RAPPORT DE LA MISSION EFFECTUEE PAR

Cathy PERNOT et Philou BEAUCHAMPS

Du 17 juin au 1 juillet 2014

Au BURKINA-FASO,

 

 

Kokologho, à 45 km de Ouagadougou sur la route de Bobodioulasso.

(N.12°11'020’’ ; W.1°53'034’’).

Les habitués le savent (et peuvent passer au paragraphe suivant…), nous consacrons actuellement l’essentiel de notre énergie au suivi et au développement du Centre de Formation en Agriculture « Teed Beoogo » (espoir d’un lendemain meilleur en Moré, langue des Mossis) que nous avons créé à Kokologho. Une formation agro-sylvo-pastorale écologique, en trois années, y est proposée à des jeunes d’un faible niveau scolaire, capables toutefois de suivre un enseignement en français. L’objectif en fin de cycle, est de leur permettre de s’installer en milieu rural avec les compétences nécessaires pour mettre en œuvre une activité rémunératrice et faire vivre une famille. Une remise à niveau en enseignement général est également dispensée pour qu’ils puissent être en mesure de comprendre et d’assumer le fonctionnement d’une petite exploitation,  pour pouvoir s’intégrer convenablement dans le milieu social et accomplir quelques démarches administratives de base. L’établissement est mixte, en demi-pension ou internat.

Nos élèves sont (pour la grande majorité d’entre eux qui vient de loin) logés et évidemment tous nourris gratuitement, formés pendant 3 ans et bénéficient à leur sortie d’une allocation de départ qui leur permet de commencer une première activité au sein de leur exploitation.

 

A notre arrivée, Tout le monde  a fait le tour du propriétaire avec nous, y compris les élèves, ce qui était plutôt sympathique. Nous avons trouvé un centre en bon état et une très bonne ambiance. Il ne reste plus qu’une dizaine d’élèves, mais les sourires sont présents. Nous allons pouvoir reconstruire et repartir sur de bonnes bases. Le jardin est beau (tomates, oignons, piments…), la parcelle alimentée en goutte à goutte est bluffante (cultures associées de courgettes, concombres, manioc et autres, alternées avec le moringa), les cultures d’hivernage sont emblavées (arachides, niébé, mil, maïs et prochainement sésame).

Les animaux ont fait « un peu régime » avec la saison sèche, mais reprennent du poil de la bête.

 

Au chapitre des travaux, les plaques solaires récemment mises en places sont fonctionnelles et utiles, les puits maraichers ont été sur creusés et busés, le bâtiment porcherie est achevé, nous en sommes aux finitions qui ont été terminées par le peintre et le maçon pendant notre séjour.

Les dortoirs avaient été rangés, nous avons profité du faible effectif en période de congés pour redonner un coup de peinture de propreté.

Nous allons pouvoir lancer le programme de construction d’un futur bâtiment « ateliers » notamment dédié au séchage des aliments.

 

Il y avait une centaine d’inscrits à la bibliothèque.

 

Nos relations avec les voisins se sont considérablement améliorées. Nous avons eu la visite d’une forte délégation de femmes des concessions proches  venues nous saluer et nous remercier de leur avoir favorisé l’accès à notre forage par un portail du coté de leurs habitations… La saison sèche a été rude, elles n’avaient même plus assez d’eau pour les repas et notre forage était le meilleur du secteur (ils ne sont probablement pas nombreux à être descendus à plus de 45 m pour atteindre une nappe de profondeur…)

 

Le principal objectif de cette mission était la réorganisation du centre et de l’équipe d’encadrement, l’attitude des formateurs, plus intéressés par leur confort personnel que par le projet, ayant conduit à une nette détérioration de la situation sur place. Nous en avions déjà remercié un arrivé en fin de contrat lors de notre dernier séjour… A l’évidence, afin de repartir sur de bonnes bases, il faudrait libérer également son collègue.

Il est assez malheureux de constater que ceux qui sont parvenus à un certain niveau d’étude se sentent parfois autorisés à dédaigner leurs frères alors que les pauvres gens sont souvent plus subtiles… Nous n’avons jamais eu de problèmes avec nos élèves, ni avec  tous les « gens de terrain » de notre équipe… Ce sont toujours les formateurs qu’il a fallu recadrer… Même le Maire de la commune nous a fait part des mauvais échos qu’il avait de notre centre à cause d’eux !...

Pour composer la nouvelle équipe pédagogique, après avoir été désabusés successivement par les cinq techniciens agricoles que nous avons recrutés, nous avons décidé de travailler en collaboration avec les agents de l’état impliqués localement, ce qui a un double avantage : ils sont en relations avec les paysans des villages alentours et cette configuration devrait permettre au centre de progresser vers son autosuffisance, les salaires étant assurés par l’administration. A ce sujet, nous avons repris contact avec le Directeur Régional de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire du Centre Ouest et lui avons rappelé notre demande de mise à disposition d’un agent sur notre centre. Evidemment notre demande officielle déposée en respect de la hiérarchie en février dernier (avec avis de l’appui local, de la sous préfète, du directeur provincial…) ne lui a laissé aucun souvenir et ne lui est probablement jamais parvenue… Mais cette démarche, en respect des procédures, ayant été faite, nous avons pu lui poser la question directement… Les effectifs disponibles n’étant pas connus, nous avons obtenu de lui un avis favorable pour travailler avec le personnel déjà en place localement, ce que nous souhaitions.

Nous avons également contacté le Directeur Provincial des Ressources Animales et Halieutiques afin de solliciter son accord pour que le vétérinaire de notre secteur intervienne au centre pour assurer conseils et formation de nos élèves en élevage.

C’est ainsi que nous avons pu mettre en place une équipe de trois intervenants (Audette, Ablassé et Jacques) tous volontaires pour porter le projet à nos cotés, remanier les contenus du programme d’enseignement et assurer à tour de rôle la formation de nos élèves. Lors des réunions de préparation avec eux, nous avons pu apprécier leurs personnalités complémentaires et constater qu’ils avaient l’habitude de travailler ensemble et de se coordonner, ce qui nous a rassurés.

Nous avons également signé le contrat avec Saidou, l’ouvrier agricole que nous avions recruté en février pour s’occuper des cultures en travaux pratiques et de nos internes, qui nous a donné entière satisfaction.

 

Il était par ailleurs nécessaire de repréciser les choses avec nos jeunes. Nous avons régulièrement palabré avec eux pour évoquer les règles de vie commune et les évolutions attendues au centre, dressé ensemble la liste des tâches quotidiennes collectives à accomplir… Inévitables discussions avec les garçons qui ne veulent pas faire la vaisselle ou les filles qui ne veulent pas nettoyer les latrines… Occasion de bien échanger ensemble, d’expliquer le pourquoi de chaque chose, l’esprit qui anime le projet y compris les questionnements  sur les habitudes, les coutumes et les évolutions sociétales…  Agréables moments, parfois animés où l’on se découvre pour mieux se comprendre et se connaitre.

Nous avons aussi fixé les règles du roulement de présence obligatoire sur l’exploitation pendant la période de congés ce qui a encore occasionné quelques discussions car naturellement tout le monde aurait préféré prendre ses congés tout de suite…

 

 

Dans le cadre du suivi de nos anciennes promotions, nous sommes allés chez Boukari, que nous n’avions pas encore eu l’occasion de visiter. Sans perdre de temps, alors même qu’il était encore en formation chez nous, il a commencé un élevage de volailles. Avec la dotation donnée à la sortie, il a acheté 2 chèvres. L’une a avorté, l’autre lui a donné 2 chevrettes. Il a eu jusqu’à 25 volailles et en a vendu une quinzaine. Actuellement il lui reste2 coqs, 8 poules, 9 poussins et des œufs en couvaison. Il garde tous les œufs pour l’élevage. Il sait que la vaccination doit être effectuée tous les 3 mois, ce qu’il ne respecte que moyennement, mais il traite ses poulets selon la méthode traditionnelle (décoction d’écorce de Caïcédrat dans l’eau, donnée en boisson) Il a aussi quelques pigeons. Avec le bénéfice de la vente de ses poulets, il a acheté 1 brebis. Boukari fait partie de ceux qu’Ablassé (l’un de nous nouveaux agents) à recruté pour une mission d’enquête commanditée par le ministère de l’agriculture auprès des paysans. Il a eu une formation de 3 jours (très bien rétribuée) et la mission durera environ 6 mois. Ce genre de petit travail est une aubaine pour nos broussards et le fait qu’Ablassé s’investisse avec nous au centre est une vraie chance pour eux. Toujours soucieux de son développement notre ami a investi le salaire de sa formation dans l’achat d’une plaque solaire pour proposer la charge de batteries à ses voisins et a construit un petit hangar de fortune pour faire des activités de petit commerce. Boukari a le projet de s’écarter un peu de la concession de son papa, à une centaine de mètres, derrière quelques neems (margousiers) il prévoit de déplacer son poulailler, construire une bergerie et son logement. Même en restant à proximité, cette volonté de constituer sa propre exploitation distincte est toujours de bon augure.

Nous avons également effectué une visite chez Jean. Lui aussi a bien avancé sur son élevage de volailles et fait partie de ceux qui ont été approchés par Ablassé pour les enquêtes. Avec l’argent reçu lors de la formation il a acheté 3 moutons… Je ne redonnerai pas tous les détails, mais comme avec Boukari on est sur la bonne voie.

 

Les nouvelles de la collecte… Nous avons enfin pu dédouaner et réceptionner les fameux cartons issus de la collecte organisée par les étudiants de l’IUT de Créteil dans le cadre d’un projet tutoré il y a plus d’un an !...

Tous nos jeunes ont participé au déchargement dans la bonne humeur, les cartons ont été déposés dans la classe où le tri a été fait, répartition entre ce qui sera vendu aux villageois à « prix social » et ce qui sera utilisé au centre. Belle occasion pour réorganiser la bibliothèque avec Chantal.

 

 

Nos relations avec quelques projets amis. A Réo, nous avons remis à Françoise des vêtements d’enfant et quelques jouets pour son orphelinat et avons acheté du moringa au groupement de transformation qu’elle a initié avec les villageois. Nous en avons profité pour faire le tour de ses plantations avec Ousmane et prendre quelques idées pour nos propres cultures (notamment semis direct sur planche afin de produire des feuilles fraiches en permanence). Une formation organisée par la FAO pour des techniciens agricoles avait lieu. Au Programme, mise en place d’un jardin nutritionnel avec notamment mise en culture de moringa et baobab. Françoise est régulièrement sollicitée pour ce genre de prestation.

Nous sommes retournés au centre KAMZAKA (Enfance en péril Burkina) qui prend en charge des jeunes de la rue. Nous leur avons donné 2 cartons de livres et de jeux pour leur bibliothèque et avons pris le temps de présenter à nouveau au responsable, les possibilités de notre structure ouverte à Kokologho. Nous lui avons laissé les informations concernant la nouvelle session de recrutement pour la prochaine rentrée. Il va travailler le sujet avec son équipe, nous avons convenu ensemble que l’intégration de 2 ou 3 jeunes maximum serait convenable dans un premier temps.

A la permanence du quartier Tanghin (là où nous avons par le passé aidé le groupement de femmes Nabons Wende) nous avons profité du dépôt de quelques cartons de livres pour la bibliothèque pour prendre quelques nouvelles.

Lors d’un déplacement dans les provinces du Nord, nous nous sommes rendus au Centre de Formation en Agriculture de Tangaye (que nous avons largement soutenu). Nous avions contacté Amidou (le Directeur) et avions été prévenus que c’était le jour de la cérémonie de sortie des élèves. Discours, bilans, programmes, résultat des élèves, échange avec les parents, spectacle théâtral donné par les élèves… Agréable moment, mais tout en Mooré !... Nous avons fait le tour des installations, nouveaux bâtiments, élevage, jardin et un large point avec Amidou sur l’évolution du centre et les activités de l’AFDR qui regroupe désormais plus de 2000 membres.

Sur le trajet nous nous sommes évidemment arrêtés à Nimpouya, Les villageois avaient repéré notre pick-up à l’aller et au retour, ils nous attendaient sous l’arbre... Accueil très chaleureux, comme d’habitude « chaque jour on pense à vous » « on est content de ce que vous avez fait au village »… Ce qui est clair c’est que la réparation du puits a été très utile. Le travail a été bien fait et même au plus fort de la saison sèche, il ne tarit pas, la population et les animaux peuvent boire. Le vieux avait semé du maïs au jardin, ils consomment notre moringa (nous avions laissé quelques graines), mangent des graines de jatropha pilées avec de l’arachide pour soigner la constipation et pompent le venin des scorpions avec la sève des feuilles… Boureima nous a annoncé qu’il était retraité de son service à la « préfecture » et était fier de nous annoncer qu’il avait reçu une médaille… Nous leur avons laissé un peu de sous pour acheter des semences, avec les récentes pluies c’était le bon moment pour les semis.

A Ouahigouya, nous avons  acheté des savons auprès de notre habituel groupement de femmes.

Puis nous avons appelé Azetou. Elle était ravie de nous faire la surprise car elle venait d’ouvrir son unité de séchage de mangues. Après 5 ans de dossiers… 40 femmes sont concernées, 10 fours à gaz dans une très belle installation. Elle travaille en Bio en coopérative avec Fogué (notre fournisseur correspondant pour les activités de Tonton d’Ailleurs)… Le maillage de tout ce réseau est essentiel pour la fiabilité des filières.

Bien entendu nous en avons profité pour prendre des nouvelles des femmes de l’association… Nous sommes également allés ensemble chez Adama (la trésorière) qui nous a dressé le bilan des microcrédits que nous avions initiés sur le groupement. Tout se passe bien, chacun tient ses engagements et comme il y a un intérêt de 10% quand on rembourse au bout d’un an maximum, les possibilités de prêt progressent régulièrement, ce qui est très utile (achat de semences, élevage, petit commerce…)

 

Nouvelles de nos filleuls et amis. Lors de notre déplacement à Réo, Sayouba nous a rejoints, il avait une petite pause entre 2 cours et nous avons pu prendre de ses nouvelles… Il termine sa formation pratique à l’ENS (équivalent CAPES) qui doit finir fin juillet. Il a bon espoir d’être admis (il faut 12 de moyenne, mais il est confiant) Si c’est le cas, l’an prochain il sera en stage pratique sur un poste d’enseignant et intégrera l’éducation nationale l’année suivante. Il dépend de la circonscription boucle du Mouhoun (assez vaste…) On verra bien où il sera nommé. Nous avons également évoqué la situation d’Honorine (sa fiancée) elle est aussi en phase de composition pour une titularisation interne puisqu’elle est déjà sur un poste d’institutrice depuis 3 ans… Tout va bien pour eux…

Abdoulaye a terminé sa 2ème année de mécanique générale. De nets progrés ont été constatés par son école tant au plan des résultats que de son comportement. Nous l’avons encouragé et lui avons confirmé que nous continuerions à le soutenir tant qu’il restera sérieux.

Emmanuel, le fils de Nathanaël a obtenu le baccalauréat.

 

Expovente. Dès maintenant, nous vous indiquons que notre prochaine expo vente aura lieu dans les locaux du JSCPO, 66 rue d’Assas, 75006 Paris (entrer par le porche du 68 et entrer dans la cour de droite), le week-end du 29 et 30 novembre 2014. Nous comptons sur votre visite pour nous encourager, ce sera l’occasion de penser aux cadeaux de Noël...

 

Appel au « Parrainage » des élèves que nous formons

Chaque élève nous coûte en moyenne 450 €uros pour l’année (salaire des intervenants, frais alimentaires, activités agricoles au centre). Nous avons fait le nécessaire auprès de notre banque et proposons la mise en place d’un prélèvement Demander une Autorisation de Prélèvement.  Pour vous convaincre, en tenant compte des mesures légales permettant la défiscalisation, un prélèvement mensuel de 37,50 €uros représente un effort réel de 50 centimes par jour et permet la prise en charge d’un élève… Sur cette base, nous avons lancé un appel auprès de tous ceux (personne physique ou morale) qui, parmi vous, pouvaient nous aider à assumer cette dépense. Nous remercions vivement ceux qui ont répondu. Grâce à eux nous avons une vingtaine d’élèves pris en charge, mais nous continuons notre appel, dans l’espoir de faire parrainer tous nos élèves, ce qui nous permettrait de consacrer les fonds de l’association aux nécessaires investissements sans avoir à se soucier du fonctionnement… Dans la mesure du possible, nous avons une préférence pour les autorisations de prélèvements qui assurent une trésorerie régulière…

Nous vous précisons que nous avons fait valider par l’administration des finances publiques que notre association répondait bien aux critères définis aux articles 200 et 238 bis du code Général des Impôts par demande de rescrit fiscal selon l’article L80 C du Livre des procédures fiscales. Les reçus que nous délivrons sont conformes.

 

Notre prochaine mission au Burkina Faso est prévue du 29 octobre au 12 novembre 2014. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de l’évolution des projets.

 

Appel à la générosité

pour nous aider

Soyons clairs, pour continuer nos actions, nous avons besoin d’argent… Si vous n’avez pas répondu à notre appel à parrainage, nous comptons sur vous pour mettre la main à la poche et nous envoyer un don (les petits ruisseaux font les grandes rivières…). Bien entendu, nous vous retournerons les certificats officiels permettant la défiscalisation de votre versement conformément à la législation en vigueur.  Pour un particulier, Un don de 50 €uros par exemple ne coûte en réalité que 17 €uros... Evidemment, toute mise en relation avec d’éventuels sponsors et autres sources de subventions nous seront très utiles.