RAPPORT DE LA MISSION EFFECTUEE PAR

Cathy PERNOT et Philou BEAUCHAMPS

Du 20 octobre au 4 novembre 2012

au BURKINA-FASO, accompagnés par

Geneviève CORBIN, Serge et Mireille LABEYRIE,

Francis LEAL, Marc MAUGER,

Christian MAZURIER, Philippe SARRAUT.

 

 

Kokologho, à 45 km de Ouagadougou sur la route de Bobodioulasso.

(N.12°11'020’’ ; W.1°53'034’’).

Les habitués le savent (et peuvent passer au paragraphe suivant…), nous consacrons actuellement l’essentiel de notre énergie au suivi et au développement du Centre de Formation en Agriculture « Teed Beoogo » (espoir d’un lendemain meilleur en Moré, langue des Mossis) que nous avons créé à Kokologho. Une formation agro-sylvo-pastorale écologique, en trois années, y est proposée à des jeunes d’un faible niveau scolaire, capables toutefois de suivre un enseignement en français. L’objectif en fin de cycle, est de leur permettre de s’installer en milieu rural avec les compétences nécessaires pour mettre en œuvre une activité rémunératrice et faire vivre une famille. Une remise à niveau en enseignement général est également dispensée pour qu’ils puissent être en mesure de comprendre et d’assumer le fonctionnement d’une petite exploitation,  pour pouvoir s’intégrer convenablement dans le milieu social et accomplir quelques démarches administratives de base. L’établissement est mixte, en demi-pension ou internat.

A notre arrivée, après une séance de présentations nous avons fait le point sur l’évolution des activités avec l’équipe locale. Les choses vont dans le bon sens et progressent, ce qui est très encourageant.

Après la saison de pluies, nous avons fait le bilan des récoltes : La campagne de niébé (haricot) a été très décevante. Les pluies insuffisantes aux semis et trop abondantes au moment de la floraison ont produit un très mauvais résultat. Nous en avons ramassé 50 kg, soit un rendement de 42,5 kg/ha (le traditionnel devrait se situer entre 100 et 200 kg/ha), les années précédentes ayant été bonnes, tous les espoirs sont permis et il faut se rassurer en constatant que les résultats n’ont pas été meilleurs chez nos proches voisins… Pour nos besoins annuels à la cantine, il faudra faire des provisions avant que les prix ne deviennent trop élevés sur le marché… Avec 500 kg d’arachides récoltés, nous avons un score nettement meilleur, nous atteignons un rendement de 459 kg/ha ; le traditionnel étant situé entre 300 et 900. Nous avions fait un essai avec le maïs sur une très petite surface (profitant de la période de repos sur la zone maraîchère), nous avons obtenu un très bon résultat alors qu’il a fallu repiquer à cause de la carence en pluie de début de saison, au bilan une récolte de 162 kg ce qui représente un rendement de près de 2 tonnes à l’hectare… Nous avons également fait une bonne récolte de manioc et de patates douces. Le mil n’était pas encore à maturité, mais il est destiné à l’alimentation des volailles et le bissap (fleurs d’hibiscus) qui viendra plus tard était prometteur.

Au niveau des constructions, la porte ouvrant sur l’extérieur a été aménagée sur notre réserve, la maisonnette adjointe à la plateforme multifonctionnelle pour mettre convertisseur, chargeurs et autres éléments électriques à l’abri des poussières de farines a été réalisée et le nouveau dortoir a été équipé pour l’accueil des garçons à l’internat. Nous avons longuement évoqué les différentes possibilités de consolidation du boulis qui n’est pas étanche pour le moment.

Notre cheptel d’élevage s’est accru. Nous avons eu 5 naissance dont 3 viables chez les caprins (1 des 2 chevreaux perdus mordu par un chien enragé), 1 nouvelle naissance chez les ovins, nos 3 bovins grandissent tranquillement et Pompon (l’âne) est en pleine forme. Les poules donnent toujours naissance à de nombreux poussins, nous avons bien vendu les poulets pour la Tabaski (Aid El Kebir)

Tous nos élèves de la seconde promotion se sont réinscrits en 3ème année. Le nouveau recrutement en première année n’a pas atteint le maximum de la capacité, mais nous avons autant d’élèves qu’à la promotion précédente. L’an prochain nous prospecterons auprès de populations plus éloignées, ce que notre internat permet dorénavant.

Les aménagements du centre entrant dans une phase plus complexe, notamment concernant le volet énergie, nous étions pour cette mission, venus « en délégation » (bénévolement, s’il était besoin de le préciser, comme à chaque fois, tous les frais étant assumés par les volontaires). Selon ses compétences et sensibilités propres, chacun a trouvé sa place…

Francis, en charge de toutes les questions relatives aux aménagements bâtis, en sa qualité d’architecte et sa bonne connaissance terrain due à une expérience de 5 années de coopération dans la région, est venu implanter le projet de construction d’une porcherie et réfléchir sur la réalisation du futur bâtiment ateliers.

Serge, tailleur de pierres de métier, a proposé à notre maçon et aux jeunes du centre ainsi qu’aux enseignants une formation à la taille des blocs de latérite que nous utilisons pour nos constructions (nous travaillons autant que possible avec les matériaux locaux). Il est venu avec des outils appropriés, cet atelier qui a duré pendant tout le temps où nous étions présents, a été suivi avec un vif intérêt et s’est prolongé ensuite. Les techniques ont été directement appliquées pour l’aménagement de l’abri du moteur électrique activant la pompe du forage et la construction du bâtiment porcherie ; la qualité de la taille des briques étant inversement proportionnelle aux dépenses en ciment importé, pour réaliser les élévations…

Marc et Christian venus pour vérifier la sécurité de l’installation électrique et mettre en service quelques ordinateurs n’ont pas chômé… Il a fallu racheter des éléments plus adaptés aux besoins, re-câbler certains circuits, simplifier et améliorer certaines fonctions… Ils n’ont pas arrêté de tout le séjour, mais pour la sécurité de nos jeunes, ça valait la peine…

Philippe a initié une réflexion sur les possibilités de microcrédits nécessaires au financement du développement des activités de nos anciens élèves qui ont commencé le travail de leur exploitation. Avec lui nous avons rencontré Pélagie, Directrice de la Caisse Nabons Wendé à Ouagadougou (également Présidente du groupement de femmes que nous soutenons depuis longtemps)  ainsi que la directrice de la Caisse populaire locale de Kokologho. Il est évidemment préférable que nos élèves s’adressent aux structures locales plutôt qu’à nous, mais nous devons pouvoir les informer sur les diverses possibilités qui leurs sont offertes et travailler en collaboration avec les financeurs pour leur simplifier les démarches et leur permettre de profiter des programmes à moindre frais.

A l’issue de leurs 3 années de formation au centre, nous n’abandonnons pas nos élèves. Une subvention de démarrage leur a été accordée avec un versement en 2 tranches (50% remis lors de la cérémonie de remise des résultats et le solde de 50% après avoir constaté sur le terrain que leur exploitation avait démarré, notamment avec la construction d’un premier local élevage). Par ailleurs Ousmane avec un formateur vient régulièrement leur rendre visite pour effectuer le suivi conseil du travail qu’ils effectuent sur leur exploitation. De notre coté, à chaque mission, nous rendons visite à tous ceux qui peuvent nous présenter une évolution significative de leur activité. Au cours de ce séjour, nous avons rendu visite à Adama (élevage porcs, culture maïs, maraîchage, compostage) ; Joseph (élevage poules, maraîchage) ; Sibiri (élevage poules, pintades, canards, moutons, culture arachides) ; Souleymane (élevage poules, chèvre, culture arachides) ; Ouahabo (élevage poules, maraîchage) ; Solange (élevage porcs) ; Hyppolyte (élevage poules) ; Gaëtan (élevage poules, porcs, maraîchage) ; Mathieu (élevage poules, chèvre) ; Monique (élevage poules, culture arachides) ; Minata (élevage poules, culture niébé) ; Poko (élevage poules, culture niébé).

 

Artisanat et nouvelles de nos amis

A chaque mission, nous retrouvons nos amis artisans avec qui nous collaborons de longue date. Nous leurs achetons des masques, des bronzes, des statuettes et divers objets en bois, du cuir, des vêtements colorés… Cette activité leur permet de faire vivre leur famille et de notre coté les bénéfices réalisés lors des expoventes permettent de financer en partie les projets menés. Le Salon International d’Artisanat de Ouagadougou a lieu tous les 2 ans, cette année, nous y sommes allés plusieurs fois pour dénicher quelques nouveautés, mais surtout pour retrouver des amis chez qui nous ne pouvons plus aller en raison de l’insécurité… C’est avec grand plaisir que nous avons retrouvé Salah qui nous a donné des nouvelles d’Agadez, ainsi que quelques touaregs maliens venus de la région de Tombouctou…

 

Nos filleuls

Sayouba ayant obtenu sa licence de lettres modernes, nous l’avions prévenu qu’à compter du mois de novembre il devrait « voler de ses propres ailes » puisqu’il avait désormais les moyens de construire sa vie professionnelle et familiale. Comme toujours dans une relation établie depuis longtemps (parrainage depuis le Brevet) le « sevrage » a été l’occasion d’un pincement au cœur, mais toute démarche éducative doit aboutir un jour… Sayouba nous a abondamment remerciés pour ces longues années de soutien. Bien entendu nous garderons un contact amical avec lui et serons ravis d’avoir régulièrement de ses nouvelles.

Nous avons fait le point avec Abdoulaye qui travaille bien et est très heureux dans sa classe de 6ème. Son collège a très bonne réputation.

Emmanuel a eu quelques difficultés à trouver un professionnel pour son stage pratique, mais continue de bien travailler et obtenir de bons résultats.

 

Appel au « Parrainage » des élèves que nous formons

Chaque élève nous coûte en moyenne 450 €uros pour l’année (salaire des formateurs, frais alimentaires, activités agricoles au centre). Nous avons fait le nécessaire auprès de notre banque et proposons la mise en place d’un prélèvement Demander une Autorisation de Prélèvement. Pour vous convaincre, en tenant compte des mesures légales permettant la défiscalisation, un prélèvement mensuel de 37,50 €uros représente un effort réel de 50 centimes par jour et permet la prise en charge d’un élève… Sur cette base, nous avons lancé un appel auprès de tous ceux (personne physique ou morale) qui, parmi vous, pouvaient nous aider à assumer cette dépense. Nous remercions vivement ceux qui ont répondu. Grâce à eux nous avons une vingtaine d’élèves pris en charge, mais nous continuons notre appel, dans l’espoir de faire parrainer tous nos élèves, ce qui nous permettrait de consacrer les fonds de l’association aux nécessaires investissements sans avoir à se soucier du fonctionnement… Dans la mesure du possible, nous avons une préférence pour les autorisations de prélèvements qui assurent une trésorerie régulière…

Nous vous précisons que nous avons fait valider par l’administration des finances publiques que notre association répondait bien aux critères définis aux articles 200 et 238 bis du code Général des Impôts par demande de rescrit fiscal selon l’article L80 C du Livre des procédures fiscales. Les reçus que nous délivrons sont conformes.

 

 

Notre prochaine mission au Burkina Faso est prévue du 2 au 16 mars 2013. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de l’évolution des projets.

 

Appel à la générosité pour nous aider

Soyons clairs, pour continuer nos actions, nous avons besoin d’argent… Si vous n’avez pas répondu à notre appel à parrainage, nous comptons sur vous pour mettre la main à la poche et nous envoyer un don (les petits ruisseaux font les grandes rivières…). Bien entendu, nous vous retournerons les certificats officiels permettant la défiscalisation de votre versement conformément à la législation en vigueur.  Pour un particulier, Un don de 50 €uros par exemple ne coûte en réalité que 17 €uros... Evidemment, toute mise en relation avec d’éventuels sponsors et autres sources de subventions nous seront très utiles.