RAPPORT DE LA MISSION EFFECTUEE PAR

CATHY PERNOT et PHILOU BEAUCHAMPS

au BURKINA-FASO

du 29 juin au 20 juillet 2009

 

 

Kokologho, à 45 kms de Ouagadougou sur la route de Bobodioulasso (N.12°11'020’’ ; W.1°53'034’’).

L’objet principal de cette mission était la préparation de l’ouverture du Centre de Formation Agricole « Teed Beoogo » (espoir d’un lendemain meilleur) qui accueillera sa première promotion d’élèves au début du mois de novembre prochain. Une formation agro-écologique, en trois années,  y sera proposée à des jeunes qui n’ont pas pu terminer leur cycle d’apprentissage à l’école primaire, l’objectif étant de leur permettre de s’installer, en milieu rural, avec les compétences nécessaires pour mettre en œuvre une activité rémunératrice afin de faire vivre leur future famille. Une remise à niveau en enseignement général sera également dispensée pour qu’ils puissent être en mesure de comprendre et assumer le fonctionnement d’une petite exploitation,  pour pouvoir s’intégrer convenablement dans le milieu social et accomplir quelques démarches administratives de base. L’établissement sera mixte en demi-pension avec la possibilité pour les filles d’être hébergées en internat.

L’infrastructure sera prête. Les actuels travaux de réalisation d’un bâtiment comprenant 2 classes et un logement pour deux intervenants sont bien avancés. Quand nous avons quitté la structure, une partie des ouvriers travaillaient sur la toiture et le crépissage extérieur des murs, pendant que d’autres élevaient le mur de clôture et s’apprêtaient à poser le grillage autour de la parcelle.

Au niveau du Ministère les choses semblent bien se présenter. Notre interlocuteur de la Direction de l’Agriculture, nous a indiqué qu’en absence de cahier des charges spécifique, notre agrément pour la création d’un établissement d’enseignement privé, délivré par les services de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation sera reconnu, il faudra juste établir un dossier. Pour ce qui est du terrain, l’enregistrement a été fait par les services du Cadastre à Koudougou et nous avons le permis d’exercer.

L’équipe pédagogique sera opérationnelle dès la mi-septembre. Après de multiples rencontres et entretiens infructueux dont nous passerons les détails, nous avons finalement engagé deux agents techniques agricoles  (Jacqueline et Ben) formés au Centre Agricole Polyvalent de Matourkou à Bobodioulasso. Tous deux permanents, ils pourront se partager l’enseignement théoriques dans les disciplines agro-sylvo-pastorales, assurer en petits groupes les travaux pratiques sur le terrain et se répartir la remise à niveau dans les disciplines générales en fonction de leurs compétences, Jacqueline ayant obtenu en fin de second cycle un baccalauréat littéraire (A) et Ben ayant préparé une série scientifique (D). Sayouba (notre filleul) qui sera inscrit à l’université de Koudougou viendra en renfort les jours où il n’aura pas de cours, participera aux permanences (les activités agricoles nécessitant une présence minimale quotidienne sur l’exploitation, y compris pendant les congés) et profitera de ses allers-retours  réguliers entre Kokologho et Koudougou pour nous envoyer par mails les comptes-rendus et toutes les informations utiles concernant les activités, le matériel permettant cela ayant été installé chez Justin. Dès notre prochaine mission prévue du 19 au 29 septembre pour organiser la rentrée, ils s’installeront sur place tous les trois afin d’assurer le recrutement des élèves et tout préparer pour les accueillir dans de bonnes conditions. A tour de rôle, Jacqueline et Ben partiront se mettre en situation, au moins 2 semaines au CFA de Tangaye, puisque les élèves y sont présents à partir du début du mois d’octobre. Bien entendu il faudra également prévoir l’inauguration officielle du centre qui sera programmée dans la dernière semaine d’octobre.

Nous avons remis aux deux intervenants les programmes de formations (validés par le Ministère) qui sont dispensés à Tangaye et qui nous serviront de base de travail pour préparer nos modules d’enseignement, avec mission de commencer à préparer les contenus, réfléchir à la programmation chronologique en fonction des priorités et des saisons agricoles. Nous avons également récupéré des fiches techniques élaborées par les services de l’INADES et de  l’association DIOBASS spécialement adaptées aux réalités locales, y compris avec le souci de présenter des techniques pouvant être mises en œuvre pour faire fonctionner les exploitations à un coût compatible avec les possibilités des populations rurales.

De bons contacts ont également été établis avec les responsables d’une association locale pour la promotion d’une agriculture écologique responsable qui nous ont assurés de leur soutien. Ils restent à notre disposition pour nous venir en aide quand nous en aurons besoin et pourront intervenir ponctuellement pour des formations techniques.

Il fallait aussi profiter de la saison des pluies pour commencer l’exploitation et la valorisation de la terre. Nous avons demandé à un jeune du village de labourer avec son zébu un peu plus de trois hectares et au groupement des femmes d’y semer des arachides et du niébé (haricot). La mise en culture de ces légumineuses est intéressante à différents niveaux. Nous avions à la fois le souci d’améliorer le terrain et de produire des denrées utiles pour les repas de nos futures élèves. Les fanes seront bottelées et serviront à l’alimentation des animaux que nous élèverons.

  

Tengrela (Région de Banfora, province de la Comoé, proche frontière Côte d’Ivoire).

Nous sommes passés voir l’avancement du projet de nos amis Emilie et Charly (Ingénieurs agronomes) venus mettre en place, sur un terrain qu’ils on acquit en bordure de lac, une ferme pilote principalement axée sur la pisciculture et un groupement paysan. Les bassins sont pratiquement terminés, une belle habitation a été érigée selon les techniques sans bois de voûte nubienne. Le terrain a été mis en culture et un petit élevage commence. Nous avons mis en place avec eux une collaboration mutuelle, chacun passera quand il sera présent sur le projet de l’autre pour un suivi régulier… Leurs conseils de spécialistes sont précieux pour la mise en place du programme à Kokologho.

 

Centre de Formation Agricole et Artisanale de Tangaye (20 kms de Ouahigouya, Yatenga ; 200 kms au nord de Ouagadougou) (N.13°32'175’’ ; W.2°33'133’’).

L’ouverture de « notre centre » à Kokologho ne sera pas incompatible au soutien que nous apportons au CFA de Tangaye. Bien au contraire, nous comptons continuer notre collaboration.

Nous avons fait le point sur les activités du centre et avons longuement échangé avec Amidou, le directeur sur les activités, les programmes et le fonctionnement d’une telle structure. Nous comptons agir dans le même esprit, nous profiterons de nos expériences complémentaires pour nous entraider. Dès le mois d’octobre, nos formateurs pourront venir en « stage » pour discuter avec les intervenants et se préparer en condition réelle.

 

Nimpouya (région de Ouahigouya)

Nous nous sommes évidemment arrêtés à Nimpouya où nous sommes toujours accueillis avec autant de chaleur par les villageois.

Les travaux que nous avions financés pour remettre en service le puits maraîcher sont maintenant terminés. Les villageois étaient fiers de nous montrer le résultat. Ils nous ont largement remerciés et nous ont assuré de tout mettre en œuvre pour mériter notre confiance. Deux groupements (un composé de femmes et l’autre d’hommes) se livreront à une aimable concurrence pour cultiver un champ et le jardin. Nous n’aurons plus qu’à « arbitrer »… 

Le forage, tant attendu devrait être mi en œuvre très prochainement.

 

Groupement « Qui bae-la bumbu » Ouahigouya, 180 kms au nord de Ouagadougou

En saison des pluies, les femmes étant très occupées par les travaux champêtres, nous n’avons pas organisé de rencontre avec elles. Nous avons cependant pu faire le point avec Azetou et Adama (la trésorière). Les activités fonctionnent bien, notamment les microcrédits qui sont très utiles pour permettre à chacune de lancer une petite activité rémunératrice. Les remboursements sont respectés, certaines ont déjà contracté et remboursé plusieurs prêts.

 

Parrainage scolaire

Sayouba, notre « filleul » a eu le bac !!!

Nous avons exploré ensemble diverses pistes pour sa poursuite d’études. Pour la prochaine année scolaire il s’inscrira en premier cycle de Lettres Modernes à l’Université de Koudougou. Il préparera également quelques concours. Kokologho n’étant distant de Koudougou que de 45 kms, il nous viendra en aide sur le projet et nous fera surtout des comptes-rendus réguliers sur les activités qui s’y déroulent. Ce contact est très important pour que nous puissions assurer le suivi du projet malgré l’éloignement.

Expo vente

Nous recherchons un nouveau local, si possible gratuit, pour organiser notre prochaine expo vente, qui aura lieu comme d’habitude au moment des préparatifs de Noël. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés.

Appel à la générosité pour nous aider

Soyons clairs, pour continuer nos actions, nous avons besoin d’argent… Plus les projets prennent de l’ampleur, plus les moyens sont nécessaires pour en assumer le fonctionnement au quotidien…  Nous comptons sur vous pour mettre la main à la poche et nous envoyer un don (les petits ruisseaux font les grandes rivières…). Bien entendu, nous vous retournerons les certificats officiels permettant la défiscalisation de votre versement conformément à la législation en vigueur.  Pour un particulier, Un don de 50 €uros par exemple ne coûte en réalité que 17 €uros et permet de subvenir aux besoins d’un jeune pendant 1 mois !... Si vous êtes concernés par les mesures spécifiques à l’ISF, encore plus favorables en termes de défiscalisation, vous pouvez également nous contacter.

Evidemment, toute mise en relation avec d’éventuels sponsors et autres sources de subventions nous seront très utiles.