RAPPORT DE LA MISSION EFFECTUEE PAR

Philou BEAUCHAMPS

Du 20 au 27 janvier 2017

 

 

Kokologho, à 45 km de Ouagadougou sur la route de Bobodioulasso.

(N.12°11'020’’ ; W.1°53'034’’).

 

Notre projet prend de la maturité…

 

Après 8 années consacrées au développement du Centre « Teed Beoogo » (« espoir d’un lendemain meilleur » en Moré, la langue des Mossis) que nous avons créé à Kokologho, nous sommes désormais entrés en phase de pérennisation de la structure. Nous préparons progressivement, avec les villageois de notre quartier (ceux la même qui ont mis à notre disposition le terrain) le moment où ils devront faire vivre (de façon endogène) le centre sans nous. Cet un épisode délicat, où l’on passe du statut d’assisté à la pleine responsabilité, essentiel dans toute démarche d’aide au développement, l’aboutissement d’un projet qui permet d’en évaluer la réussite réelle. Nous y consacrerons le temps nécessaire, il faudra sans doute une paire d’années encore…

 

Dans un premier temps, il a clairement fallu séparer les activités de production de l’exploitation, des activités d’enseignement.

 

Notre école…

Après avoir proposé (et dispensé) un cycle de formation agro-silvo-pastoral à 5 promotions d’élèves, nous constatons que les besoins en formation générale correspondent plus aux préoccupations exprimées par la population locale que la formation technique…  Simultanément les récentes tendances de politique gouvernementale concernant l’enseignement public vont vers le « continuum éducatif », il s’agit d’un pont entre le primaire et le secondaire ayant pour objectif la scolarisation  jusqu’à 16 ans et l’entrée automatique au collège pour tous ceux qui sortent du primaire avec le certificat d’études… Même si la nouvelle équipe municipale (probablement pour nous plaire, lors de la précédente mission) s’était dite intéressée par les formations agricoles, il est évident que le collège étant devenu cause commune pour tous les enfants du quartier, les parents d’élèves seront plus soucieux de l’avenir de nos bâtiments s’ils accueillent en nombre leurs enfants.

Pour respecter cette nouvelle réforme, l’école primaire voisine a (dès l’an dernier) construit un hangar (en tôles) dans la cour, pour créer une classe de 6ème… Même s’il semblerait qu’un programme de construction de collège soit envisagé pour la rentrée 2018-2019, il n’était plus possible pour eux de continuer…

Dès cette année, nous recevons donc dans notre classe 35 élèves de 5ème (16 filles et 19 garçons), ceux qui étaient dans le hangar l’an dernier et 99 élèves de 6ème (40 filles et 59 garçons) sous notre paillotte. Nous avons programmé les travaux de réaménagement de notre bâtiment scolaire, en supprimant l’ancien dortoir des filles et en déplaçant la bibliothèque, afin de recevoir 3 classes l’année scolaire prochaine (de la 6ème à la 4ème).

Lors de ce déplacement, la cantine n’avait pas encore pu être mise en place, mais nous avons donné notre cuisine à disposition et indiqué au président de l’association des parents d’élèves qu’une place leur était réservée sur l’exploitation agricole pour qu’ils puissent y faire du maraîchage (nous avons l’eau…)  et des cultures pluviales pour améliorer le repas de leurs enfants et même pratiquer l’élevage ou autres activités rémunératrices pour les besoins de leur association.

 

Notre ferme…

Sous l’impulsion d’Ousmane, un groupement de femmes a été mis en place. Les débuts nécessitent toujours une phase d’apprentissage et de sélection, mais elles cultivent et sèchent déjà les feuilles de citronnelle et un groupe d’entre elles a la charge de notre porcherie.

Issaka, notre ouvrier-gardien a momentanément mis en veille les activités du moulin, mais c’est lui qui s’occupe de l’élevage de nos volailles, moutons et chèvres (un musulman évite la porcherie…). Avec un de ses petits frères, il travaille également au jardin.

Nous avons décidé de la plantation d’un verger de manguiers sur une grande partie de notre terrain… Les arbres sont toujours utiles… Pour commencer, une centaine d’arbres sélectionnés seront plantés à la prochaine saison des pluies.

   

La bibliothèque...

Chantal (une de nos anciennes élèves) s’occupe toujours de la bibliothèque. Il y avait 53 inscrits… Pour libérer une classe, les éléments seront déplacés dans l’ancien dortoir des garçons, réaménagé pour l’occasion. Il est probable que Chantal (récemment fiancée) nous quittera prochainement pour rejoindre son futur mari, mais à ce moment là, l’activité pourra continuer sous la responsabilité de l’équipe de surveillance du collège…

 

Nos filleuls

Lors d’un déplacement à  Koudougou nous avons fait le point avec Emmanuel, qui après avoir brillamment terminé sa 2ème année de DUT Génie Civil option construction, poursuit désormais en licence… Tout va bien ! Dans le cadre de la formation au Permis de conduire que nous lui avions financée, il a obtenu le code, on attend la conduite…

Sayouba en poste de Professeur de Français - Histoire Géo en collège dans une zone assez éloignée, s’éclate toujours dans son boulot… Ses qualités sont reconnues par ses collègues et appréciées de ses élèves...

Abdoulaye, que nous avions arraché de la rue pour lui faire reprendre le chemin de l’école il y a 6 ans déjà…) et à qui nous avions conseillé une formation « sur le terrain » après son échec au CQP (Certificat de qualification Professionnelle) et au CAP mécanique automobile, nous a demandé une dernière chance pour recommencer son année… ça ne sera pas facile… Il a encore de grandes lacunes malgré sa bonne volonté, mais nous ne pouvions pas lui refuser…

Nous avons également fait le point avec Daniel (le dernier fils de Nathanaël, frère d’Emmanuel), que nous parrainons depuis cette année. Il est inscrit dans le même établissement qu’Abdoulaye, mais avec un parcours scolaire bien plus régulier… Tout se passe bien pour lui.

Nous n’avons pas pu voir le fils de Maïmouna, que nous parrainons également et qui poursuit sa scolarité dans un collège de l’Est du pays. Ousmane suit son parcours et aucun problème n’est à signaler. 

Notre cher Nathanaël (ami historique) a eu un accident de circulation avec sa moto… Fracture du tibia et du péroné, juste en dessous du genou !  Evidemment la couverture santé n’étant pas en vigueur dans le pays… le prix des soins étaient hors de sa portée… Nous avons pris ces frais à notre charge et il a pu être opéré avec mise en place d’une broche. Inutile de préciser qu’il nous a (plus qu’abondamment) exprimé sa reconnaissanc  

 

Appel à la générosité

pour nous aider

Appel à la générosité

Soyons clairs, pour financer nos actions, il faut de l’argent… Nous avons encore besoin de votre aide pour continuer le développement de notre centre, afin de le rendre le plus performant possible et permettre à ceux qui viennent y travailler d’y trouver une activité rémunératrice pour faire vivre leurs familles. Nous remercions sincèrement tous ceux qui, parmi vous, continuent de nous soutenir par prélèvement mensuel permanent, malgré l’évolution de notre projet. Nous comptons sur les autres pour mettre la main à la poche et nous envoyer un don (les petits ruisseaux font les grandes rivières…). Bien entendu, nous vous retournerons les certificats officiels permettant la défiscalisation de votre versement conformément à la législation en vigueur. Nous vous précisons que nous avons fait valider par l’administration des finances publiques que notre association répondait bien aux critères définis aux articles 200 et 238 bis du code Général des Impôts par demande de rescrit fiscal selon l’article L80 C du Livre des procédures fiscales. Les reçus que nous délivrons sont conformes.

Pour un particulier, Un don de 100 €uros (par exemple) ne coûte en réalité que 34 €uros... Evidemment, toute mise en relation avec d’éventuels sponsors et autres sources de subventions nous seront très utiles.