RAPPORT DE LA MISSION EFFECTUEE PAR

CATHY PERNOT, PHILOU BEAUCHAMPS

du 9 au 30 juillet 2008

au BURKINA-FASO

 

NIGER

Pour le moment tous nos projets au nord Niger sont suspendus en raison de la rébellion en pays Touareg.

 

BURKINA-FASO

 

Livraison collecte automne 2007

Les cartons de matériel, (vêtements, jouets, livres…) que nous avions collectés à l’automne dernier ne sont arrivés à destination qu’après notre départ de Ouagadougou en mars dernier. Ce n’est donc qu’en juillet que nous avons pu les acheminer vers leurs destinataires. Nous remercions chaleureusement tous ceux qui avaient répondu à cet appel.

·         Les vêtements d’enfants et les jouets ont été remis aux représentants de l’orphelinat de l’Association AZN (Association inter-villages Zoramb Naagtaaba), commune de Guiè (Oubritenga) une soixantaine de kilomètres au nord de Ouagadougou. www.azn-guie-burkina.org.

·         Une partie des livres a fait l’objet d’une dotation complémentaire à la bibliothèque que nous avons créée avec le Groupement « Nabons Wende », Quartier de Tanghin (Ouagadougou, Kadiogo), ce qui élève le fonds à plus de 6300 ouvrages,

·         Des cartons de cassettes vidéo et quelques livres ont été remis au Centre de Formation Agricole et Artisanale de Tangaye (20 kms de Ouahigouya, Yatenga ; 200 kms au nord de Ouagadougou).

·         Nous avons également apporté des cassettes vidéo à l’ANERSER Association Nationale pour l’Education et la Réinsertion Sociale des Enfants à Risques, secteur Pissy 17, Ouagadougou.

·         Nous avons remis à notre ami Sougryidé Sawadogo, qui vient de construire un collège privé à Pamnonghin, 35 kms au sud de Ouagadougou sur la route du Ghana, une dotation en livres, qui va permettre la création d’une nouvelle bibliothèque sur cette zone pour les élèves du collège et ceux du village voisin.

·         Nous avions un peu de matériel audiovisuel à remettre au centre « Imagine » www.imagine.bf, créé par Gaston Kaboré, l’un des plus grands cinéastes africain, ce qui a été l’occasion d’une merveilleuse rencontre. Nous sommes retournés ensuite avec Gaston et sa femme Edith visiter notre centre de Kokologho.

·         Nous avons gardé du matériel et des vêtements destinés à notre centre d’accueil et de formation de Kokologho, à 45 kms de Ouagadougou sur la route de Bobodioulasso.

 

Centre de Formation Agricole et Artisanale de Tangaye (20 kms de Ouahigouya, Yatenga ; 200 kms au nord de Ouagadougou).

Nous soutenons ce centre qui propose une formation (en 3 ans) aux jeunes qui n’ont pas obtenu le Certificat d’Etudes, pour les aider à créer leur activité professionnelle (culture céréalière, maraîchage, élevage, menuiserie, soudure, électricité, maçonnerie, couture, cuisine…), et donne à la fin de la formation, à chacun, des moyens matériels pour débuter l’activité choisie dans son village.

Le centre a pu être créé grâce au financement de l’association JEREMI dijon www.jeremi21.org qui a également assuré les frais de fonctionnement du centre et le salaire des intervenants, jusqu’en octobre 2008. Pour aider le centre dans sa démarche vers  l’autonomie, nous avons financé tous les intrants nécessaires à l’actuelle campagne maraîchère. La parcelle située à proximité du barrage de Namsiguia n’a pu être emblavée que tardivement en raison du niveau insuffisant de l’eau, mais les pluies sont revenues en abondance depuis et les récoltes devraient être correctes.

Pour l’année scolaire 2007.2008 nous avons participé au financement de l’alphabétisation (en français) des adultes en prenant en charge une partie de la rémunération de l’enseignant et les frais de carburant nécessaires à la production de l’éclairage des salles de classe. 20 hommes et 7 femmes, répartis en 2 sections ont pu suivre cette formation de 18h à 20h du lundi au vendredi de la mi-novembre à mi-juin.

Lors de notre visite, les élèves maçons étaient en train de construire un dortoir, cofinancé par une ONG canadienne. Il y a également un projet de création d’un hébergement pour des adultes qui pourront venir se former au centre ce qui permettra de diversifier les activités du centre et les sources d’autofinancement.

 

Jathropha, (appelé aussi Pourghère en Afrique). http://fr.wikipedia.org/wiki/Jatropha_curcas

Nous poursuivons nos recherches concernant cet oléagineux que la presse internationale n’hésite plus à nommer « l’arbre à pétrole » ou « le nouvel or vert de l’Afrique »… Loin de vouloir faire concurrence aux multinationales, nous nous intéressons à cette euphorbiacée qui pousse spontanément en zone sahélienne et qui fait de merveilleuses haies vives en bordure de parcelle puisque les animaux ne la consomment pas. Elle se développe dans des terrains où rien ne pousse, notamment avec la technique des diguettes et du cordon pierreux elle renforce la stabilisation du terrain, retient l’eau, freine le ruissellement et participe à la régénération des sols et des nappes phréatiques ; on en connaît les vertus en médecine traditionnelle, les femmes utilisent les graines pour faire du savon ; et (cerise sur le gâteau) on peut en extraire une huile, biodiesel, qui semble facile à produire.

Le programme se poursuit au CFA de Tangaye. Cette année 90 cultivateurs ont reçu 100 pousses en pépinières chacun, afin de les planter autour de leurs champs (il y en avait déjà eu une trentaine l’an dernier). Des arbustes ont également été plantés en pleine terre dans la zone maraîchère du centre et sur la parcelle de Namsiguia. Nous encourageons Amidou, Directeur du CFA, dans son ambition d’installer au centre une plateforme de production d’huile d’ici 2 ans.

Les échantillons plantés dans la cour de la permanence à Tanghin et à l’ODE continuent de croître dans de bonnes conditions.

En février, nous avions confié des graines à Pascal pour qu’il prépare des pépinières. Nous avons récupéré plus de 1500 plants.

Nous avons planté près de 3000 plants de Jatropha autour de notre terrain de Kokologho, selon les 2 méthodes (pleine terre et pépinières) et nous avons également emblavé une petite parcelle.

 

Ecole de Tangawegoun

Nous n’allons plus au village, mais nous conservons d’excellentes relations avec Amadé, le Directeur de l’école. Nous lui avons remis des correspondances de la part d’une classe de Gif sur Yvette et l’avons félicité, puisque tous les élèves de sa classe avaient réussi l’examen du Certificat d’Etudes.

 

Centre « Basnere » Ouahigouya, 180 kms au nord de Ouagadougou.

Nous sommes passés saluer les groupements de ce centre. Comme promis lors de notre précédent passage, nous avons rapportés des épluche-légumes aux femmes de la cellule séchage de mangues et nous avons fait quelques achats à la cellule savonnerie.

 

Parrainage scolaire.

Sayouba, notre « filleul » a échoué au Baccalauréat. Nous estimons cependant qu’il a fait ce qu’il a pu et qu’il a travaillé convenablement… Les résultats nationaux sont faibles, et dans sa classe, sur un effectif de 96 élèves, il n’y a eu que 14 reçus, dont 13 redoublants… Nous l’avons encouragé à recommencer. Nous gardons une authentique confiance en lui, il est sérieux et nous lui donnerons cette année encore les moyens matériels de se préparer dans de bonnes conditions.

Sur place il nous accompagne dans les rencontres que nous organisons en brousse et nous apporte un soutien précieux quand il nous faut communiquer en langue locale. Il nous tient également régulièrement informé par internet.

 

Quartier « la ferme » village de Tengrela (Région de Banfora, proche frontière Côte d’Ivoire).

Nous n’avons pas pu rencontrer les villageois, quand nous y sommes passés car ils étaient en réunion avec les responsables d’une autre association qui les aide dans leur développement. Nous avons néanmoins pu savoir que le jardin scolaire, que nous avons mis en place avec eux, fonctionne bien.

Non loin de là nous avons retrouvé Charly et Emilie qui œuvrent pour le compte de l’association « songtaba » www.association-songtaba.org et qui se battent pour trouver les financements de leur projet de ferme-pilote et de pisciculture. Nous leurs souhaitons bonne chance et beaucoup de courage pour aboutir dans leur entreprise.

 

Groupement « Nabons Wende », Quartier de Tanghin (Ouagadougou, Kadiogo).

Nous avons fait le point avec Pélagie, Présidente du groupement. Elle nous a fait un compte rendu des activités. C’est encore laborieux, mais elle dit qu’il faut être patient et qu’elle garde confiance. Petit à petit elle prend conscience des réalités de gestion et commence a prendre les décisions qui s’imposent même si elles sont douloureuses.

La bibliothèque végète un peu et demande à être redynamisée, des cours d’alphabétisation ont pu être assurés avec le financement d’un nouveau partenaire, la fabrication de savon se poursuit et se développe, le sumbala rencontre des difficultés. Il a fallu recadrer les choses et les engagements de chacun des partenaires pour le moulin et la buvette.

Le ramassage d’ordures ménagères et la Caisse populaire fonctionnent toujours bien.

 

 Kokologho, à 45 kms de Ouagadougou sur la route de Bobodioulasso.

Compte tenu de notre expérience et afin de mieux maitriser tous les paramètres de l’aide au développement que nous souhaitons apporter, nous avons décidé de créer une structure au nom de notre association. Au cours de l’été 2007 nous avions recherché un terrain et après différentes rencontres, les villageois d’un quartier de Kokologho, intéressés par notre projet, nous ont donné une parcelle de près de 7 hectares, en zone non lotie. Ce terrain, en partie arboré et riverain d’un bas-fond qui se remplit d’eau en saison pluvieuse nous convient parfaitement. Depuis il a fallu suivre les méandres d’un parcours administratif compliqué pour espérer y travailler efficacement et dans de bonnes conditions. Nous avons déjà obtenu le « procès-verbal de palabres » qui nous reconnaît coutumièrement et administrativement la concession du terrain et l’agrément ministériel pour la création d’un établissement d’enseignement de base privé. Soyons patients…

Notre ambitieux projet comporte plusieurs phases, la première étant en cours de réalisation :

 

Construction d'un hébergement (dortoir, logement animateur, sanitaires, magasin, cuisine, réfectoire et forage) pour accueil d’une douzaine de jeunes issus de la rue qui recevront une formation en maraîchage, agriculture et élevage, pour leur permettre de retourner s'installer dans leurs villages et créer une activité rémunératrice pour assurer leurs propres besoins.

Cette première phase de constructions est terminée et les locaux sont fonctionnels.

Nous avons recruté l’animateur responsable qui est actuellement en formation au sein de l’association ANERSER qui s’occupe des enfants des rues. Nous nous rendrons sur place à la Toussaint pour équiper les locaux avec le matériel nécessaire et accueillir les premiers pensionnaires issus de la rue…

Afin de ne pas laisser le terrain en friche aux yeux des villageois et délimiter les clôtures, nous avons, avec notre représentant Justin, demandé à un paysan de planter des arbres (jatropha, manguiers, acacias, gomme arabique), il a également fait appel à un groupement de femmes local pour semer du maïs, des haricots, du sésame et des arachides qui seront nos premières récoltes.

Nous commençons à nous intéresser également au moringa http://fr.wikipedia.org/wiki/Moringa_oleifera, plante dont la valeur nutritive des feuilles est exceptionnelle et en avons semé quelques graines.

 

Les autres phases du projet « Kokologho », indépendantes les unes des autres  ne seront réalisées que sur validation des besoins réels de la population et de l'obtention des financements :

Dès maintenant nous mettons tout en œuvre pour trouver des partenaires susceptibles de nous aider.

Bien entendu, nous sollicitons votre aide et votre réseau de connaissances pour nous aider à trouver des financements et monter des dossiers auprès de bailleurs de fonds.