RAPPORT DE LA MISSION EFFECTUEE PAR

Francis LEAL et Philou BEAUCHAMPS du 15 au 23 octobre

 Cathy PERNOT et Philou BEAUCHAMPS du 21 au 29 octobre

 2011, au BURKINA-FASO

 

Kokologho, à 45 km de Ouagadougou sur la route de Bobodioulasso.

(N.12°11'020’’ ; W.1°53'034’’).

 Les habitués le savent, nous consacrons actuellement l’essentiel de notre énergie au suivi et au développement du Centre de Formation en Agriculture que nous avons créé à Kokologho.

Une formation agro-sylvo-pastorale écologique, en trois années, y est proposée gratuitement à des jeunes d’un faible niveau scolaire, capables toutefois de suivre un enseignement en français. L’objectif en fin de cycle, est de leur permettre de s’installer en milieu rural avec les compétences nécessaires pour mettre en œuvre une activité rémunératrice et faire vivre une famille. Une remise à niveau en enseignement général est également dispensée pour qu’ils puissent être en mesure de comprendre et d’assumer le fonctionnement d’une petite exploitation,  pour pouvoir s’intégrer convenablement dans le milieu social et accomplir quelques démarches administratives de base. L’établissement est mixte, en demi-pension avec la possibilité pour les filles d’être hébergées en internat.

Cette année, la saison pluvieuse n’aura pas été très satisfaisante à cause de trop longues poches de sécheresses et d’un sensible déficit en pluies. Malgré cela, nos élèves et formateurs se sont relayés pour assurer une permanence efficace et nous avons pu sauver l’honneur. Manioc, patates douces, bananes et papayes ont pu être récoltées au jardin. Sur le reste de la parcelle, les rendements de nos cultures avec 141 kg/ha pour le niébé (haricots) et 440 kg/ha pour les arachides, bien que moins bons que ceux de l’an dernier resteront dans les moyennes traditionnelles. Notre bilan reste donc convenable face à cette conjoncture défavorable.

L’ambiance au centre est très agréable. Tous les élèves font manifestement de leur mieux dans la bonne humeur, les filles ne cèdent pas leur place quand il s’agit de donner de la pioche, chacun participe à tous les travaux de la ferme  (arrosage, aménagement du terrain, entretien des animaux, maçonnerie…)  et (moment émouvant) dès que le signal  est donné avec les derniers rayons de soleil… veaux, vêles, âne, poules, coqs, poussins… Tout le monde rentre paisiblement au bercail pour la nuit.

En présence de Francis, notre travail au cours de la première semaine de cette mission a évidemment été plus particulièrement consacré aux techniques et projets de constructions. Nous tenons à montrer tout l’intérêt de travailler avec des matériaux locaux (Briques de Latérite Taillées) et améliorer les techniques habituellement pratiquées. Visite de sites d’extraction, comparaison des diverses qualités de briques obtenues. Nous sommes allés jusqu’à Diébougou dans la région du Sud-ouest pour y rencontrer un architecte qui s’est spécialisé dans la construction en « BLT » où le monastère réalisé pour la communauté des béatitudes, ainsi que celui des sœurs cisterciennes à Notre Dame de Bafor , actuellement en chantier, témoignent d’une excellente maitrise de ces techniques et sont des modèles de référence.

Avec Ousmane qui coordonne les travaux nous avons fait le tour des installations et listé les petites choses à faire (contrôle de débit du forage, grillage des aérations de combles pour éviter les chauves-souris, réfection du tableau dans la salle de classe, réaménagement du dortoir).

Nous avons également évoqué les travaux plus ambitieux sur les équipements actuels (création d’un système de fosse sceptique pour les latrines, derniers aménagements nécessaires au fonctionnement de la bergerie).

Puis nous avons fait le point sur les futures réalisations. Une étable sera construite selon le modèle de la bergerie,  entre le poulailler et les fosses fumières. Cette réalisation devra être l’occasion de progresser dans la mise en œuvre de la pierre taillée. Nous conserverons les poteaux d’angle en béton, mais en travaillant mieux la taille des pierres pour utiliser globalement moins de ciment.

Quand ce bâtiment sera réalisé, nous inverserons la destination des bâtiments étable et bergerie, afin de mettre les bovins (qui font des envieux…) le plus loin possible de l’entrée. Dans un avenir plus lointain, une porcherie sera construite, mais le plus possible éloignée du cimetière musulman qui jouxte notre terrain… Un bâtiment atelier (réalisable au fur et à mesure de nos moyens) sera construit entre la plateforme multifonctionnelle (où l’énergie sera produite) et le périmètre maraîcher.

Après ces réflexions sur le bâti, nous avons passé un bon moment avec Ousmane, Pascal (le maçon) et Issaka, en présence de toute l’équipe du centre pour tester fonctionnement et manipulation des outils qui nous ont été généreusement donnés par un ami tailleur de pierres.

La seconde semaine a plutôt été consacrée à la mise en place de la rentrée scolaire, achats des cahiers et fournitures, semences pour les travaux de maraîchage, progression des discussions avec les formateurs en matière de pédagogie, précisions sur les contenus de programmes, organisation des enseignements.

Nous sommes heureux de constater que la bibliothèque attire de plus en plus de monde. En dehors de nos élèves qui y ont chaque jour un temps de travail en début d’après-midi, des collégiens et lycéens de Kokologho commencent à y venir. Le message passe petit à petit au sein des établissements et nous avons même un enseignant inscrit…

Par souci de sécurité, nous avons recruté Kady qui restera habiter au dortoir la nuit avec nos filles de l’internat. Elle en profitera pour mener avec elles des activités telles que la fabrication de « soumbala » (utilisé en cuisine traditionnelle) et la gestion collective de notre boutique.

Les activités d’élevage se développent au centre. En plus de notre âne et de nos 4 bovins, nous avons maintenant des moutons et des chèvres. A l’occasion des fêtes de la tabaski nous avons vendu de nombreuses volailles, ce qui nous a permis de rentabiliser l’atelier avicole. Le poulailler a été totalement nettoyé et désinfecté afin que la nouvelle troupe s’y développe dans de bonnes conditions sanitaires.

Ce souci permanent de l’hygiène et contrôle des parasitoses avec l’aide du vétérinaire sont essentiels pour toute activité d’élevage dans ces régions. Dès le début, nous avons perdu deux chèvres qui étaient probablement déjà malades avant d’arriver chez nous…

A la plateforme, l’organisation du comité féminin de gestion s’est avérée plus compliquée. Les femmes du groupement, malgré l’appui de l’animateur chargé du suivi, ont eu des difficultés à s’entendre et s’organiser entre elles. Sans vouloir les en blâmer, elles semblaient plus préoccupées par leurs intérêts particuliers que par le développement de la communauté villageoise. Nous avons donc « libéré » les femmes , en accord avec nos partenaires de la cellule d’appui, et repris les choses en main par la mise en place d’un fonctionnement en interne avec la participation de nos élèves pendant les travaux pratiques, sous la responsabilité de notre fidèle gardien Issaka toujours motivé et dévoué pour participer au développement du centre. Les comptes-rendus reçus depuis montrent que nous avons bien fait de réagir sans attendre que les choses ne se compliquent.

Nous avons souhaité une plateforme dite « multifonctionnelle » afin que le moteur puisse être relié simultanément au moulin et à l’alternateur, dans le but de permettre au centre d’être autonome dans la production de son énergie. Avec l’électricien, nous avons validé les possibilités de l’installation et demandé les devis pour les futurs aménagements. Dès maintenant, nous produisons du 220 v et pouvons proposer la charge des batteries.

Pour la suite, nous travaillons sur le principe suivant : Dès que le moulin sera en activité l’électricité sera envoyée vers les bâtiments du centre où des batteries seront chargées. Des convertisseurs seront installés, ce qui permettra d’utiliser l’électricité selon les besoins. Avec l’électricien, nous avons travaillé sur l’élaboration des devis concernant l’électrification des bâtiments et la réalisation d’un réseau d’adduction et château d’eau. Bien entendu l’ensemble de ce volet « énergie » incluant également la création d’un bâtiment et la mise en œuvre d’ateliers (notamment production d’huile de jatropha pour nos besoins) fera l’objet de recherche de financements spécifiques.

 

Au chapitre des démarches administratives…

Nous avons rencontré  le chef de projet cantine scolaire du Cathwell pour faire le point sur notre demande de soutien  Les provinces ont été classées en 3 zones en fonction des priorités. Le Boulkiemdé (dont nous faisons partie) est dans le 2ème groupe. Une première dotation pour 3 mois devrait pouvoir être assurée. Le transport des vivres est désormais pris en charge par l’état, un camion devrait donc venir livrer directement le magasin du centre. Nous saurons en février si une 2ème dotation est possible en attendant, si nous recevons quelque chose, ce sera déjà bienvenu…

Nous avons également demandé à Sayouba de se présenter à l’antenne locale de Kokologho pour éviter de froisser les susceptibilités, dans la mesure où nous avons pris contact directement avec le responsable national.

A propos de notre souci de donner progressivement au centre les moyens de son autosuffisance afin d’en pérenniser le fonctionnement. Nous avons entamé les démarches visant à la prise en charge des salaires du personnel du centre qui nous parait essentielle pour y parvenir. Avec la décentralisation, la formation professionnelle étant de la compétence des régions, nous avons pris nos premiers contacts avec les services concernés. Hiérarchiquement il était convenable de rencontrer Madame le Maire de Kokologho en premier, ce qui a été l’occasion de faire les présentations, mais cette entrevue n’aura pas été très fructueuse. En revanche, Monsieur le Président du Conseil général du centre-Ouest s’est montré beaucoup plus enthousiaste. Nous lui avons fait visiter le centre, il a pu voir nos élèves en situation et apprécier la qualité des équipements déjà disponibles. Il nous a expliqué que le transfert de toutes les compétences sur la Région n’a pas encore été totalement réalisé mais que la procédure suivait son cours, et que nous allions commencer à travailler avec son aide sur cette question.

 

Sayouba toujours au poste

Notre fidèle filleul a obtenu son DEUG et est admis en licence... Bravo !

Il nous aide toujours dans la coordination du centre et communique très régulièrement par mail avec nous pour nous informer de l’évolution de la situation.

Sayouba nous a présenté officiellement Honorine qui devrait un jour devenir sa femme. Ces présentations sont très sérieuses en Afrique et cette démarche témoigne de sa part d’une grande confiance et considération envers nous (qu’il traite ainsi comme ses propres parents…).

 

Groupement "Nabons Wende"

Nous avons fait une visite surprise à la permanence de Tanghin… Malheureusement, comme nous le constatons depuis quelques missions, l’activité du groupement est très décevante et la bibliothèque (avec une belle pancarte ouverte 7j/7) était fermée… En dehors du maquis (que les femmes ne gèrent pas, mais ont mis en location) on ne trouve pratiquement pas trace de vie… Nous avons contacté Pélagie (Présidente du groupement) qui nous a assuré que l’activité allait reprendre, ce que nous pourrions constater lors de notre prochaine mission… Espérons…

 

Appel au « Parrainage » des élèves que nous formons

Chaque élève nous coûte en moyenne 450 €uros pour l’année (salaire des formateurs, frais alimentaires, activités agricoles au centre). Nous avons fait le nécessaire auprès de notre banque et proposons la mise en place d’un prélèvement Demander une Autorisation de Prélèvement. Pour vous convaincre, en tenant compte des mesures légales permettant la défiscalisation, un prélèvement mensuel de 37,50 €uros représente un effort réel de 50 centimes par jour et permet la prise en charge d’un élève… Sur cette base, nous avons lancé un appel auprès de tous ceux (personne physique ou morale) qui, parmi vous, pouvaient nous aider à assumer cette dépense. Nous remercions vivement ceux qui ont répondu. Grâce à eux nous avons une vingtaine d’élèves pris en charge, mais nous continuons notre appel, dans l’espoir de faire parrainer tous nos élèves, ce qui nous permettrait de consacrer les fonds de l’association aux nécessaires investissements sans avoir à se soucier du fonctionnement… Dans la mesure du possible, nous avons une préférence pour les autorisations de prélèvements qui assurent une trésorerie régulière…

Nous vous précisons que nous avons fait valider par l’administration des finances publiques que notre association répondait bien aux critères définis aux articles 200 et 238 bis du code Général des Impôts par demande de rescrit fiscal selon l’article L80 C du Livre des procédures fiscales. Les reçus que nous délivrons sont conformes.

 

Collecte

Un nouvel envoi de matériel est prévu au 2ème trimestre 2012.

Pour notre bibliothèque, nous recherchons des ouvrages de littérature africaine.

 

Notre prochaine mission au Burkina Faso est prévue du 18 février au 3 mars 2012. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés des évolutions.

 

Appel à la générosité pour nous aider

Soyons clairs, pour continuer nos actions, nous avons besoin d’argent… Si vous n’avez pas répondu à notre appel à parrainage, nous comptons sur vous pour mettre la main à la poche et nous envoyer un don (les petits ruisseaux font les grandes rivières…). Bien entendu, nous vous retournerons les certificats officiels permettant la défiscalisation de votre versement conformément à la législation en vigueur.  Pour un particulier, Un don de 50 €uros par exemple ne coûte en réalité que 17 €uros... Evidemment, toute mise en relation avec d’éventuels sponsors et autres sources de subventions nous seront très utiles.

 

  

NOUS VOUS SOUHAITONS DE TRES BONNES FETES DE FIN D’ANNEE

ET

VOUS PRESENTONS NOS MEILLEURS VŒUX POUR 2012 !!!