments à « prix social ». Avant même de nous laisser terminer l’argument… il a répondu « je connais la fin »… et bien entendu il ne pourra refuser…

Distinction...Un joli diplôme attestant la bonne gestion de notre plateforme multifonctionnelle trône dans un joli cadre sur le mur de notre local… Issaka (notre ouvrier-gardien responsable de la plateforme) peut en être très fier car il est le seul de la Province a avoir obtenu cette attestation…

Du coup, nous avons profité de cette marque de reconnaissance et de notre déplacement à Koudougou pour passer au siège du Consortium Sadis Amus (ceux par qui nous avons obtenu les équipements) rencontrer Sandrine Kiemtega (la Responsable) qui nous a bien reçus… Nous avons échangé les nouvelles… fait un point bilan sur nos activités et sur l’évolution du centre… puis nous l’avons interrogée à propos de la marche à suivre pour solliciter la dotation d’un poste à souder. Il faudra établir une demande au Président du Consortium, précisant la manière dont le matériel sera géré et qui en sera le gérant responsable.

 Constructions… Francis (membre du Conseil de Surveillance de notre ONG, connaissant bien les particularités locales pour avoir vécu 2 ans Volontaire de Progrès en Côte d’Ivoire et 2 ans Architecte logisticien Mundi France à Koudougou au Burkina-Faso) participant à la mission… Nous avons pu profiter de sa présence pour travailler ensemble sur les plans du futur bâtiment, tant à son bureau que sur le terrain. Nous avons réfléchi sur le cahier des charges de 7 cellules de 4m x 4 m (stockage initial, lavage, préparation, séchage, conditionnement, stockage produits finis, bureau) le tout avec des techniques innovantes… le projet ayant également vocation à tester des techniques auxquelles nous croyons et qui n’ont pas encore été essayées, afin de montrer à la population ce qui peut être fait avec des matériaux locaux…

En fin de séjour et plan en mains, nous avons fait une réunion in situ avec Pascal (le maçon) et Ousmane qui assurera la coordination du chantier en liaison avec Francis, pour implanter les limites des fondations du futur bâtiment. Issaka et un groupe d’élèves participaient également à l’exercice…

Un geste de votre part pour nous aider à financer ce chantier nous serait agréable…

 

Microcrédit

Le point a été fait avec Nathanaël. Les nouvelles de la famille sont bonnes. Il a repris le remboursement de son microcrédit en janvier, mais ça va être dur car il a dû prendre un second crédit auprès de son patron pour assumer les frais de scolarité (plus élevés que prévu) de son fils Emmanuel, désormais scolarisé dans un établissement privé qui assure ses cours dans l’Université de Koudougou pour un cycle de 3 ans.  Il a obtenu le Bac Pro Génie Civil option Construction au 1er tour avec 10,28 de moyenne. Il est s’engagé sur un DUT Génie Civil option constructions et tentera probablement le BTS simultanément avec une licence pro prévue derrière. Nous avons pris la décision de lui donner 30.000 Fcfa par mois (environ 45 €) en parrainage, pendant tout son cursus et tant qu’il travaillera bien pour couvrir son loyer, sa nourriture et les photocopies pour ses cours. Nous remercions donc Brigitte qui nous a permis de démarrer immédiatement.

  

Nouvelles de nos filleuls…. Abdoulaye poursuit toujours sa formation en mécanique générale. Ousmane est régulièrement en contact avec ses enseignants et surveillants… il est toujours appliqué et n’a plus de problèmes de comportement. Nous l’avons encouragé et lui avons confirmé que nous continuerions à le soutenir tant qu’il restera sérieux.

 

Potins… Adama, major de notre 1ère promo, (que nous avons récemment recruté) s’est fiancé avec Véronique 2ème promo… Le centre aurait aussi vocation d’agence matrimoniale ?…

 

Appel au « Parrainage » des élèves que nous formons

Chaque élève nous coûte en moyenne 450 €uros pour l’année (salaire des intervenants, frais alimentaires, activités agricoles au centre). Nous avons fait le nécessaire auprès de notre banque et proposons la mise en place d’un prélèvement Demander une Autorisation de Prélèvement.  Pour vous convaincre, en tenant compte des mesures légales permettant la défiscalisation, un prélèvement mensuel de 37,50 €uros représente un effort réel de 50 centimes par jour et permet la prise en charge d’un élève… Sur cette base, nous avons lancé un appel auprès de tous ceux (personne physique ou morale) qui, parmi vous, pouvaient nous aider à assumer cette dépense. Nous remercions vivement ceux qui ont répondu. Grâce à eux nous avons une vingtaine d’élèves pris en charge, mais nous continuons notre appel, dans l’espoir de faire parrainer tous nos élèves, ce qui nous permettrait de consacrer les fonds de l’association aux nécessaires investissements sans avoir à se soucier du fonctionnement… Dans la mesure du possible, nous avons une préférence pour les autorisations de prélèvements qui assurent une trésorerie régulière…

Nous vous précisons que nous avons fait valider par l’administration des finances publiques que notre association répondait bien aux critères définis aux articles 200 et 238 bis du code Général des Impôts par demande de rescrit fiscal selon l’article L80 C du Livre des procédures fiscales. Les reçus que nous délivrons sont conformes.

Expovente… Notre prochaine expo vente aura lieu dans les locaux du JSCPO, 66 rue d’Assas, 75006 Paris (entrer par le porche du 68 et entrer dans la cour de droite), le week-end du 30 et 31 mai 2015. Nous comptons sur votre visite pour nous encourager, ce sera l’occasion de penser aux petits cadeaux  et aux tenues colorées de l’été...

Notre prochaine mission au Burkina Faso est prévue du 18 au 27 juin 2015. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de l’évolution des projets.

Appel à la générosité… Nous devons trouver le financement du nouveau bâtiment !...

pour nous aider

Soyons clairs, pour continuer nos actions, nous avons besoin d’argent… Si vous n’avez pas répondu à notre appel à parrainage, nous comptons sur vous pour mettre la main à la poche et nous envoyer un don (les petits ruisseaux font les grandes rivières…). Bien entendu, nous vous retournerons les certificats officiels permettant la défiscalisation de votre versement conformément à la législation en vigueur.  Pour un particulier, Un don de 50 €uros par exemple ne coûte en réalité que 17 €uros... Evidemment, toute mise en relation avec d’éventuels sponsors et autres sources de subventions nous seront très utiles.