RAPPORT DE LA MISSION EFFECTUEE PAR

Philou BEAUCHAMPS

Du 19 au 26 février 2016

  

Kokologho, à 45 km de Ouagadougou sur la route de Bobodioulasso.

(N.12°11'020’’ ; W.1°53'034’’).

Les habitués le savent (et peuvent passer au paragraphe suivant…), nous consacrons actuellement l’essentiel de notre énergie au suivi et au développement du Centre de Formation en Agriculture « Teed Beoogo » (espoir d’un lendemain meilleur en Moré, langue des Mossis) que nous avons créé à Kokologho. Une formation agro-sylvo-pastorale écologique y est proposée à des jeunes d’un faible niveau scolaire. L’objectif en fin de cycle, est de leur permettre de s’installer en milieu rural avec les compétences nécessaires pour mettre en œuvre une activité rémunératrice et faire vivre une famille. Nos élèves sont (pour la grande majorité d’entre eux qui vient de loin) logés et évidemment tous nourris gratuitement, formés pendant 2 ans et bénéficient à leur sortie d’une allocation de départ qui leur permet de commencer une première activité au sein de leur exploitation.

 

L’objectif principal de la mission était de revoir le fonctionnement du centre. Nous nous sommes séparés de l’un de nos formateurs. L’équipe locale s’est laissé déborder et nos adolescents en ont bien profité…

Par ailleurs, au fil du temps et par souci de qualité, le profil moyen de nos stagiaires est passé de « élèves en échec lors de l’école primaire » à « collégiens  médiocres», ce qui nous a progressivement détournés de notre mission première.

Il faut bien constater aussi que le pays évolue à très grande vitesse… Il y a 10 ans on communiquait au Tam-tam et par l’intermédiaire des griots sur les marchés, aujourd’hui chacun a plusieurs téléphones mobiles dans la poche, la télévision est partout,  le goudron a remplacé la plupart des pistes en latérite… On ne va pas critiquer le « progrès » mais il faut s’adapter à ce nouveau contexte. Enfin le concept« CFA » qui existe dans nos pays de « blancs » n’est pas forcément transposable au sud et il est probable que pour espérer atteindre notre objectif de ferme pilote endogène, il vaille mieux s’inspirer du fonctionnement en groupements mieux compris ( ?...)

Après le tour du propriétaire, nous (avec Ousmane) avons réuni « l’équipe locale » Issaka, Saidou, Chantal, Adama et avons commencé la causerie. Nous avons clairement dit que nous avions 1 semaine pour recadrer le fonctionnement du centre.

Les activités de la ferme pilote seront gérées par un groupement dont ils seront les premiers membres. Les moyens (infrastructure, outillage, cheptel) étant désormais suffisants, aucun contrat de travail ne sera renouvelé, ce qui signifie qu’à compter de juillet 2016, ils devront assurer eux-mêmes leurs revenus avec ce qu’ils produiront.

Les activités de formation, assurées par les agents mis à notre disposition en agriculture et élevage, seront dissociées de celles de l’exploitation. Les élèves devront participer aux activités de la ferme dans le cadre de leurs travaux pratiques tant qu’ils seront là, mais rien n’interdit qu’un jour ces activités d’enseignement soient reconsidérées et que d’autres formules soient mises en place, sans que cela ne remette en question les activités du groupement.

Après avoir dressé un bilan de ce qui fonctionne et de ce qui ne va pas, nous avons également réuni l’ensemble des élèves, en présence de tous les intervenants. Nous avons clairement (re)détaillé chaque point de la vie quotidienne. Le contrat est simple… Personne n’est contraint à venir… Nous offrons gratuitement nourriture, hébergement, formation… En contrepartie nous attendons la participation de tous aux activités du centre, de la bonne volonté, le respect des personnes, des installations, du matériel, de la production et du règlement. Nous accueillons et faisons tout notre possible pour aider ceux qui y adhèrent, les autres peuvent rentrer chez eux… La pédagogie est claire pour tous : pas de palabres inutiles, pas d’affrontement, ni violence, ni punition. Il y a un contrat et celui ou celle qui ne respecte pas ce contrat est immédiatement remercié. On ne se doit rien, on ne se fâche pas… On se sépare !

Bilan et perspectives :

Plateforme multifonctionnelle…Moulin… Faible rentabilité, il y a des moulins concurrents partout, même en ayant tenté la guerre des prix (ce qui n’est pas forcément une bonne idée) on perd la fréquentation.

Charge batterie… Aujourd’hui tout le monde a facilement accès à une plaque solaire et même ceux du marché ferment boutique…

Poste à souder… ça risque de ne pas être glorieux car il y a aussi désormais de nombreux soudeurs au village…
Toutefois en cumulant « un peu, un peu » toutes les possibilités, on peut espérer progresser. Issaka va donc faire une formation auprès d’un soudeur professionnel du village.

Maraîchage et cultures …

On va tout relancer.Les spéculations pour lesquelles nous avons des débouchés à l’export… citronnelle, moringa (y compris installation d’un moulin pour la poudre), sésame blanc, hibiscus, arachides (en privilégiant la qualité et l’agro écologie…)

Les besoins locaux légumes (tomates, carottes, courgettes, aubergines, patates, oignons, ail…) et fruitiers (papayes…) Il y a des débouchés sur Ouaga… en privilégiant ce qui est rentable.

On prépare la campagne céréalière en privilégiant ce qui se vend, plus que ce qu’on consomme… Nous contacterons l’INERA pour bénéficier de semences de qualité.

En présence d’Asseta (vétérinaire détachée au centre 1 jour par semaine par sa hiérarchie) nous avons continué notre travail sur l’élevage

Volailles. En régression… Sans parler des vols… On a eu une maladie. Inutile d’éliminer l’ensemble du cheptel, on a vacciné et soigné. Des poussins sont morts de froid, on va préparer un local adapté avant la prochaine saison froide. Des pintades se sont noyées dans les abreuvoirs des bœufs… On a réglé le problème. La poussinière fonctionne. L’alimentation est bonne. La couveuse sera réparée dès le retour du vendeur. L’activité reprend… Reste 1 coq, 9 poules, 32 poussins qui seront adultes dans 1 mois et 28 œufs en couvaison. Nous ferons rentrer un coq performant pour compléter.

Moutons. Sans problème, nous avons 3 béliers, 8 brebis et 5 agneaux dont 4 femelles. Nous prévoyons l’achat d’un bélier de race pour remplacer notre futur retraité… Nous pourrons vendre tous les mâles lors des fêtes musulmanes… Nous avons 1 brebis handicapée, mais c’est une bonne mère et son petit est parfaitement valide… restons accueillants…

Chèvres. Mort inexpliquée d’un bouc (il a oublié de respirer ?...) 1 chèvre morte à la mise bas avec son chevreau et un chevreau mort par manque de lait (mère défaillante). On va acheter un biberon… On va donner une 2nde chance à la mère défaillante (surtout qu’on peut assurer le coup avec le biberon…). Reste 1 bouc (performant !) 9 chèvres et 8 chevreaux dont 7 femelles (chance !...). Lors des divagations nos animaux sélectionnés sont parfois couverts par des races locales (c’est ça ou la prison !…) Nous prévoyons l’achat d’1 ou 2 femelles en race rouge du Mali pour améliorer.

Bovins. Toujours 1 mâle et 2 femelles (non encore fécondées alors qu’elles sont adultes). L’insémination artificielle serait inadaptée car les races proposées sont trop fortes pour nos locales… Notre mâle n’est peut-être pas fertile ?... En tous cas, il n’a jamais montré un intérêt pour la chose… Nous allons donc confier nos 2 femelles à un berger pendant 2 ou 3 mois et voir ce qui se passe avec les mâles de brousse…  Même non fertile, nous garderons notre mâle. Il nous connait bien, il est costaud, pas impressionné par le monde, gentil, nous l’aimons… Il devrait faire une excellente bête de bât et nous en aurons besoin pour les labours. Il sera très régulièrement entraîné y compris à tirer la charrette…

Porcs… Notre jeune Véra et nos 2 truies sont prometteurs. 6 porcelets nés avant mon arrivée  et autant juste avant mon départ… Ils sont magnifiques et de race… Nous faisons des envieux. Nous pourrons vendre tous le jeunes à  6 mois ce qui sera d’un bon rapport (il y a déjà des preneurs en liste d’attente) et nous n’avons pas besoin d’en garder pour le moment. IL va falloir revoir le système de portes et de séparation en urgence dans la porcherie… Ils sont beaux, mais  costaud… Ils cassent tout !...   

 

 

Microcrédits. (Ce que Saidou, Adama et Chantal on fait avec notre prêt)…

Nous sommes passés chez Saidou pour constater l’aménagement de sa maison. Sa femme et ses enfants étaient là. Il a construit à proximité de la concession familiale. Il n’avait qu’un hangar de 10 tôles… maintenant il a une maisonnette en banco et une cour fermée avec petite bergerie (6 moutons 2 chèvres) et un poulailler… Rien à regretter…

 

Chez Adama, nous sommes allés voir l’évolution de son exploitation… Il a construit sa maison  et une porcherie il a déjà 2 porcs en attendant les nôtres en pure race…  Son jardin est superbe ; avec le bénéfice de la vente de ses oignons il a construit sa cuisine. Il s’est marié avec véronique, élève de notre 2ème promo…

 

Au village de Chantal…c’est la brousse authentique… Tout un cérémonial pour saluer le père la mère, les coépouses, la vieille, les frères, les jeunes… Chantal a remis l’argent de son crédit à son papa, ils on acheté les tôles et le ciment, les frères ont fabriqué les briques pour refaire (à un autre endroit) sa porcherie traditionnelle dans laquelle une termitière à poussé… avec le reste de l’argent, on a acheté des chèvres…

Evidemment, tradition jusqu’au bout, on m’a offert un coq blanc… Ils sont pauvres, mais généreux et un cadeau ne se refuse pas… (Le coq est resté à Kokologho).

Nos filleuls

Lors d’un déplacement à  Koudougou nous avons fait le point avec Emmanuel… Ses études se passent bien. L’an dernier il a validé ses 2 semestres, alors que la scolarité a attendu la fin de l’année (après S2) pour ne pas décourager les étudiants avec les résultats du S1, que seuls 6 élèves avaient validé (dont Emma)… Actuellement tout semble bien se passer pour le S3, on attend les notes…

J’ai insidieusement posé la question de savoir si (ce qui est fréquent…) il y avait sur le campus des possibilités subventionnées pour la formation au Permis de conduire. C’est évidemment le cas et Emma en rêve… (Cependant, même subventionné, c’est encore au dessus de ses moyens)… En le quittant à la fin de la journée je lui ai remis la somme nécessaire à son inscription… Inutile de préciser qu’il était comblé !

Cette fois-ci je n’ai pas eu le temps de rencontrer Abdoulaye mais Ousmane reste en contact avec les responsables de son école et tout se passe bien.

 

Appel au « Parrainage » des élèves que nous formons

Chaque élève nous coûte en moyenne 450 €uros pour l’année (salaire des intervenants, frais alimentaires, activités agricoles au centre). Nous avons fait le nécessaire auprès de notre banque et proposons la mise en place d’un prélèvement Demander une Autorisation de Prélèvement.  Pour vous convaincre, en tenant compte des mesures légales permettant la défiscalisation, un prélèvement mensuel de 37,50 €uros représente un effort réel de 50 centimes par jour et permet la prise en charge d’un élève… Sur cette base, nous avons lancé un appel auprès de tous ceux (personne physique ou morale) qui, parmi vous, pouvaient nous aider à assumer cette dépense. Nous remercions vivement ceux qui ont répondu. Grâce à eux nous avons une vingtaine d’élèves pris en charge, mais nous continuons notre appel, dans l’espoir de faire parrainer tous nos élèves, ce qui nous permettrait de consacrer les fonds de l’association aux nécessaires investissements sans avoir à se soucier du fonctionnement… Dans la mesure du possible, nous avons une préférence pour les autorisations de prélèvements qui assurent une trésorerie régulière…

Nous vous précisons que nous avons fait valider par l’administration des finances publiques que notre association répondait bien aux critères définis aux articles 200 et 238 bis du code Général des Impôts par demande de rescrit fiscal selon l’article L80 C du Livre des procédures fiscales. Les reçus que nous délivrons sont conformes.

 

Expovente… Notre prochaine expo vente aura lieu dans les locaux du JSCPO, 66 rue d’Assas, 75006 Paris (entrer par le porche du 68 et entrer dans la cour de droite), le week-end des 18 et 19 juin 2016. Nous comptons sur votre visite pour nous encourager, n'hésitez pas à en parler à tous vos amis...

Appel à la générosité… Nous devons trouver le financement du nouveau bâtiment !...

pour nous aider

Soyons clairs, pour continuer nos actions, nous avons besoin d’argent… Si vous n’avez pas répondu à notre appel à parrainage, nous comptons sur vous pour mettre la main à la poche et nous envoyer un don (les petits ruisseaux font les grandes rivières…). Bien entendu, nous vous retournerons les certificats officiels permettant la défiscalisation de votre versement conformément à la législation en vigueur.  Pour un particulier, Un don de 50 €uros par exemple ne coûte en réalité que 17 €uros... Evidemment, toute mise en relation avec d’éventuels sponsors et autres sources de subventions nous seront très utiles.