RAPPORT DE LA MISSION EFFECTUEE PAR

Cathy PERNOT et Philou BEAUCHAMPS

Du 1 au 17 novembre 2013

Au BURKINA-FASO,

Accompagnés par Béa ALAPLANTIVE,

Christian MAZURIER et Francis LEAL.

 

Kokologho, à 45 km de Ouagadougou sur la route de Bobodioulasso.

(N.12°11'020’’ ; W.1°53'034’’).

Les habitués le savent (et peuvent passer au paragraphe suivant…), nous consacrons actuellement l’essentiel de notre énergie au suivi et au développement du Centre de Formation en Agriculture « Teed Beoogo » (espoir d’un lendemain meilleur en Moré, langue des Mossis) que nous avons créé à Kokologho. Une formation agro-sylvo-pastorale écologique, en trois années, y est proposée à des jeunes d’un faible niveau scolaire, capables toutefois de suivre un enseignement en français. L’objectif en fin de cycle, est de leur permettre de s’installer en milieu rural avec les compétences nécessaires pour mettre en œuvre une activité rémunératrice et faire vivre une famille. Une remise à niveau en enseignement général est également dispensée pour qu’ils puissent être en mesure de comprendre et d’assumer le fonctionnement d’une petite exploitation,  pour pouvoir s’intégrer convenablement dans le milieu social et accomplir quelques démarches administratives de base. L’établissement est mixte, en demi-pension ou internat.

Nos élèves sont (pour la grande majorité d’entre eux qui vient de loin) logés et évidemment tous nourris et formés pendant 3 ans contre une très faible contribution financière (juste pour que leurs familles participent) et bénéficient à leur sortie d’une aide (supérieure à ce qu’ils ont versé) qui leur permet de commencer une première activité au sein de leur exploitation. Les élèves de la 2ème promotion sont sortis début juillet.

Au cours de cette année scolaire, nous avons suivi l’évolution de toutes les activités à distance, mail et téléphone ont fonctionné quotidiennement avec Ousmane, qui a assuré toutes les démarches sur place. Un an s’est écoulé entre nos deux dernières missions, ce qui a permis à notre équipe locale de prendre des initiatives et de se préparer ainsi progressivement à la gestion du projet en autonomie, l’autosuffisance du centre étant un objectif à moyen terme.

Cette dernière mission a été l’occasion de dresser un bilan et de poursuivre les contacts avec les institutions locales pour continuer la préparation de cette transition qui doit être envisagée assez tôt pour avoir toutes les chances de réussir, quand le jour viendra.

Notre arrivée a coïncidé avec la fin des récoltes, qui se sont avérées très convenables cette année avec une saison de pluies très abondantes en début de campagne, mais qui n’a pas tenu toutes ses promesses sur la durée… Pour les labours notre bœuf a soutenu notre âne Pompon (l’un à la charrue, l’autre à la kassine).

 Années

2010

2011

2012

2013

Niébé (Haricot)

 

 

 

 

surface cultivée

1,55 ha

1,25 ha

1,180 ha

1,180 ha

Quantité semée

14 kg

25 kg

17 kg

21 kg

Quantité récoltée

322,5 kg

176,5

50 kg

117 kg

Rendement à l'Hectare

208 Kg

141,2 kg

42,5 kg

99,15 kg

Rendement sur semis

23

5,65

2,5

5,57

Les résultats obtenus dans cette campagne de haricots en grains ne sont que très moyens. En traditionnel les rendements se situent entre 150 et 400 kg/ha. Notre production inférieure à 100kg est en dessous, ce qui a été l’occasion d’une remise en question sur la méthode employée.

Années

2010

2011

2012

2013

Arachides

 

 

 

 

surface cultivée

0,860 ha

0,85 ha

1,090 ha

1,090 ha

Quantité semée

40 kg

22 kg

15 kg

41 kg

Quantité récoltée

590 kg

374,5 kg

500 kg

750 kg

Rendement à l'Hectare

686 kg

440,6 Kg

459 kg

688,07 kg

Rendement sur semis

14,75

17

33,5

18,29

Pour les arachides, en revanche le résultat est très honorable avec près de 700 kg/ha compte-tenu de la pauvreté de notre sol, quand le traditionnel se situe entre 300 et 900 kg/ha. A noter que pour obtenir ce résultat il a fallu ressemer en début de campagne.

Années

2010

2011

2012

2013

Sorgho

 

 

 

 

surface cultivée

0,450 ha

 

 

0,02

Quantité semée

3,5 kg

 

 

0,1

Quantité récoltée

267 kg

 

 

30 kg

Rendement à l'Hectare

593 kg

 

 

1500 kg

Rendement sur semis

169,5

 

 

300

Nous n’avions pas cultivé de mil depuis l’année 2010 et il ne s’agissait que d’un exercice sur une très petite surface pour tester les techniques de culture du zaï (cuvette creusée et amendée) et de la demi-lune (pour retenir l’eau de ruissellement). Le rendement traditionnel se situant entre 500 et 800 kg/ha, notre résultat projeté est excellent avec ses 1500 kg/ha, ce qui prouve s’il en était besoin, l’efficacité de ces techniques.

Années

2010

2011

2012

2013

Maïs

 

 

 

 

surface cultivée

 

 

0,082 ha

0,092

Quantité semée

 

 

2 kg

2,5 kg

Quantité récoltée

 

 

162 kg

320 kg

Rendement à l'Hectare

 

 

1975 kg

3478 kg

Rendement sur semis

 

 

81

128

Nous avons également profité de la fin de saison du maraîchage pour semer du maïs au jardin. Evidemment sur un sol régulièrement composté et cultivé, les résultats sont époustouflants… notre score avec relativement près de 3 tonnes et demi à l’hectare, quand le traditionnel est compris entre 500 et 800 kg en dit long sur l’intérêt d’amender toutes les cultures en fumier agro écologique (évidemment sans utiliser d’engrais chimiques…).

Lors de notre traditionnel tour du propriétaire, nous avons constaté que les arbres avaient bien poussé, que les animaux étaient en bonne santé et que le cheptel s’était développé. En revanche les constructions avaient peu évolué, on nous attendait pour programmer la suite…

Avec les formateurs, nous avons évoqué les conditions de recrutement de la nouvelle promotion arrivée pour cette rentrée. Nous avons moins d’élèves issus des proches environs, ceux du village ayant une fâcheuse tendance à considérer que nous leur devons tout…En revanche nous accueillons, à l’internat de plus en plus de jeunes qui viennent de régions plus éloignées et malheureusement de moins en moins de filles qui ont plus de mal à convaincre leurs familles de s’installer en fin de formation. Un réaménagement du dortoir des garçons et une création de douchières supplémentaires deviennent incontournables. Nous avons profité de la présence de Francis (Architecte) pour en discuter avec Ousmane et Pascal (le maçon), ainsi que de l’achèvement de la porcherie.

Chantal, une des élèves de la promotion sortie en juillet a intégré l’équipe pour s’occuper du dortoir des filles et de notre bibliothèque. Notons au passage tout l’intérêt d’une telle activité pour tous les villageois (collégiens, lycéens, enseignants…) l’an passé 159 abonnés s’y sont inscrits et le rythme des inscriptions montre qu’ils seront encore plus nombreux cette année.

 

Au chapitre « nouvelles des anciens »,

Nous avons profité du jour de marché à Basnéré, (un village de brousse situé à 2h de Ouga par une piste de latérite, avec un marché traditionnel très connu dans la région) pour rendre visite à Sibiri, un de nos anciens élèves. Nous l’avons retrouvé à la sortie du village où depuis 2 semaines il faisait fonctionner un moulin à céréales tout neuf, que son papa lui a installé. Nous sommes ensuite allés ensemble à la concession familiale. Sibiri se consacre essentiellement à l’élevage et son cheptel s’est considérablement accru. Il possède désormais 2 brebis (l’une ayant 1 agneau, l’autre 1 agnèle et 1 agneau) ;  2 chèvres (l’une ayant 1 chevrette, l’autre 1 chevreau) ; 67 poulets (il en a vendu 92 au moment de la fête de la Tabaski) 50 pintades (pour les œufs) ; 7 canards (depuis qu’il les nourrit suffisamment, ils ne mangent plus les œufs des poules, ni les poussins) ; 5 pigeons (qui se font régulièrement attaquer la nuit par un chat sauvage qu’il faudra piéger…) ; avec la recette de la vente de ses poulets il a acheté 2 vaches. Pendant l’hivernage, il a cultivé du maïs. Manifestement Sibiri tient bien son affaire. Nous avons fait le tour de ses projets de travaux à venir. Son poulailler est très bien fait (avec espace nichoir inspiré de celui du centre) il faut maintenant mettre du grillage sur les aérations, poser une porte et faire un enduit avec huile, sable et goudron. Ensuite Sibiri construira une bergerie pour ses moutons et ses chèvres (il a déjà confectionné les briques de banco) Même si son papa a des moyens pour le soutenir, nous avons voulu l’encourager pour lui monter notre satisfaction. Nous lui avons laissé le nécessaire pour le grillage et la porte du poulailler, il se chargera du goudron avec les bénéfices de son moulin et quand il aura terminé la construction des élévations de sa bergerie, il pourra appeler Ousmane qui lui fournira les tôles du toit. Sibiri appelle Ousmane de temps en temps par téléphone pour des conseils et son papa nous est très reconnaissant car avant qu’il nous le confie, son fils était du genre « cancre, qui ne voulait rien faire »… Belle réussite !

 

Démarches envers les services de l’état en vue de l’autofinancement du centre…

Très bon contact avec Monsieur le nouveau Président du Conseil Régional du Centre Ouest. Nous connaissions son prédécesseur, il a été nouvellement élu en mars. Nous avons largement présenté nos actions et particulièrement notre projet de Kokologho. Dans le cadre de la décentralisation, les questions de formation professionnelle et d’enseignement sont de la compétence des régions, d’où notre visite motivée par le souhait d’obtenir un soutien de ses services... Quelques jours après notre entretien, il est venu visiter le centre. Visite rapide mais efficace, il disposait de peu de temps… Nous avons rappelé notre désir de subvention au niveau des salaires de notre personnel afin de permettre au centre de tendre vers un équilibre financier le jour où nous ne serons plus là… l’autofinancement étant envisageable pour le fonctionnement (nourriture, matériel, rémunération de la cuisinière et du gardien) mais pas pour les salaires du personnel pédagogique. Il serait bon également que des appuis ponctuels puissent être envisagés pour aider nos anciens élèves installés (qui peuvent montrer de bons résultats par leur travail) à développer leur exploitation. Notre visiteur s’est montré très intéressé et l’a confirmé sur le livre d’or…  Il nous a également indiqué la procédure à suivre pour introduire la demande.

 

Peu de temps après, nous avons reçu le nouveau Directeur Régional de l’agriculture, accompagné du Directeur Provincial (que nous connaissions déjà) et de la représentante locale, qui remplace avantageusement le pochetron qui la précédait à ce poste (il sera plus facile de collaborer avec elle au niveau communal). Plus disponibles que le visiteur précédent, nous avons pris le temps de bien présenter la structure et le projet, les programmes de formation et les détails de notre collaboration, initiée avec la Directrice Régionale précédente, nommée à Ouahigouya, avec qui nous avions de vrais liens d’amitié. Toujours avec le même souci d’une contribution des services de l’Etat pour nous soutenir, nous avons évoqué la mise à disposition d’un agent des services de l’agriculture sur le centre. La porte n’est pas fermée, il faudra introduire une demande au niveau du Secrétariat Général du Ministère de l’Agriculture que notre homme « suivra » (appuiera). Nous avons encore été gratifiés sur le livre d’or…

 

Partenariat potentiel

A Koudougou, nous avons rencontré les acteurs de l’association Benenebnooma. Présentations réciproques. Ils ont un centre de formation et accueillent des enfants des rues. Mécanique, Forge, école de cuisine, école primaire, collège, lycée section sourds muets, préparation CAP BEP Bac G1 G2 secrétariat et Compta, Bibliothèque, Pharmacie, Radio. Ils sont en lien avec les communautés Emmaüs, font venir des containers et vendent toutes sortes de choses dans leur antenne « Bric à Brac »… Nous pourrions nous rapprocher d’eux pour envoyer du matériel et pour passer des spots d’information lors de nos campagnes de recrutement des élèves (Radio Palabres diffusée en 3 langues, très écoutée en monde rural et émettant sur tout le secteur qui nous intéresse)…

 

Artisanat et nouvelles de nos amis

A chaque mission, nous retrouvons nos amis artisans avec qui nous collaborons de longue date. Nous leurs achetons des masques, des bronzes, des statuettes et divers objets en bois, du cuir, des vêtements colorés… Cette activité leur permet de faire vivre leur famille et de notre coté les bénéfices réalisés lors des expoventes permettent de financer en partie les projets menés. Il semblerait que les réfugiés maliens, notamment ceux de la famille d’Alouda, envisagent de rentrer au pays en début d’année 2014 (volontaires ou contraints ?...) à suivre…

 

Nos filleuls

Nous avons retrouvé Sayouba... Après obtention de sa maîtrise, Il est reçu à l’école normale  et a commencé fin novembre une année de formation théorique qui sera suivie d’une année de stage en face à face. Pour ce cursus, il était même admis sur 2 régions et avait le choix. Il sera indemnisé pendant sa formation et aura ensuite un statut de fonctionnaire. Belle réussite pour nous, son avenir est assuré…

 

Abdoulaye, finalement trop vieux pour suivre la classe de 6ème a intégré une formation en mécanique. Il lui a fallu un peu de temps pour intégrer les règles… Pas facile quand on vient de la rue… Dans un premier temps, il a un peu joué au caïd envers les plus petits… Ousmane alerté par le surveillant a fait le point avec lui, le problème semble réglé. A suivre de près !... bien entendu il sait que nous ne l’accompagnerons que si son comportement est satisfaisant et qu’il fait les efforts nécessaires.

 

Emmanuel (fils de Nathanaël) n’a pas obtenu le bac professionnel… Nous savons néanmoins qu’il est méritant et qu’il doit avoir une chance supplémentaire. Nathanaël a complètement terminé le remboursement du microcrédit que nous lui avions accordé pour financer les études de son fils sans le moindre manquement à l’échéancier convenu (il avait même fait un versement en trop…) Afin de permettre la suite, nous lui avons accordé un nouveau microcrédit.

 

Nous remercions tous ceux que nous avons retrouvés lors de notre weekend d’expovente au bénéfice des projets, les 30 novembre et 1er décembre dans les nouveaux locaux du PO, rue d’Assas. Ces témoignages d’amitié et de solidarité sont essentiels.

 

Nous profitons de ce rapport pour souhaiter à chacun de belles et bonnes fêtes.

 

Appel au « Parrainage » des élèves que nous formons

Chaque élève nous coûte en moyenne 450 €uros pour l’année (salaire des formateurs, frais alimentaires, activités agricoles au centre). Nous avons fait le nécessaire auprès de notre banque et proposons la mise en place d’un prélèvement Demander une Autorisation de Prélèvement. Pour vous convaincre, en tenant compte des mesures légales permettant la défiscalisation, un prélèvement mensuel de 37,50 €uros représente un effort réel de 50 centimes par jour et permet la prise en charge d’un élève… Sur cette base, nous avons lancé un appel auprès de tous ceux (personne physique ou morale) qui, parmi vous, pouvaient nous aider à assumer cette dépense. Nous remercions vivement ceux qui ont répondu. Grâce à eux nous avons une vingtaine d’élèves pris en charge, mais nous continuons notre appel, dans l’espoir de faire parrainer tous nos élèves, ce qui nous permettrait de consacrer les fonds de l’association aux nécessaires investissements sans avoir à se soucier du fonctionnement… Dans la mesure du possible, nous avons une préférence pour les autorisations de prélèvements qui assurent une trésorerie régulière…

Nous vous précisons que nous avons fait valider par l’administration des finances publiques que notre association répondait bien aux critères définis aux articles 200 et 238 bis du code Général des Impôts par demande de rescrit fiscal selon l’article L80 C du Livre des procédures fiscales. Les reçus que nous délivrons sont conformes.

 

Notre prochaine mission au Burkina Faso est prévue du 12 au 27 février 2014. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de l’évolution des projets.

 

Appel à la générosité pour nous aider

Soyons clairs, pour continuer nos actions, nous avons besoin d’argent… Si vous n’avez pas répondu à notre appel à parrainage, nous comptons sur vous pour mettre la main à la poche et nous envoyer un don (les petits ruisseaux font les grandes rivières…). Bien entendu, nous vous retournerons les certificats officiels permettant la défiscalisation de votre versement conformément à la législation en vigueur.  Pour un particulier, Un don de 50 €uros par exemple ne coûte en réalité que 17 €uros... Evidemment, toute mise en relation avec d’éventuels sponsors et autres sources de subventions nous seront très utiles.